#PARIS

Des instants de vérité

Il y a 4 semaines, le 5 mai 2020

Par Pierre Laurent

Puisqu’on parle de vérité, le 1er mai fut celui où un secrétaire d’Etat, dont l’histoire ne retiendra pas le nom, a osé dire « que les conditions dans lesquelles les Français pourront prendre des vacances dépendront de leurs efforts ».

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Cette phrase sent trop le mépris de classe d’un représentant politique d’un patronat qui, à aucun moment de son histoire, n’a accepté des droits nouveaux pour les travailleurs, que ce soit la durée du travail, journalier ou hebdomadaire, les congés payés, les créations solidaires comme celle de la sécurité sociale…

Elle révèle trop leur désir de poursuivre ce que Marx appelait déjà les « eaux glacés du calcul égoïste », de « profiter » de ce drame collectif pour accélérer les fractures libérales : droits des travailleurs réduits au nom de l’ « union sacrée », aggravation des conditions de travail, au nom d’une relance économique dont les salarié·e·s de ce pays seraient les premiers sacrifié·e·s.

Les Français·e·s, confiné·e·s depuis le 17 mars, sont dans l’effort et dans la solidarité. Ils sont dans le commun partagé.

Les vacances, au-delà des conditions sanitaires dans lesquelles elles pourront se tenir, ne dépendent pas de leurs efforts. Elles sont un droit, dont beaucoup d’entre elles et eux, qui souffrent aujourd’hui, sont déjà trop souvent privé·e·s, même dans les périodes où le Covid-19 ne sévit pas.

C’est aussi cela qui s’est exprimé en ce magnifique 1er mai.

J’ai l’intuition que des vérités sont en train de sortir du puits dans lequel certains ont voulu les enfouir depuis des décennies.

La bataille idéologique pour les rendre à la lumière sera intense. Chacun·e devra en être acteur·rice.
Mais nous changeons d’époque. J’ai confiance.
Le 1er mai 2020 renforce cette confiance.

Il y a 2 mois, le 8 avril 2020

Par Pierre Laurent

Quand la pandémie a frappé notre pays, médecins et personnels soignants vous alertaient depuis des années. Vous refusiez de les écouter.
Quand, après notre tour de France des hôpitaux, nous avons déposé un projet de loi d’urgence. Vous avez refusé de nous écouter.

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Monsieur le Président,
Monsieur le ministre,
Mes chers collègues,

Fin 2919, vous avez fait voter un PLFSS tellement insuffisant, qu’hier le bureau de la commission des affaires sociales du Sénat a soutenu unanimement la demande d’un PLFSS rectificatif.

Aujourd’hui, médecins et personnels se donnent corps et âmes, admirables, pour sauver des vies. Tout le pays les soutient. Mais ils ont la rage au coeur. Le dévouement n’a pas effacé la colère, Monsieur le ministre, soyez en sûr.

Aujourd’hui, vos mots changent. Vous dîtes « rien ne sera plus comme avant ». Le président de la République a déclaré que « la santé gratuite est un bien précieux », qu’  « il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché », qu’ «  un plan d’investissement massif devra être conduit pour l’hôpital public ».

Que vont devenir ces mots, Monsieur le ministre?

Nous apprenons avec stupéfaction par Mediapart qu’une note d’experts de la Caisse des dépôts commandée par l’Elysée prévoit au contraire d’aggraver la marchandisation de la santé et de l’hôpital? C’est hallucinant , alors que dans le pays les balcons non seulement applaudissent mais maintenant se couvrent de banderoles, pour demander comme le dit une pétition qui a recueilli 100.000 signatures en quelques jours, « de l’argent pour l’hôpital pas pour le capital ».

Monsieur le ministre, j’ai deux questions :

– Pouvez-vous démentir que l’orientation prônée par la note de la CDC soit envisagée ?

– Et deuxièmement, comment va être travaillé le futur plan pour l’hôpital et la stratégie de santé publique ? Par qui ? Par quel processus transparent ? Avec quels nouveaux choix budgétaires

En clair, quelle élaboration démocratique allez-vous mettre en place dans le pays et au Parlement pour rien ne soit plus comme avant ? A commencer par votre méthode de gouvernement.

Je vous le redis, si les mots restent une nouvelle fois lettre morte, la colère sera immense.

Situation de Khaled Drareni, journaliste indépendant incarcéré en Algérie – Une mise en liberté nécessaire

Il y a 2 mois, le 27 mars 2020

Par Pierre Laurent

Ma lettre à Salah LEBDIOUI, ambassadeur d’Algérie en France

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Excellence,

Je me permets d’attirer votre attention sur la situation de Monsieur Khaled Drareni.

Après le procès très controversé de Monsieur Karim Tabbou, la chambre d’accusation de la cour d’Alger a annulé, hier mercredi 25 mars, le contrôle judiciaire du journaliste Khaled Drareni et annoncé qu’il est en détention préventive.

Il est poursuivi pour incitation à attroupement non armé et atteinte à l’intégrité du territoire national alors qu’il ne faisait que couvrir une manifestation pacifique en sa qualité de journaliste indépendant, correspondant de RSF et de TV5 Monde.

C’est pourquoi son arrestation a choqué de nombreux acteurs, dans le monde et en Algérie, dont la Ligue algérienne des droits de l’Homme (LADDH). Tous demandent sa libération.

Cette réprobation est d’autant plus grande que cette arrestation se déroule dans un contexte de pandémie qui nécessite la mobilisation de toutes et de tous partout dans le monde.

Pour toutes ces raisons je ne peux que partager la demande de mise en liberté de Monsieur Khaled Drareni et de tous ceux qui, en Algérie comme ailleurs, font l’objet de poursuites liées à la mise en œuvre pacifique de leur liberté d’expression.

Je vous serais reconnaissant, Excellence, de bien vouloir transmettre ma lettre aux autorités de votre pays.

Je vous prie d’agréer, Excellence, l’expression de mes salutations les plus distinguées.

Pierre Laurent
Sénateur de Paris
Vice-Président de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées

Voici la réponse hallucinante de M. le ministre de l’Intérieur à ma question écrite du 20 décembre 2018 sur les « Conditions d’exercice du métier de journaliste lors de manifestations – Garantir la liberté d’informer »

Il y a 5 mois, le 9 janvier 2020

Par Pierre Laurent

M. Pierre Laurent attire l’attention de M. le ministre de l’intérieur sur les conditions de libre exercice du métier de journaliste lors de manifestations.
Les syndicats de cette profession estiment qu’ils ont été victimes de dérapages inadmissibles de la part de certaines forces de l’ordre lors des manifestations parisiennes de novembre et décembre 2018 notamment et demandent aux pouvoirs publics des explications sur les consignes qui ont été données pour en arriver à cette situation. Ils demandent également au Gouvernement de faire toute la lumière sur ces agissements ainsi que de prendre les mesures nécessaires pour qu’ils ne se reproduisent pas et pour que soit garantie la liberté d’informer.
Il lui demande quelles réponses il compte apporter face à ces demandes.

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Réponse de M. le ministre de l’intérieur

Publiée le : 26/12/2019, page 6401

Texte de la réponse :

L’action des forces de sécurité intérieure dans les missions de maintien de l’ordre s’inscrit naturellement dans les principes légaux et réglementaires, prévus notamment par le code de la sécurité intérieure (CSI), dans le but de garantir la liberté d’expression de tous citoyens, ainsi que la sécurité des personnes et des biens. Or, il apparaît que de nombreux journalistes revêtent des tenues et des dispositifs de protection qui se confondent totalement avec ceux des manifestants. Dans le feu de l’action, quand bien même ils seraient porteurs d’un élément d’identification « Presse », il faut que celui-ci soit suffisant visible et explicite pour que les forces de l’ordre puissent les identifier comme tels. Enfin, il y a lieu de noter que de nombreux manifestants peuvent se déclarer « journalistes » du seul fait qu’ils filment les opérations de maintien ou de rétablissement de l’ordre avec un téléphone portable, comme d’autres s’improvisent « street medic » sans aucune connaissance médicale.

Si chaque citoyen, et donc chaque manifestant, peut filmer l’intervention des forces de l’ordre, cela ne lui donne pas pour autant le statut de journaliste. Il convient dans ce cadre que les journalistes puissent se distinguer clairement des manifestants : en s’identifiant par une prise de contact direct avec les forces de l’ordre ; au-delà d’une inscription « presse » sur leur tenue, par le port apparent de leur carte de presse ; en se positionnant en marge des manifestants, à l’abri des violences qu’ils peuvent exercer et des munitions employées en conséquence lorsque les sommations sont faites, ou éventuellement derrière les forces de l’ordre. En tout état de cause, si des journalistes ont à souffrir de l’emploi de la force par des unités de police ou de gendarmerie, il leur appartient, comme à quiconque, de déposer plainte ou de procéder à un signalement, par exemple sur la plateforme internet de l’inspection générale de la police nationale prévue à cet effet.

Il doit également être souligné la politique d’ouverture et de communication des forces de l’ordre. Dans le cadre de la modernisation des moyens de communication employés lors de la gestion de l’ordre public, la relation entre la presse et les forces de sécurité intérieure se modernise en effet régulièrement. Des chargés de communication des forces de sécurité intérieure peuvent par exemple être désignés. Ils encadrent et assurent la protection des médias pour lesquels un reportage en immersion a été validé. Afin d’être rapidement identifiés comme interlocuteurs privilégiés de ces derniers, et de tout autre média présent, ces chargés de communication peuvent être porteurs des signes distinctifs « police / gendarmerie communication » et d’une chasuble spécifique.

Ce type d’action témoigne de la volonté de transparence, d’information et de pédagogie des forces de l’ordre. La modernisation des moyens de communication tend par ailleurs à appuyer ces échanges en développant la présence de journalistes embarqués et en améliorant leur immersion dans des actions de gestion de l’ordre public. Il en est ainsi avant l’événement, via leur participation aux exercices de maintien et de rétablissement de l’ordre public pour leur expliquer les modes de fonctionnement des forces et les aider à se positionner pour réaliser leur travail en toute sécurité, et grâce à des explications sur les objectifs du dispositif et de messages à adresser à la population. Pendant l’événement, ponctuellement, des journalistes évoluent au côté des forces, sous réserve du port de protections (a minima casque, brassard « journaliste », carte de presse apparente, gilet pare-coups ou pare-balles).

De manière générale, que le journaliste soit embarqué ou non, le directeur du service d’ordre, ou son représentant porte-parole peut, après l’événement, s’exprimer pour commenter un dispositif et des manœuvres. Le rôle de communication du directeur du service d’ordre s’inscrit ainsi dans une volonté d’offrir une information au plus près du terrain et à l’attention d’un public le plus large possible. En conclusion, il doit être souligné que le maintien de l’ordre public, dont la complexité, la technicité et la sensibilité sont croissants, a considérablement évolué. Face aux mutations de la gestion de l’ordre public, le schéma national du maintien de l’ordre actuellement en préparation fixera ainsi un cadre global rénové sur l’emploi des forces de l’ordre et des moyens techniques spécialisés, destiné à adapter et actualiser la gestion de l’ordre public en France. La gestion nécessaire de la présence des journalistes au sein des opérations de maintien de l’ordre sera bien sûr prise en compte. Cette prise en compte par les forces de l’ordre doit leur permettre d’exercer leur métier d’information de la population.

L’association « Reporters sans frontières » a d’ailleurs été auditionnée le 7 novembre 2019 par le groupe de travail mis en place par le ministre de l’intérieur avec, notamment, des experts extérieurs au ministère. Ce groupe de travail rendra ses conclusions qui participeront à la finalisation du nouveau schéma national de maintien de l’ordre.

8 JANV. QAG

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18 DEC. QAG

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17 DEC. Manifestation unitaire

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Acte II du quinquennat : austérité à tout va !

Il y a 8 mois, le 1 octobre 2019

Par Pierre Laurent

Le gouvernement vient d’annoncer que le budget de la Sécurité sociale pour 2020 sera une nouvelle fois amputée de 4 Milliards d’euros, une honte pour nos populations, pour les soignant.e.s et pour les malades… !

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Aucune réponse n’est apportée de la part du gouvernement à la souffrance des soignant.e.s qui sont dans la rue depuis plusieurs semaines, aucune réponse n’est apportée aux patient.e.s et aux familles.

Malgré la grève des urgentistes depuis plus de 6 mois, Madame Buzyn s’obstine et signe en diminuant les dépenses de l’Etat en matière de santé de 280 millions d’euros et en maintenant une progression de l’objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam) à 2,3% en 2020, contre 2,5% en 2019 alors que la progression naturelle des dépenses est estimée à 4,5%.

Quant au financement de la dépendance, il ne se fera pas avec des mots ou des pièces jaunes.

Les personnels des EHPAD sont exaspérés par leurs conditions de travail et la maltraitance institutionnelle qui en découlent pour nos ainé.e.s !

Les professionnel.le.s du secteur estiment les besoins à hauteur de 40 000 postes dès 2020, soit deux postes dans chaque maison de retraite et structure d’aide à domicile, pour un coût d’1,5 milliard d’euros. Ils devront faire avec 210 millions d’euros, ce qui ne peut ni les convaincre ni les satisfaire.

Les sénatrices et sénateurs du groupe CRCE apportent une nouvelle fois tout leur soutien aux personnels en lutte et déposeront, avec leurs collègues du groupe GDR à l’Assemblée nationale, une proposition de loi reprenant des mesures d’urgence, notamment le financement de la dépendance par la mise à contribution des revenus financiers des entreprises et un plan de recrutement de 100 000 emplois statutaires par an, sur trois ans, dans la filière gériatrique ainsi qu’un plan d’investissement pour la création et la modernisation des EHPAD publics et privés non lucratifs.

Projet de transformation de la gare du nord – Faire de la gare un espace civilisé de mouvement et de rencontre

Il y a 8 mois, le

Par Pierre Laurent

J’ai attiré  l’attention de M. le secrétaire d’État, auprès de la ministre de la transition écologique et solidaire, chargé des transports sur le projet de transformation de la gare du nord à Paris.

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La gare du nord est le principal pôle d’échanges de France et d’Europe où circulent plus de 700 000 voyageurs par jour dont 500 000 dans la gare souterraine pour le réseau express régional (RER) et le métro, ce qui représente plus de 200 millions de voyageurs chaque année. Elle est aussi le chef-d’œuvre de l’architecte Jacques Ignace Hittorff, qui l’a conçue en 1864 et elle figure à l’inventaire des monuments historiques. En 2001, une gare d’échanges vitrée nommée halles d’Hittorff a été ajoutée.

La grande plate-forme transversale et le hall du transilien se sont, au cours des années, remplis de kiosques commerciaux qui compriment l’espace réservé aux voyageurs. Le nouveau projet de la SNCF, associé au groupe Auchan via sa filiale immobilière Ceetrus, cherche à capter commercialement les 200 millions d’usagers de la gare par an. Ce projet renforcerait cette commercialisation au détriment des usages de cette gare en créant plus de 50 000 m2 de surfaces construites nouvelles, dont un centre commercial de 20 000 m2 et des bureaux. Avec un tel projet, l’accès direct aux quais pour les voyageurs franciliens, nationaux comme internationaux, tel qu’il se pratique aujourd’hui deviendrait impossible. Les promoteurs ne cachent pas que les distances à parcourir se trouveraient allongées pour les voyageurs, ce qui implique que les temps d’accès aux transports publics seraient aussi augmentés.

Ce projet prévoit également de raser « les halles d’Hittorff » moins de vingt ans après leur construction, ce qui serait un gâchis financier et architectural.

Un tel projet irait à l’encontre également du rééquilibrage nécessaire des activités dans Paris et dans l’espace de la métropole du Grand Paris.

Il induirait un fort risque de priver le pays d’un instrument essentiel de la desserte des sites olympiques, suite aux délais incompressibles d’enquêtes, de recours et des travaux eux-mêmes.

De nombreux acteurs et élus estiment que ce projet ne peut qu’avoir des conséquences négatives pour les usagers et estiment qu’il faut faire d’autres choix en vue de faire de cette gare du nord un espace civilisé de mouvement et de rencontre.

C’est pourquoi je lui ai demandé d’agir en faveur de l’arrêt de ce projet et d’un dialogue de tous les acteurs concernés, visant à mettre sur pied un projet pour satisfaire l’exigence légitime d’une amélioration de la mobilité au lieu de s’enferrer dans une logique surannée de mises en place de centres commerciaux qui ont pour seul objectif de satisfaire quelques intérêts privés au détriment de l’intérêt général.

Un adversaire politique intransigeant et respectueux

Il y a 8 mois, le 27 septembre 2019

Par Pierre Laurent

Jacques Chirac, président de la République de 1995 à 2007 est décédé. Je salue avec émotion la disparition d’un homme qui a marqué la vie politique du pays pendant de longues années, notamment lors des 12 années où il fut élu puis réélu président de la République.

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C’est une page de l’histoire politique de notre pays qui se tourne.

Les communistes ont été des adversaires politiques résolus de Jacques Chirac, tant au plan local à Paris et en Corrèze, qu’au plan national.

Ils se sont opposés à la politique qu’il a menée comme président de la République. Mais cet affrontement, souvent vif et sans concession , s’est toujours fait dans le respect mutuel.

Nous n’oublions pas cependant que nous avons su, alors que Jacques Chirac était maire de Paris, nous retrouver avec lui dans la lutte contre l’apartheid en Afrique du sud et la libération de Nelson Mandela. Nous saluons aussi son courage et sa clairvoyance lorsque, président de la République, il s’opposa en 2003 à l’intervention militaire en Irak, ou encore reconnut la responsabilité de l’État français dans la déportation de centaines de milliers de juifs durant l’occupation.

Jacques Chirac était aussi porteur de valeurs qui lui interdisait de se compromettre ou de pactiser avec le Front national. Beaucoup devraient s’inspirer aujourd’hui de ce que fut son action et sa parole en ces domaines.

Certes, des choses essentielles opposaient les communistes à Jacques Chirac. Mais je tiens à m’associer au recueillement dû par la Nation à un homme d’État qui a marqué son temps et présente à sa famille et ses proches mes plus sincères condoléances.