#SANTÉ

Organisation de la profession de gynécologue médical – Un rééquilibrage nécessaire

Il y a 1 mois, le 18 octobre 2021

Par Pierre Laurent

J’ai attiré l’attention de M. le ministre des solidarités et de la santé sur les changements intervenus dans l’organisation de la profession de gynécologue médical avec les nouvelles compétences reconnues au conseil national professionnel (CNP). Si après des années de mobilisation de nombreuses femmes et d’une multitude d’autres acteurs obtenant la création du diplôme d’études […]

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J’ai attiré l’attention de M. le ministre des solidarités et de la santé sur les changements intervenus dans l’organisation de la profession de gynécologue médical avec les nouvelles compétences reconnues au conseil national professionnel (CNP).

Si après des années de mobilisation de nombreuses femmes et d’une multitude d’autres acteurs obtenant la création du diplôme d’études supérieures (DES) de gynécologie médicale, quelques avancées en matière de création de postes d’internes de gynécologues médicaux ont été obtenues, une forte inquiétude se fait jour au sujet du CNP gynécologie obstétrique-gynécologie médicale.

Dans ce CNP commun, la gynécologie médicale se retrouve à occuper une place mineure, privée de toute liberté de décision la concernant. Par exemple, la demande de rééquilibrage exprimée par M. le ministre des solidarités et de la santé lui-même le 11 mars 2020 au président du CNP, n’a pas été satisfaite.

Il n’y a toujours au sein du CNP aucun représentant au titre du collège national des enseignants de gynécologie médicale.
Je lui ai demandé ce qu’il compte faire en vue de remédier à cette situation préjudiciable

Retraites : tous concernés, tous mobilisés !

Il y a 2 mois, le 30 septembre 2021

Par Pierre Laurent

Mardi 5 octobre, 8 organisations syndicales appellent à la mobilisation pour les salaires, l’emploi, les conditions de travail et d’études. Mais avant cela, ce vendredi 1er octobre, ce sont les retraité·es qui battent le pavé dans tout le pays. Leur lutte est juste et nécessaire et nous serions bien avisé·es de les soutenir. Voici pourquoi.

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Macron et la droite maltraitent les retraité·es

Dès le début du quinquennat d’Emmanuel Macron, les retraité·es ont été désigné·es comme privilégié·es, et donc comme cibles prioritaires de ses « réformes ». Souvenons-nous, c’était à l’automne 2017 : la majorité macroniste faisait adopter au forceps une hausse de 1,7% de CSG sur les retraites. Fort heureusement la forte mobilisation tout au long de l’année 2018 avait permis de faire reculer le Gouvernement : cette mesure inique fut annulée dès le 1er janvier 2019.

Ce recul tactique imposé à M. Macron n’a pas empêché de nouvelles attaques tout au long du mandat. Pensons à la dangereuse réforme des retraites instituant le système à points, qui n’a été abandonnée temporairement qu’en raison de la pandémie mondiale de Covid-19. Par ailleurs, le projet d’alignement du taux de CSG des retraité·es sur celui des actifs reste en discussion au Gouvernement, tout comme l’idée de réduire l’abattement fiscal de 10% accordé aux plus de 65 ans ou invalides.

En attendant, le quotidien des retraité·es continue à se dégrader. L’effet des réformes votées par la droite lorsqu’elle était au pouvoir se fait cruellement sentir, et ça n’est pas près de s’arranger… La revalorisation des pensions en 2021 (+0,4% pour la retraite de base, +1% pour les complémentaires) reste en complet décalage avec l’augmentation des prix. Dans ce contexte, les retraité·es ont mille fois raison de manifester, de revendiquer pour gagner le respect de leurs droits après toute une vie au travail.

Protection sociale : le hold-up du siècle

Il faut bien comprendre la portée civilisationnelle des reculs imposés par la droite puis Macron. Depuis des décennies, les capitalistes rêvent de démolir la retraite par répartition (basée sur la solidarité directe des actifs envers les retraité·es, transitant par la Sécurité sociale) pour faire advenir la retraite par capitalisation (chacun épargne pour son propre compte, auprès d’assurances privées).

En effet, l’enjeu est considérable : l’assurance Vieillesse, cela représente plus de 200 milliards d’euros de dépenses chaque année. Confrontés à la crise du capitalisme depuis 2008, les grands groupes financiers ont à maintenir à tout prix leur taux de profit, en cherchant sans cesse de nouveaux marchés à s’approprier. En ce sens, les retraites représentent une manne financière inespérée, une source de profits colossale. Et pour cause : avec le système répartition, l’assuré récupère en moyenne l’équivalent en pensions de 97% des cotisations versées au cours de sa vie… contre 75% avec les assurances privées, dans le régime par capitalisation. 25% de marge, voilà qui en fait rêver plus d’un.

Malheureusement, les grands groupes financiers sont en passe de réussir ce hold-up du siècle. Réforme après réforme, ils ont abîmé la confiance que les Français·es portent au système de retraites. Ainsi selon le sondage Odoxa publié cette semaine, 59% de nos concitoyen·nes n’ont pas confiance dans le système de retraites, un chiffre en augmentation. L’immense majorité des jeunes se voit partir en retraite « bien plus tard qu’ils ne le souhaiteraient ». Conséquence logique, les Français·es épargnent de plus en plus (220 euros par mois en moyenne), et de plus en plus tôt (dès 34 ans en moyenne). Soutenir la mobilisation des retraité·es, c’est donc agir pour renverser la vapeur, pour protéger et conforter notre système solidaire de retraite.

Le combat continue, dans la rue et au Parlement

A travers la question des retraites, c’est un aussi vrai projet d’émancipation que nous pouvons porter. Toujours dans cette étude d’Odoxa, 52% des actifs (dont 67% des plus de 50 ans) attendent leur retraite, comme un moment de liberté et de bonheur. La retraite, en tant que droit conquis par nos aîné·es, c’est cette période de la vie consacrée au repos, aux loisirs, à l’investissement associatif ou familial… C’est ce temps libéré de la tutelle patronale, dans lequel chacun·e peut librement réaliser ses projets. C’est cette conception de la retraite que nous devons faire gagner, par nos mobilisations sociales mais aussi électorales.

Ensemble, portons l’urgence d’augmenter les retraites et les pensions, en les indexant sur le salaire moyen, et finissons-en avec toute retraite inférieure au SMIC. Défendons la retraite à 60 ans à taux plein, financée par la hausse des cotisations et donc des salaires, une mesure juste et nécessaire à la fois pour vivre en meilleure santé, laisser la place aux jeunes et accompagner la relance écologique de notre économie.

Ces choix de société, les communistes les défendront lors des élections présidentielle et législatives de 2022, en cherchant toujours à rassembler largement pour l’intérêt général. Avant cela, nos parlementaires seront à pied d’œuvre dans les prochaines semaines, lors des débats sur les budgets de la Sécurité sociale et de l’Etat. Pour donner du poids à ces idées de progrès, soyons très nombreux dans les rues, ce vendredi 1er octobre aux côtés des retraité·es !

Insuffisance des moyens affectés à l’évolution professionnelle des personnels hospitaliers – L’urgence est à des moyens suffisants !

Il y a 5 mois, le 18 juin 2021

Par Pierre Laurent

J’ai attiré l’attention de M. le ministre des solidarités et de la santé sur l’insuffisance des moyens affectés à l’évolution professionnelle des personnels hospitaliers.

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Alors que l’hémorragie des personnels exténués par la situation créée par la pandémie et le manque de moyens se poursuit, nombre d’agents déjà en poste et ayant brillamment obtenu leurs examens ne sont recrutés et pris en charge par les organismes de formation compétents.

Pourtant rien qu’à l’assistance publique – hôpitaux de Paris (AP-HP) 500 postes sont vacants, dont 400 d’infirmières.

Cette situation est d’autant plus préjudiciable que la promotion professionnelle permet d’endiguer la fuite du personnel, d’avoir des soignants expérimentés et de rouvrir des lits fermés à cause du sous-effectif.

Le Ségur de la santé avait pourtant incité les professionnels de santé à se former, en faisant notamment « de la promotion professionnelle tout au long de la carrière un facteur d’attractivité et de fidélisation ».

Force est de constater que la réalité est en contradiction avec les objectifs énoncés notamment parce que les moyens attribués aux formations subventionnées sont très insuffisants.

Au vu de la gravité de la situation en général engendrée par le manque de moyens et par l’évolution incertaine de la pandémie en particulier, il est vital que l’État débloque d’urgence des moyens suffisants en vue de pourvoir à l’évolution professionnelle des personnels hospitaliers.

Je lui ai demandé ce qu’il compte faire en ce sens.

 

Covid-19 : en pleine seconde vague, Martin Hirsch choisit de fermer les urgences de l’Hôtel Dieu !

Il y a 1 an, le 3 novembre 2020

Par Pierre Laurent

Le gouvernement a instauré un re-confinement, pour faire face à une seconde vague de la COVID-19, afin d’éviter une saturation des services du fait d’un manque criant de nos capacités hospitalières. Cet aveu d’échec devrait conduire Martin Hirsch, directeur général de l’AP-HP à renforcer les moyens et certainement pas à fermer les services des urgences de l’Hôtel-Dieu, hôpital de proximité par excellence, situé au centre de Paris !

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Cette décision aberrante n’aidera en rien à la prise en charge des patient·es COVID et non COVID. Brandir l’argument d’une meilleure répartition des personnels paramédicaux est un faux prétexte.

L’hôpital Hôtel-Dieu de Paris, avec ses Urgences, est en capacité d’accueillir des patient·es atteints du coronavirus, de les évaluer, de les prendre en charge et de les hospitaliser si nécessaire. Il dispose de moyens humains compétents et techniques (scanner H24) à même
de prendre en charge des patient·es dits « intermédiaires » (trop fragiles pour les renvoyer à domicile mais nécessitant une surveillance et/ou oxygénothérapie).

Les lits de cet hôpital sont indispensables également pour laisser libres ceux des autres services de soins et libérer ceux de réanimation pour les malades ne nécessitant plus de soins intensifs (soins de suite de réanimation).
De plus, il est impératif de désengorger et laisser libres les unités des autres hôpitaux qui doivent continuer à recevoir les patients hors COVID (cancérologie, pneumologie, urologie…) comme le rappelle le Conseil de l’Ordre des médecins.
Tous les témoignages des professionnels le prouvent, les déprogrammations de la première vague ont été dramatiques avec des pertes de chance majeures.

En pleine crise sanitaire et en nouveau risque d’attentat terroriste, l’heure est à l’ouverture de lits et de services ! La décision de l’AP-HP de fermer les urgences de l’Hôtel Dieu le 4 novembre prochain est inacceptable et sonne comme une provocation pour toutes celles et tous ceux qui se battent pour l’avenir de cet établissement.

C’est pourquoi, aux côtés d’élu·es locaux, nous nous rendrons le 6 novembre prochain, sur place, pour constater le nombre de chambres et locaux disponibles et non utilisés, dénoncer ce gâchis en ces temps de manque de lits et de capacités hospitalières.

En lien avec la CGT et des soignant·es, nous souhaitons montrer toute la pertinence de maintenir et développer l’Hôtel Dieu, hôpital au cœur de Paris avec des salles d’hospitalisation ouvrables immédiatement et des circuits de fluide (oxygène) opérationnels pour les unités de soins.

Laurence Cohen
Sénatrice du Val-de-Marne

Pierre Laurent
Sénateur de Paris

20 mai : Journée mondiale des abeilles

Il y a 2 ans, le 20 mai 2020

Par Pierre Laurent

Sans les insectes pollinisateurs, la plupart de nos fruits et légumes ne pourraient pas être cultivés. 80% des espèces végétales et 84 % des espèces cultivées en Europe dépendent directement de la pollinisation.

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Les pollinisateurs ont un taux d’extinction qui est aujourd’hui de 100 à 1000 fois plus élevé que la normale. Environ 35 % des pollinisateurs invertébrés, en particulier les abeilles et les papillons, et environ 17 % des pollinisateurs vertébrés, tels que les chauves-souris, sont aujourd’hui menacés d’extinction.

Si cette tendance se poursuit, les cultures nutritives telles que les fruits, les noix et autres légumes se verront remplacées par des cultures vivrières comme le riz, le maïs et les pommes de terre, favorisant ainsi des régimes alimentaires déséquilibrés.

Les pratiques agricoles intensives, la monoculture, le recours aux pesticides, les effets des changements climatiques (comme la hausse des températures, la multiplication des sécheresses, les inondations et les perturbations des saisons de floraison), le changement d’affectation des terres, figurent parmi les principales menaces pesant sur les abeilles et les autres pollinisateurs

Les Nations Unies ont créé cette journée mondiale des abeilles pour attirer l’attention sur l’effondrement des populations d’abeilles ! Nous pouvons agir concrètement en offrant aux pollinisateurs des espaces de fleurs source de biodiversité.

Aujourd’hui, on fait le Buzzz pour les abeilles.
On s’engage pour la préservation de la biodiversité !

Ce déconfinement est organisé dans une grande confusion

Mais le gouvernement persiste et n’envisage pas de changer de méthode.
Mon intervention  lors de l’examen du projet de loi prorogeant l’état d’urgence sanitaire de lundi 3 mai

Des instants de vérité

Il y a 2 ans, le 5 mai 2020

Par Pierre Laurent

Puisqu’on parle de vérité, le 1er mai fut celui où un secrétaire d’Etat, dont l’histoire ne retiendra pas le nom, a osé dire « que les conditions dans lesquelles les Français pourront prendre des vacances dépendront de leurs efforts ».

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Cette phrase sent trop le mépris de classe d’un représentant politique d’un patronat qui, à aucun moment de son histoire, n’a accepté des droits nouveaux pour les travailleurs, que ce soit la durée du travail, journalier ou hebdomadaire, les congés payés, les créations solidaires comme celle de la sécurité sociale…

Elle révèle trop leur désir de poursuivre ce que Marx appelait déjà les « eaux glacés du calcul égoïste », de « profiter » de ce drame collectif pour accélérer les fractures libérales : droits des travailleurs réduits au nom de l’ « union sacrée », aggravation des conditions de travail, au nom d’une relance économique dont les salarié·e·s de ce pays seraient les premiers sacrifié·e·s.

Les Français·e·s, confiné·e·s depuis le 17 mars, sont dans l’effort et dans la solidarité. Ils sont dans le commun partagé.

Les vacances, au-delà des conditions sanitaires dans lesquelles elles pourront se tenir, ne dépendent pas de leurs efforts. Elles sont un droit, dont beaucoup d’entre elles et eux, qui souffrent aujourd’hui, sont déjà trop souvent privé·e·s, même dans les périodes où le Covid-19 ne sévit pas.

C’est aussi cela qui s’est exprimé en ce magnifique 1er mai.

J’ai l’intuition que des vérités sont en train de sortir du puits dans lequel certains ont voulu les enfouir depuis des décennies.

La bataille idéologique pour les rendre à la lumière sera intense. Chacun·e devra en être acteur·rice.
Mais nous changeons d’époque. J’ai confiance.
Le 1er mai 2020 renforce cette confiance.

Il y a 2 ans, le 8 avril 2020

Par Pierre Laurent

Quand la pandémie a frappé notre pays, médecins et personnels soignants vous alertaient depuis des années. Vous refusiez de les écouter.
Quand, après notre tour de France des hôpitaux, nous avons déposé un projet de loi d’urgence. Vous avez refusé de nous écouter.

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Monsieur le Président,
Monsieur le ministre,
Mes chers collègues,

Fin 2919, vous avez fait voter un PLFSS tellement insuffisant, qu’hier le bureau de la commission des affaires sociales du Sénat a soutenu unanimement la demande d’un PLFSS rectificatif.

Aujourd’hui, médecins et personnels se donnent corps et âmes, admirables, pour sauver des vies. Tout le pays les soutient. Mais ils ont la rage au coeur. Le dévouement n’a pas effacé la colère, Monsieur le ministre, soyez en sûr.

Aujourd’hui, vos mots changent. Vous dîtes « rien ne sera plus comme avant ». Le président de la République a déclaré que « la santé gratuite est un bien précieux », qu’  « il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché », qu’ «  un plan d’investissement massif devra être conduit pour l’hôpital public ».

Que vont devenir ces mots, Monsieur le ministre?

Nous apprenons avec stupéfaction par Mediapart qu’une note d’experts de la Caisse des dépôts commandée par l’Elysée prévoit au contraire d’aggraver la marchandisation de la santé et de l’hôpital? C’est hallucinant , alors que dans le pays les balcons non seulement applaudissent mais maintenant se couvrent de banderoles, pour demander comme le dit une pétition qui a recueilli 100.000 signatures en quelques jours, « de l’argent pour l’hôpital pas pour le capital ».

Monsieur le ministre, j’ai deux questions :

– Pouvez-vous démentir que l’orientation prônée par la note de la CDC soit envisagée ?

– Et deuxièmement, comment va être travaillé le futur plan pour l’hôpital et la stratégie de santé publique ? Par qui ? Par quel processus transparent ? Avec quels nouveaux choix budgétaires

En clair, quelle élaboration démocratique allez-vous mettre en place dans le pays et au Parlement pour rien ne soit plus comme avant ? A commencer par votre méthode de gouvernement.

Je vous le redis, si les mots restent une nouvelle fois lettre morte, la colère sera immense.

Le roi est nu

Il y a 2 ans, le 7 avril 2020

Par Pierre Laurent

« Mais il est nu ! » s’exclama ce petit garçon du conte d’Andersen au passage du cortège royal… La dramatique épidémie du Covid-19 met en effet notre société à nue, révèle les failles et les fractures d’une mondialisation néolibérale qui a pour seule boussole la réduction des dépenses publiques et les profits des actionnaires.

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Plus encore, elle révèle les failles et les fractures du discours politique qui, des décennies durant, a accompagné, justifié, mis en œuvre des logiques qui aujourd’hui se retournent violemment contre l’humanité elle même.

Mais la nature n’aime ni le vide ni le silence… Alors, reste le mensonge auquel on cherche à donner les apparences de la vérité.

« Aucun système de santé au monde n’était préparé à affronter une telle pandémie » nous expliquait, il y a quelques jours, le premier ministre, évacuant ainsi ses propres responsabilités et celles de ses prédécesseurs, négligeant de rappeler que les logiques de compression et de casse des systèmes de santé furent mises en œuvre, malgré la résistance des peuples, dans la plupart des pays de la planète.

Quant au président lui même, il n’est pas en reste pour tenter de s’habiller d’illusions… Et d’annoncer, à Mulhouse, que des services essentiels devront, à l’avenir, être placés en dehors des logiques de marché… Et de surenchérir sur l’hôpital, en sortant de sa manche « un plan massif d’investissement pour l’hôpital » accompagné « d’une revalorisation de toutes les carrières« .

Belles paroles, Monsieur le Président, quand un article de Médiapart révèle qu’une note rédigée, à votre propre demande, par deux hauts fonctionnaires de la Caisse des Dépôts préconise de poursuivre le processus de privatisation rampante de nos hôpitaux publics !

Belles paroles, Monsieur le Président, quand vient d’être annoncée, dans cette région Grand-Est si durement éprouvée, la fermeture de 600 postes à l’Hôpital de Nancy !

Quelles sont vos intentions Monsieur le Président ? Comment devons-nous interpréter les mots du ministre de la santé qui, ce matin, dans l’émission de Jean-Jacques Bourdin, visiblement chargé du service après vente de vos déclarations, esquivait la question, parlant de « suspension » de tout programme de restructuration dans les hôpitaux, renvoyant cela à l’ « après » ?

Non, c’est maintenant qu’il faut répondre.

Je vous ai écrit en ce sens dans une lettre que je viens de rendre publique : j’exige une réponse, vous la devez aux Français.

Vous la devez sur l’hôpital et sur l’avenir de tout le système de santé, vous la devez sur les relocalisations de nos productions que vous avez annoncées à Mulhouse, après avoir accompagné, à chaque instant de votre mandat, leurs délocalisations, à commencer par les masques sanitaires dont vous nous dites aujourd’hui qu’ils sont nécessaires après avoir fait dire des semaines durant qu’ils ne servaient à rien !

Vous la devez aux salarié·e·s dont vous avez permis qu’ils soient contraints de travailler 60 heures par semaine, livrant leurs congés payés au bon désir du patronat.

Vous la devez à nous toutes et tous, sur la facture de la crise économique qui résulte de la crise sanitaire. Qui va payer ? Rétablirez-vous l’impôt sur la fortune que vous avez supprimé ?

Nous ne vous laisserons pas vous abriter derrière ces appels à l’union sacrée, en traitant d’irresponsables les voix qui contestent, en renvoyant les leçons à tirer à plus tard…

Tombez le masque, Monsieur le Président, sortez de ces discours  qui ne s’assument plus, qui se réfugient derrière la parole des scientifiques, après avoir justement des mois durant soigneusement méprisé la voix des personnels, des scientifiques, des docteurs qui, jour après jour, ont hurlé leur colère face à la désagrégation programmée de nos systèmes de santé.

« La vérité ne fait pas tant de bien dans le monde que ses apparences y font de mal » a écrit, dans l’une de ses célèbres maximes, François de la Rochefoucauld.

Nous attendons réponse, mais ce qui est vrai c’est qu’une seule voie se fait jour, une seule exigence grandit dans les failles, les contradictions, et les apparences de vérité du discours présidentiel et gouvernemental : faire émerger une parole citoyenne exigeante, plurielle, donnant pouvoir à celles et ceux qui travaillent, produisent, soignent, à ces experts du quotidien dont parlait Jack Ralite.

En organisant le débat, la participation des citoyen·ne·s, des élu·e·s, des parlementaires, en accordant à toutes et tous de nouveaux pouvoirs, au lieu de les confiner en spectateurs impuissants de décisions prises sans eux et donc contre eux.

Nous vivons sans doute une époque où le discours imposé d’en haut, au service des puissants, imposant sa loi aux hommes et à la planète, se meurt.

Reste à faire vivre une parole partagée, co-construite, imposant des solutions nouvelles dans une démocratie revivifiée.

Oui petit garçon, tu as raison.. « Le roi est nu ».

Tu as eu le courage de chercher la vérité et de la dire !

Coronavirus – De l’urgence sanitaire à l’urgence civilisationnelle

Il y a 2 ans, le 24 mars 2020

Par Pierre Laurent

Le coronavirus touche la population du monde entier de manière de plus en plus dramatique.
La solidarité et la mobilisation de toutes et de tous sont vitales.

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Il faut se rappeler que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime qu’au moins 400 millions d’individus dans le monde -soit une personne sur dix-sept- n’ont pas accès aux plus élémentaires
services de santé de base.

En février 2018, au Sommet mondial des gouvernements, le directeur général de l’OMS avait estimé qu’il était impératif de reconnaître que la couverture santé universelle et la sécurité sanitaire sont les deux faces de la même médaille et qu’il faut investir dans le renforcement des systèmes de santé partout. Il estimait à la même occasion qu’il fallait établir un financement pérenne du système de sécurité sanitaire mondiale pour prévenir, détecter et combattre les menaces.

En mars 2018, je m’étais fait le relais de ces préoccupations urgentes de l’OMS auprès du gouvernement français.

Plus précisément, je lui ai proposé que la France prenne des initiatives au niveau international, en relation avec une OMS pourvue de moyens suffisants, en vue de couvertures de santé qui permettraient à tous de bénéficier de soins et d’une surveillance de tous les instants avec pour objectif notamment d’anticiper le risque de pandémie. Je lui ai indiqué également qu’il était indispensable que la France soit au plus vite à l’initiative d’un débat et d’un projet de résolution traitant de ces sujets à la prochaine assemblée générale de l’ONU.

Je dois constater que  le gouvernement n’a pas répondu à la hauteur des enjeux.

Pourtant, quelques mois plus tard l’OMS avait également déclaré à l’occasion de l’assemblée mondiale de la santé, en mai 2018, vouloir mettre tous les pays au défi de prendre des mesures concrètes pour inscrire la couverture santé universelle dans la réalité.

Enfin, à l’Initiative Diplomatie et Santé le 24 septembre 2019 à New York, les nations participantes dont la France ont constaté que renforcer les systèmes nationaux de santé, à tous les niveaux, renforcerait la sécurité sanitaire internationale.

Or, que constatons-nous ? Que le Covid-19 met en lumière de manière flagrante le véritable massacre que subissent l’hôpital, la recherche et, plus largement, les services publics en France, en Europe et dans le monde, comme le dénoncent depuis nombre d’années les personnels concernés.

Il rend évident le désastre des délocalisations des productions y compris celles qui permettent de faire face à des urgences sanitaires comme celle d’aujourd’hui. Au sujet de la gestion de la crise nous constatons également avec horreur le « darwinisme social » d’un Boris Johnson, les agissements confus d’un Donald Trump et les récents propos vertigineux d’Agnès Buzyn. Malheureusement cette liste n’est pas exhaustive.

Force est de constater également et plus largement que la recherche du profit maximum qui caractérise le capitalisme aggrave les inégalités, met en danger notre environnement et affaiblit nos systèmes de protection sociale. Il tente de briser petit à petit les mécanismes de solidarité que les peuples lui avait arrachés au cours du siècle dernier comme le système des retraites par répartition en France. 

Son dépassement est nécessaire.

L’établissement d’une société dans laquelle la devise de la Sécurité Sociale « de chacun selon ses moyens à chacun selon ses besoins » s’étendrait progressivement à toute la société, est une urgence
civilisationnelle qu’il faudra mener à bien collectivement et démocratiquement après avoir surmonté l’urgence sanitaire actuelle.

Celle-ci nécessite de prendre des mesures d’urgence au niveau national, et  de multiplier, à chaque fois que ce sera possible, des actes de solidarité internationale comme ceux, par exemple, de la Chine en faveur de l’Italie. Cette approche sera d’autant plus nécessaire et urgente que le virus progressera dans des pays très faiblement pourvus de systèmes de santé, en situation de conflictualité et pourvus d’États affaiblis par les plans d’ajustement structurels comme c’est le cas notamment en Afrique et en Amérique Latine.