#SÉNAT

Rapatriez les enfants français détenus en Syrie

Il y a 6 mois, le 20 novembre 2020

Par Pierre Laurent

« Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
Ces doux êtres pensifs que la fièvre maigrit ?
Ces filles de huit ans qu’on voit cheminer seules ? »

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Ainsi écrivait, en son temps, Victor Hugo, révolté par le sort des enfants au travail.

En ce 20 novembre 2020, journée internationale des droits de l’enfant, ces vers résonnent pour évoquer bien des malheurs frappant les enfants du monde, affamés, surexploités, ou brisés par les guerres et les conflits.

Le 20 novembre 1989, l’Assemblée générale des Nations unies consacrait les droits de l’enfant  comme un combat majeur des droits humains visant la protection spécifique de l’enfant en tant qu’être humain à part entière, et faisant passer l’enfant d’objet de droit à sujet de droit.

Ces droits de l’enfant prennent en considération le caractère vulnérable et la nécessité de développement de l’enfant, allant de l’offre d’autonomie à la protection contre la violence physique, ou psychologique.

Pour toute conscience humaine, de tels droits relèvent de l’évidence… Et pourtant, les violations sont quotidiennes et appellent un combat permanent.

Je veux à nouveau aujourd’hui évoquer avec force l’une de ces violations:  l’abandon par la France des enfants français prisonniers dans les camps de Syrie.  En violation flagrante des principes fondamentaux de protection de l’enfance, notre pays persiste à refuser leur rapatriement, les abandonnant de fait à une mort lente, ou à l’emprise sur leur vie future de réseaux mafieux et criminels.

En Syrie, dont nous semblons aujourd’hui avoir déjà détourné le regard, tous les enfants sont des victimes de la guerre. Selon les estimations de l’Unicef, 5 millions d’enfants, soit 4 enfants sur 5, ont besoin d’une aide vitale d’urgence en Syrie. Près de 2,6 millions d’enfants ont été déplacés à l’intérieur du pays et près de 2,5 millions sont réfugiés dans les pays voisins tels que la Jordanie, le Liban et la Turquie. C’est le plus important déplacement de population de l’histoire récente. Depuis 2014, 478 lieux scolaires accueillant des enfants ont été pris pour cibles lors d’attaques et 521 centres de santé ont été visés. On estime que 2,8 millions d’enfants ne vont plus à l’école et que 180 000 membres du corps enseignant ont dû fuir. Le conflit a des conséquences dramatiques sur leur santé mentale et leur bien-être. Être victime ou assister à des actes de violence, vivre dans la peur et l’insécurité, manquer de nourriture, de soins médicaux, être séparé de sa famille, ne pas avoir de logement, être privé d’éducation, être enrôlé dans un groupe armé… Les traumatismes sont considérables.

Les enfants sont confrontés à des périodes d’anxiété profonde, à la solitude, au désespoir. Les adolescents sont placés face à un avenir sans espoir, ce qui les pousse à se renfermer dans des postures agressives ou peut les mener vers la dépression. En tout près de 6 millions sont nés pendant la guerre et n’ont donc connu que cette configuration.

Parmi ces millions d’enfants victimes et traumatisés, au milieu de ce terrible chaos, deux cent enfants français, entraînés dans cette guerre par leurs parents ou nés au cœur de cette guerre, périssent encore dans les camps du nord de la Syrie, détenus pour la plupart avec leur mère. La plupart d’entre eux s’apprêtent à supporter un troisième hiver sous des tentes de fortunes, luttant contre des températures avoisinant  les moins dix degrés. Persister à les abandonner serait indigne et irresponsable. Leurs familles françaises se battent depuis plus de deux ans pourleur rapatriement, et peuvent les aider à se reconstruire. Je sais fort bien que la peur du terrorisme sert aujourd’hui à couvrir ce lâche abandon, pourtant indigne de nos principes. Et pourtant, c’est en les livrant à cet enfermement que nous prenons sûrement le risque sécuritaire le plus grand. Arracher ces enfants à cet enfer est un devoir pour notre pays.

Ces deux cent français font aujourd’hui partie des enfants les plus vulnérables du monde. Ils vivent dans des conditions épouvantables et voient leur santé, leur sécurité et leur bien-être constamment menacés.

Meurtris par la guerre, stigmatisés, et abandonnés par notre gouvernement, ces enfants sont doublement victimes. La plupart de ces enfants sont nés dans des régions contrôlées par l’État islamique ou ont gagné ces zones avec leurs parents. Qui peut accepter de les réduire à cet avenir tragique?

Je l’affirme avec solennité et humanité : allons-nous oublier que ce sont des enfants? allons nous continuer à fouler aux pieds les principes qui nous imposent de les prendre en charge comme des enfants dont il faut reconstruire le droit à la vie. Ces enfants doivent être traités comme des victimes et non comme des criminels. Ils ne sont pas des ennemis, ni réels, ni potentiels.

La France doit revenir à ses devoirs d’humanité, en rapatriant ces enfants, et en organisant, comme cela s’est déjà fait, la prise en charge judiciaire des mères quand elles accompagneront leur retour.

« Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ? » écrivait Victor Hugo.
Notre devoir est de leur rendre leur droit à se reconstruire… Leur droit au sourire.

Jugement concernant le CDG Express – Le gouvernement doit sortir de son obstination à vouloir imposer un projet inutile, nuisible et coûteux

Il y a 6 mois, le 17 novembre 2020

Par Pierre Laurent

J’ai attiré l’attention de Mme la ministre de la transition écologique sur le Charles de Gaulle (CDG) Express.

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Le CDG Express est une liaison de 32 km qui doit relier en 20 minutes la Gare de l’Est, dans le centre de Paris, au terminal 2 de l’aéroport de Roissy, moyennant pour les voyageurs un billet à 24 euros. Sa mise en œuvre aurait des conséquences catastrophiques sur les transports du quotidien car il utiliserait en grande partie, le réseau ferré existant, alors qu’il est déjà saturé, tant à la sortie de la gare de l’Est que sur le réseau Nord.

Il aurait aussi un impact environnemental très négatif. C’est à cause de ce dernier point que le tribunal administratif de Montreuil (Seine-Saint-Denis) a annulé l’autorisation environnementale concernant le chantier de celui-ci contenue dans un arrêté signé le 11 février 2019 par les préfets de Paris, Seine-Saint-Denis, Seine-et-Marne et Val-d’Oise.

Dans ses motivations le tribunal a remis en question les deux grandes raisons d’être du projet avancées par le gouvernement, à savoir une meilleure desserte vers l’aéroport de Roissy, dont le trafic est en forte baisse, et les prochains Jeux olympiques de Paris 2024 qui ont été reportés. Par conséquent selon le tribunal ce projet ne correspond pas à un intérêt public majeur.

Malgré ce jugement, la filiale gestionnaire d’infrastructure chargée du CDG Express s’entête à vouloir continuer les chantiers non concernés par ce jugement, et à faire appel du jugement.

Il est encore temps que le Gouvernement sorte de son obstination à vouloir imposer ce projet inutile, nuisible et coûteux et transfère le produit de la recette affectée au CDG Express aux transports du quotidien et en particulier au financement des projets d’amélioration du RER B.

Je lui ai demandé ce qu’elle compte faire en ce sens.

Solidarité avec l’Arménie et l’Artsakh

Il y a 6 mois, le 13 novembre 2020

Par Pierre Laurent

J’ai attiré l’attention de M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur le conflit impliquant les républiques d’Artsakh, d’Arménie et d’Azerbaïdjan. Après six semaines d’agression militaire, de bombardements et d’exactions contre les républiques d’Artsakh et d’Arménie, l’Azerbaïdjan vient de reprendre le contrôle de plusieurs districts (Agdam, Gazakh, Kelbajar) qu’entérine le cessez-le-feu ratifié sous […]

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J’ai attiré l’attention de M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur le conflit impliquant les républiques d’Artsakh, d’Arménie et d’Azerbaïdjan.

Après six semaines d’agression militaire, de bombardements et d’exactions contre les républiques d’Artsakh et d’Arménie, l’Azerbaïdjan vient de reprendre le contrôle de plusieurs districts (Agdam, Gazakh, Kelbajar) qu’entérine le cessez-le-feu ratifié sous l’égide de la Russie.

Cette déclaration fige des positions désormais garanties par le déploiement de 1 960 soldats russes. Le premier ministre arménien a affirmé que la ratification de ce cessez-le-feu avait été « incroyablement douloureuse pour lui et son peuple ». Le président azerbaïdjanais avait, quant à lui, dit à cette occasion : « J’ai dit que nous chasserions (les Arméniens) de nos terres comme des chiens, et nous l’avons fait » ce qui laisse craindre le pire pour la suite des évènements.

Le bilan humain, amplement sous-estimé, est d’environ 1300 morts et comporte un exode massif des civils.
Tout indique que le pouvoir turc a équipé matériellement l’armée azérie et l’a épaulée par l’envoi d’experts et de mercenaires djihadistes.

Cette guerre a aggravé les tensions régionales, les ressentiments nationalistes, chassé de leur terre les Arméniens. La paix ne pourra être fondée sur cette occupation.

La France doit agir auprès de l’organisation des Nations unies (ONU) en vue d’assurer la protection internationale des populations arméniennes et de respecter les principes de Madrid dont l’aboutissement serait l’organisation d’un référendum ayant pour objet le statut légal du Nagorny Karabakh. Cela permettrait de frayer un chemin possible vers la paix tout en respectant les droits inaliénables des peuples.

Je lui ai demandé ce qu’il compte faire en ce sens.

Classement en monument historique de la basilique du Sacré-Coeur – Une concession faite aux forces les plus rétrogrades du pays

Il y a 7 mois, le 16 octobre 2020

Par Pierre Laurent

  J’ai attiré l’attention de Mme Bachelot, ministre de la culture sur le classement en monument historique de la basilique du Sacré Cœur à Paris en 2021. Une résolution adoptée par l’Assemblée nationale en 2016 avait pour objet de rendre justice aux victimes de la répression de la Commune de Paris de 1871. Elle souhaitait […]

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J’ai attiré l’attention de Mme Bachelot, ministre de la culture sur le classement en monument historique de la basilique du Sacré Cœur à Paris en 2021.

Une résolution adoptée par l’Assemblée nationale en 2016 avait pour objet de rendre justice aux victimes de la répression de la Commune de Paris de 1871. Elle souhaitait notamment que la République rende honneur et dignité à ces femmes et ces hommes qui ont combattu pour la liberté au prix d’exécutions sommaires et de condamnations iniques ainsi que soient réhabilitées les victimes de la répression de la Commune de Paris.

Le classement comme monument historique du Sacré Cœur, symbole s’il en est de cette répression et du retour au pouvoir des forces les plus réactionnaires, ne peut qu’être perçu comme contradictoire avec cette logique.

Il apparaît aux yeux de beaucoup comme une concession faite aux forces les plus rétrogrades du pays.

C’est pourquoi, je lui ai demandé ce qu’elle compte faire en vue d’une annulation de cette mesure.
Je lui ai demandé également d’agir pour qu’une station du métro parisien soit nommée « Commune de Paris-1871 ».

01 OCT. Reprise des travaux au Sénat

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Déconfiner… la démocratie !

Il y a 1 an, le 13 mai 2020

Par Pierre Laurent

Une certitude -essentielle- traverse la société : la période dans laquelle nous sommes entrés ne doit pas être une simple continuation ni un recommencement du passé.

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Depuis le 11 mai, après deux mois de confinement, la France est entrée dans une nouvelle période : un déconfinement « progressif, un état de « liberté surveillée ou conditionnelle », qui contient toujours beaucoup d’inconnus : inconnus sanitaires, avec le risque évoqué d’un rebond possible de l’épidémie, la fameuse « deuxième vague » ; inconnus économiques avec des risques de récession dans de nombreux secteurs ; inconnus politiques, sur les alternatives, les chemins, les rassemblements qui pourront ou non se construire pour répondre aux défis que cette pandémie a lancés à l’humanité et à son devenir.

Chacune et chacun de nous, et l’Humanité elle-même, ne vivront pas demain comme dans un passé encore récent. Tout doit être sur la table . La place des femmes et des hommes dans la société, les priorités à donner ou pas à leur développement, aux services publics, l’utilisation de l’argent pour répondre aux besoins, les rapports avec la nature pour un développement et des activités productives respectueuses de l’environnement, etc.

Enfin, la possibilité et les pouvoirs que l’on donne aux citoyen·ne·s de ce pays, aux salarié·e·s de décider de leur avenir, à la fois personnel, mais aussi de celui de la société.

Il devient de plus en plus visible, aux yeux du pays et du monde, que les réponses capitalistes à ces enjeux, celles du néolibéralisme, sont de très périlleuses impasses.

L’idée grandit qu’il est urgent de prendre une tout autre direction.

Mais ces débats, devenus urgents et nécessaires, vont faire l’objet de combats idéologiques intenses. Ils ont commencé, s’accélèrent depuis le 11 mai, notamment avec les réponses que le MEDEF, la droite et le gouvernement mettent sur la table pour affronter la terrible crise économique que va provoquer le Covid-19.

Qui, donc, va décider ?

La période de confinement et de tensions énormes dans le milieu hospitalier a mis en lumière une réalité que l’on peut qualifier de « révolutionnaire » : ce sont ces femmes et hommes que l’on méprisait jusqu’alors quand on ne les matraquait pas quand ils manifestaient, ce sont ces femmes et ces hommes qui prennent chaque matin la ligne 13 ou le RER B des transports franciliens, qui ont permis au pays de tenir, en assurant des soins, des collectes d’ordures ménagères, le suivi des élèves à distance…

J’ai toujours en tête ces propos tenus par des salarié·e·s ou des directeurs d’hôpitaux lors du Tour de France des Etablissements hospitaliers décidé en 2018 par les parlementaires communistes : « Le système craque, le financement à l’acte et l’austérité imposée avec les suppressions de lits, les fusions de services et compressions de personnels poussent l’hôpital à l’asphyxie. Tout cela ne tient plus que grâce au dévouement du personnel, mais aujourd’hui, il est à bout. »

« Ça craque, le système ne tient que grâce au personnel à qui on ne peut pas demander plus. »

On leur a demandé plus et, pour nous, ils ont fait plus.

Est-ce que ce sont les mêmes qui vont devoir payer la facture, en voyant leur salaire amputé, leurs congés rognés, leur temps de travail augmenté, pendant que la précarité et le chômage continueront à gangrener la société ?

Ces questions ont droit à une réponse démocratique à mille lieues des seules décisions patronales ou gouvernementales, relayées par les spécialistes médiatiques en économie, soigneusement triés sur le volet.

La crise du Coronavirus, la crise économique qui va en être l’une des conséquences, révèle l’impérieuse nécessité de « remettre à l’endroit » les terrains de décision et de rendre aux salariés celui qui leur échappe, dont la société aujourd’hui les prive plus exactement : celui, absolument décisif, qui détermine directement les conditions et le sens de leur travail. Cela se nommera à l’hôpital la logique comptable et la tarification à l’acte ; ce sera ailleurs la chasse aux « gains de productivité » et au « coût du travail », la soumission de tous les actes professionnels aux exigences de la rentabilité financière.

Elle révèle de remettre entre les mains des intéressés les décisions stratégiques, d’où découlent les choix de production et de services rendus, les choix d’investissements ici ou ailleurs, en faveur du développement ou au contraire du dépérissement programmé de l’entreprise.

Va-t-on, pour rester dans le domaine de la santé, laisser, comme cela s’est fait jusque là à quelques-un·e·s le soin de décider pour toutes et tous ce que doit être le pourcentage des richesses nationales produites par le travail qui doit être consacré à la santé ?

Qui mieux que l’ensemble des citoyen·ne·s peut savoir quelle est la bonne politique d’accompagnement de nos anciens, de la petite enfance, de l’éducation, du logement, des transports ? Plus largement encore, qui mieux que l’ensemble des citoyen·ne·s peut savoir quels devraient être nos choix de transition énergétique et écologique, de défense nationale, d’accueil des migrants et de politique internationale ?

J’ai la conviction que plus les questions posées sont complexes, ouvertes, plus les réponses collectives sont nécessaires, pertinentes. Il n’est pas de décision -locale, nationale, européenne- impliquant les citoyens qui puisse être laissée hors de leur portée, hors de la confrontation des points de vue pour construire les décisions les plus rassembleuses possibles.

Ce que révèle les développements de la crise du Covid c’est que, pour mieux justement y faire face, de nouvelles formes de démocratie et d’appropriation sociales, participatives, coopératives, délibératives, doivent étendre considérablement le champ actuel des pouvoirs populaires.

C’est ainsi que nous pourrons construire une nouvelle ère de civilisation, celle du plein épanouissement humain.

Ce déconfinement est organisé dans une grande confusion

Mais le gouvernement persiste et n’envisage pas de changer de méthode.
Mon intervention  lors de l’examen du projet de loi prorogeant l’état d’urgence sanitaire de lundi 3 mai

Il y a 1 an, le 8 avril 2020

Par Pierre Laurent

Quand la pandémie a frappé notre pays, médecins et personnels soignants vous alertaient depuis des années. Vous refusiez de les écouter.
Quand, après notre tour de France des hôpitaux, nous avons déposé un projet de loi d’urgence. Vous avez refusé de nous écouter.

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Monsieur le Président,
Monsieur le ministre,
Mes chers collègues,

Fin 2919, vous avez fait voter un PLFSS tellement insuffisant, qu’hier le bureau de la commission des affaires sociales du Sénat a soutenu unanimement la demande d’un PLFSS rectificatif.

Aujourd’hui, médecins et personnels se donnent corps et âmes, admirables, pour sauver des vies. Tout le pays les soutient. Mais ils ont la rage au coeur. Le dévouement n’a pas effacé la colère, Monsieur le ministre, soyez en sûr.

Aujourd’hui, vos mots changent. Vous dîtes « rien ne sera plus comme avant ». Le président de la République a déclaré que « la santé gratuite est un bien précieux », qu’  « il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché », qu’ «  un plan d’investissement massif devra être conduit pour l’hôpital public ».

Que vont devenir ces mots, Monsieur le ministre?

Nous apprenons avec stupéfaction par Mediapart qu’une note d’experts de la Caisse des dépôts commandée par l’Elysée prévoit au contraire d’aggraver la marchandisation de la santé et de l’hôpital? C’est hallucinant , alors que dans le pays les balcons non seulement applaudissent mais maintenant se couvrent de banderoles, pour demander comme le dit une pétition qui a recueilli 100.000 signatures en quelques jours, « de l’argent pour l’hôpital pas pour le capital ».

Monsieur le ministre, j’ai deux questions :

– Pouvez-vous démentir que l’orientation prônée par la note de la CDC soit envisagée ?

– Et deuxièmement, comment va être travaillé le futur plan pour l’hôpital et la stratégie de santé publique ? Par qui ? Par quel processus transparent ? Avec quels nouveaux choix budgétaires

En clair, quelle élaboration démocratique allez-vous mettre en place dans le pays et au Parlement pour rien ne soit plus comme avant ? A commencer par votre méthode de gouvernement.

Je vous le redis, si les mots restent une nouvelle fois lettre morte, la colère sera immense.

Le roi est nu

Il y a 1 an, le 7 avril 2020

Par Pierre Laurent

« Mais il est nu ! » s’exclama ce petit garçon du conte d’Andersen au passage du cortège royal… La dramatique épidémie du Covid-19 met en effet notre société à nue, révèle les failles et les fractures d’une mondialisation néolibérale qui a pour seule boussole la réduction des dépenses publiques et les profits des actionnaires.

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Plus encore, elle révèle les failles et les fractures du discours politique qui, des décennies durant, a accompagné, justifié, mis en œuvre des logiques qui aujourd’hui se retournent violemment contre l’humanité elle même.

Mais la nature n’aime ni le vide ni le silence… Alors, reste le mensonge auquel on cherche à donner les apparences de la vérité.

« Aucun système de santé au monde n’était préparé à affronter une telle pandémie » nous expliquait, il y a quelques jours, le premier ministre, évacuant ainsi ses propres responsabilités et celles de ses prédécesseurs, négligeant de rappeler que les logiques de compression et de casse des systèmes de santé furent mises en œuvre, malgré la résistance des peuples, dans la plupart des pays de la planète.

Quant au président lui même, il n’est pas en reste pour tenter de s’habiller d’illusions… Et d’annoncer, à Mulhouse, que des services essentiels devront, à l’avenir, être placés en dehors des logiques de marché… Et de surenchérir sur l’hôpital, en sortant de sa manche « un plan massif d’investissement pour l’hôpital » accompagné « d’une revalorisation de toutes les carrières« .

Belles paroles, Monsieur le Président, quand un article de Médiapart révèle qu’une note rédigée, à votre propre demande, par deux hauts fonctionnaires de la Caisse des Dépôts préconise de poursuivre le processus de privatisation rampante de nos hôpitaux publics !

Belles paroles, Monsieur le Président, quand vient d’être annoncée, dans cette région Grand-Est si durement éprouvée, la fermeture de 600 postes à l’Hôpital de Nancy !

Quelles sont vos intentions Monsieur le Président ? Comment devons-nous interpréter les mots du ministre de la santé qui, ce matin, dans l’émission de Jean-Jacques Bourdin, visiblement chargé du service après vente de vos déclarations, esquivait la question, parlant de « suspension » de tout programme de restructuration dans les hôpitaux, renvoyant cela à l’ « après » ?

Non, c’est maintenant qu’il faut répondre.

Je vous ai écrit en ce sens dans une lettre que je viens de rendre publique : j’exige une réponse, vous la devez aux Français.

Vous la devez sur l’hôpital et sur l’avenir de tout le système de santé, vous la devez sur les relocalisations de nos productions que vous avez annoncées à Mulhouse, après avoir accompagné, à chaque instant de votre mandat, leurs délocalisations, à commencer par les masques sanitaires dont vous nous dites aujourd’hui qu’ils sont nécessaires après avoir fait dire des semaines durant qu’ils ne servaient à rien !

Vous la devez aux salarié·e·s dont vous avez permis qu’ils soient contraints de travailler 60 heures par semaine, livrant leurs congés payés au bon désir du patronat.

Vous la devez à nous toutes et tous, sur la facture de la crise économique qui résulte de la crise sanitaire. Qui va payer ? Rétablirez-vous l’impôt sur la fortune que vous avez supprimé ?

Nous ne vous laisserons pas vous abriter derrière ces appels à l’union sacrée, en traitant d’irresponsables les voix qui contestent, en renvoyant les leçons à tirer à plus tard…

Tombez le masque, Monsieur le Président, sortez de ces discours  qui ne s’assument plus, qui se réfugient derrière la parole des scientifiques, après avoir justement des mois durant soigneusement méprisé la voix des personnels, des scientifiques, des docteurs qui, jour après jour, ont hurlé leur colère face à la désagrégation programmée de nos systèmes de santé.

« La vérité ne fait pas tant de bien dans le monde que ses apparences y font de mal » a écrit, dans l’une de ses célèbres maximes, François de la Rochefoucauld.

Nous attendons réponse, mais ce qui est vrai c’est qu’une seule voie se fait jour, une seule exigence grandit dans les failles, les contradictions, et les apparences de vérité du discours présidentiel et gouvernemental : faire émerger une parole citoyenne exigeante, plurielle, donnant pouvoir à celles et ceux qui travaillent, produisent, soignent, à ces experts du quotidien dont parlait Jack Ralite.

En organisant le débat, la participation des citoyen·ne·s, des élu·e·s, des parlementaires, en accordant à toutes et tous de nouveaux pouvoirs, au lieu de les confiner en spectateurs impuissants de décisions prises sans eux et donc contre eux.

Nous vivons sans doute une époque où le discours imposé d’en haut, au service des puissants, imposant sa loi aux hommes et à la planète, se meurt.

Reste à faire vivre une parole partagée, co-construite, imposant des solutions nouvelles dans une démocratie revivifiée.

Oui petit garçon, tu as raison.. « Le roi est nu ».

Tu as eu le courage de chercher la vérité et de la dire !

Exercice effectif du droit à manifester des lycéens et étudiants – L’école doit être un lieu d’émancipation, de la libre pensée pour des citoyens en devenir

Il y a 1 an, le 25 février 2020

Par Pierre Laurent

J’ai attiré l’attention de M. le ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse sur l’exercice concret du droit de manifester des lycéens et des enseignants à Paris comme ailleurs.

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L’école doit être un lieu d’émancipation, de la libre pensée pour des citoyens en devenir. Les enseignants et les lycéens, comme d’autres catégories de la population, ont le droit de manifester et de faire grève pour se faire entendre. Le pouvoir exécutif doit créer les conditions pour garantir l’exercice de ces droits.

Mais force est de constater que plutôt que de tout mettre en œuvre en ce sens, le Gouvernement alimente, selon de nombreux acteurs, dont des organisations syndicales, une escalade de la violence tant envers des élèves qu’envers des enseignants en s’engageant dans une répression policière inédite. Il se montre par là même défaillant.

Cela se traduit à Paris comme ailleurs par des interpellations, des gardes à vue massives et longues ainsi que par un usage disproportionné de la force. Cela se traduit aussi, selon des syndicats enseignants, par des consignes données aux recteurs pour prendre des mesures disciplinaires envers des enseignants et des lycéens engagés dans un mouvement de contestation.

Cela se traduit enfin aussi de plus en plus par la présence de forces de l’ordre devant ou à l’intérieur des établissements scolaires, ce qui même pendant les évènements de 1968 et de 1986 n’était pas le cas. Cela renvoie aux adolescents et à leurs familles une image dommageable de la justice et de l’autorité.

L’ensemble de ces faits ne peut qu’aller à l’encontre de la mise en œuvre d’une éducation émancipatrice.

Je lui ai demandé par conséquent quelles sont les mesures que compte prendre le Gouvernement en vue de faire cesser les actes de répression disproportionnés que subissent actuellement des lycéens et des enseignants tant du point de vue disciplinaire que du point de vue de la répression policière.