#ÉCONOMIE

Réforme des statuts du personnel de l’agence française de développement (AFD) – Pour un rétablissement du dialogue social

Il y a 2 mois, le 11 octobre 2021

Par Pierre Laurent

Les salariés de l’AFD se battent pour le maintien de leurs conquis sociaux et le respect des engagements pris de leur direction en matière de dialogue social. A travers cette question écrite je leur apporte mon soutien.

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J’ai attiré l’attention de M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur le projet de réforme des statuts du personnel de l’agence française de développement (AFD).

Cette réforme vise officiellement à remplacer des statuts datant de 1996. De très nombreux salariés estiment qu’elle vise surtout, sous couvert de modernisation, à rogner un certain nombre de conquis sociaux comme la prime d’ancienneté, le supplément familial, en sus de la mise en place d’un nouveau système de rémunération basé sur des primes de performance qui favoriseront des inégalités par la flexibilisation de la masse salariale et à une précarisation des emplois.

Un accord de 2017 prévoyait explicitement que si les statuts du personnel de l’agence devaient être modifiés, cela se ferait par la négociation collective, comme cela a été le cas pour ceux de 1996.

Selon les représentants des salariés tout ceci dénote une dégradation sans précédent du dialogue social à l’AFD accentuée par le refus de la direction d’appliquer l’accord télétravail, ce qui a conduit à la condamnation de l’AFD par le tribunal judiciaire de Paris le 28 septembre 2021.

Je lui ai demandéé ce qu’il compte faire pour un rétablissement du dialogue social qui passe notamment par une véritable négociation des statuts du personnel comme la direction de l’AFD s’y était engagée en 2017.

Soutien aux salarié·e·s de Transdev Ile-de-France

Il y a 2 mois, le 7 octobre 2021

Par Pierre Laurent

Avec mes collègues élu·es communistes au Sénat, à la Région et en Seine-de-Marne, nous avons reçu les salarié·es de Transdev Melun Val-de-Seine, en grève depuis cinq semaines pour protéger leurs conditions de travail.

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Depuis la mise en concurrence des bus de grande couronne, accélérée par Mme Pécresse, présidente d’Île-de-France Mobilités, ces agent·es constatent une dégradation à vitesse grand V. Perte en rémunération, cadences infernales, exigences de sécurité au rabais…
La libéralisation en cours impacte les salarié·es, mais aussi la qualité du service et la sécurité, donc les usager·es.
Le mouvement s’est étendu à plusieurs dépôts en grande couronne, et pourtant la direction de Transdev comme IDFM restent sourds aux revendications, créant ainsi les conditions d’un enlisement sur le dos des usager·es. C’est inacceptable.
Nous soutenons les justes revendications des « Transdev », et appelons à élargir le mouvement de solidarité en Île-de-France, à l’image des agent·es RATP présent·es à leurs côtés. Une nouvelle fois, nous nous adresserons prochainement à toutes les autorités responsables de cette situation, du PDG de Transdev au Ministre des Transports, afin que ce mouvement social d’ampleur puisse enfin être respecté et entendu.

Retraites : tous concernés, tous mobilisés !

Il y a 2 mois, le 30 septembre 2021

Par Pierre Laurent

Mardi 5 octobre, 8 organisations syndicales appellent à la mobilisation pour les salaires, l’emploi, les conditions de travail et d’études. Mais avant cela, ce vendredi 1er octobre, ce sont les retraité·es qui battent le pavé dans tout le pays. Leur lutte est juste et nécessaire et nous serions bien avisé·es de les soutenir. Voici pourquoi.

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Macron et la droite maltraitent les retraité·es

Dès le début du quinquennat d’Emmanuel Macron, les retraité·es ont été désigné·es comme privilégié·es, et donc comme cibles prioritaires de ses « réformes ». Souvenons-nous, c’était à l’automne 2017 : la majorité macroniste faisait adopter au forceps une hausse de 1,7% de CSG sur les retraites. Fort heureusement la forte mobilisation tout au long de l’année 2018 avait permis de faire reculer le Gouvernement : cette mesure inique fut annulée dès le 1er janvier 2019.

Ce recul tactique imposé à M. Macron n’a pas empêché de nouvelles attaques tout au long du mandat. Pensons à la dangereuse réforme des retraites instituant le système à points, qui n’a été abandonnée temporairement qu’en raison de la pandémie mondiale de Covid-19. Par ailleurs, le projet d’alignement du taux de CSG des retraité·es sur celui des actifs reste en discussion au Gouvernement, tout comme l’idée de réduire l’abattement fiscal de 10% accordé aux plus de 65 ans ou invalides.

En attendant, le quotidien des retraité·es continue à se dégrader. L’effet des réformes votées par la droite lorsqu’elle était au pouvoir se fait cruellement sentir, et ça n’est pas près de s’arranger… La revalorisation des pensions en 2021 (+0,4% pour la retraite de base, +1% pour les complémentaires) reste en complet décalage avec l’augmentation des prix. Dans ce contexte, les retraité·es ont mille fois raison de manifester, de revendiquer pour gagner le respect de leurs droits après toute une vie au travail.

Protection sociale : le hold-up du siècle

Il faut bien comprendre la portée civilisationnelle des reculs imposés par la droite puis Macron. Depuis des décennies, les capitalistes rêvent de démolir la retraite par répartition (basée sur la solidarité directe des actifs envers les retraité·es, transitant par la Sécurité sociale) pour faire advenir la retraite par capitalisation (chacun épargne pour son propre compte, auprès d’assurances privées).

En effet, l’enjeu est considérable : l’assurance Vieillesse, cela représente plus de 200 milliards d’euros de dépenses chaque année. Confrontés à la crise du capitalisme depuis 2008, les grands groupes financiers ont à maintenir à tout prix leur taux de profit, en cherchant sans cesse de nouveaux marchés à s’approprier. En ce sens, les retraites représentent une manne financière inespérée, une source de profits colossale. Et pour cause : avec le système répartition, l’assuré récupère en moyenne l’équivalent en pensions de 97% des cotisations versées au cours de sa vie… contre 75% avec les assurances privées, dans le régime par capitalisation. 25% de marge, voilà qui en fait rêver plus d’un.

Malheureusement, les grands groupes financiers sont en passe de réussir ce hold-up du siècle. Réforme après réforme, ils ont abîmé la confiance que les Français·es portent au système de retraites. Ainsi selon le sondage Odoxa publié cette semaine, 59% de nos concitoyen·nes n’ont pas confiance dans le système de retraites, un chiffre en augmentation. L’immense majorité des jeunes se voit partir en retraite « bien plus tard qu’ils ne le souhaiteraient ». Conséquence logique, les Français·es épargnent de plus en plus (220 euros par mois en moyenne), et de plus en plus tôt (dès 34 ans en moyenne). Soutenir la mobilisation des retraité·es, c’est donc agir pour renverser la vapeur, pour protéger et conforter notre système solidaire de retraite.

Le combat continue, dans la rue et au Parlement

A travers la question des retraites, c’est un aussi vrai projet d’émancipation que nous pouvons porter. Toujours dans cette étude d’Odoxa, 52% des actifs (dont 67% des plus de 50 ans) attendent leur retraite, comme un moment de liberté et de bonheur. La retraite, en tant que droit conquis par nos aîné·es, c’est cette période de la vie consacrée au repos, aux loisirs, à l’investissement associatif ou familial… C’est ce temps libéré de la tutelle patronale, dans lequel chacun·e peut librement réaliser ses projets. C’est cette conception de la retraite que nous devons faire gagner, par nos mobilisations sociales mais aussi électorales.

Ensemble, portons l’urgence d’augmenter les retraites et les pensions, en les indexant sur le salaire moyen, et finissons-en avec toute retraite inférieure au SMIC. Défendons la retraite à 60 ans à taux plein, financée par la hausse des cotisations et donc des salaires, une mesure juste et nécessaire à la fois pour vivre en meilleure santé, laisser la place aux jeunes et accompagner la relance écologique de notre économie.

Ces choix de société, les communistes les défendront lors des élections présidentielle et législatives de 2022, en cherchant toujours à rassembler largement pour l’intérêt général. Avant cela, nos parlementaires seront à pied d’œuvre dans les prochaines semaines, lors des débats sur les budgets de la Sécurité sociale et de l’Etat. Pour donner du poids à ces idées de progrès, soyons très nombreux dans les rues, ce vendredi 1er octobre aux côtés des retraité·es !

Situation des salariés effectuant le nettoyage des locaux du campus de Jussieu – Ces travailleuses et ces travailleurs ont droit au respect de leur dignité

Il y a 2 mois, le 27 septembre 2021

Par Pierre Laurent

J’ai attiré l’attention de Mme la ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation sur la situation des salariés effectuant le nettoyage des locaux du campus de Jussieu. La direction de l’entreprise de sous-traitance, qui est depuis février dernier en charge du nettoyage, emploie selon ses salariés des méthodes brutales, ce en vue […]

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J’ai attiré l’attention de Mme la ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation sur la situation des salariés effectuant le nettoyage des locaux du campus de Jussieu.
La direction de l’entreprise de sous-traitance, qui est depuis février dernier en charge du nettoyage, emploie selon ses salariés des méthodes brutales, ce en vue de faire signer des avenants aux contrats de travail imposant des changements d’horaires incompatibles avec les obligations familiales et professionnelles de ceux-ci. Leurs charges de travail sont en train d’augmenter considérablement, et les conditions de travail se dégradent.
Des irrégularités graves en matière de paiement des indemnités journalières et même de contrats sont constatées. Une liste des revendications exprimées par les salariés a été envoyée le 2 septembre 2021 par leur syndicat à la direction de l’entreprise, avec demande d’ouverture de négociations. Aucune réponse n’a été apportée à cette demande. De ce fait, les 130 agents de l’université parisienne de la Sorbonne sur le campus de Jussieu sont en grève.
Je lui ai demandé ce qu’il compte faire en vue de permettre un véritable dialogue social, aboutissant à la satisfaction des demandes de ces travailleuses et travailleurs qui, comme tous les autres salariés, ont droit au respect et à la dignité.
Plus généralement, je lui ai demandé s’il ne serait pas nécessaire d’entamer une réflexion sur la création de postes d’agents publics dans les universités, en vue de mettre fin au recours à cette
sous-traitance.

« Gare du Nord 2024 » – Le désastre doit être évité

Il y a 7 mois, le 4 mai 2021

Par Pierre Laurent

J’ai attiré l’attention de Mme la ministre de la transition écologique sur le projet « Gare du Nord 2024 »

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La Cour des comptes a publié un rapport sur la gestion des gares par SNCF gares et connexions. Ce rapport rappelle qu’il est « crucial que l’État assume enfin ses responsabilités à l’égard du réseau des gares » et critique le recours aux partenariats privés parce qu’une « grande part de la valeur générée bénéficie aux partenaires privés qui ont contribué au financement ». Le projet « Gare du Nord 2024 » correspond pleinement au type de projets préjudiciables décrit par la Cour des comptes.
En outre, un rapport d’experts estime que ce projet « pose des problèmes majeurs en matière de congestion à l’intérieur et à l’extérieur de la gare, de sécurité des voyageurs, de surdensification du quartier, de programmation commerciale inadaptée, de détérioration des conditions pour les voyageurs du quotidien ». Si certaines avancées ont été obtenues par la maire de Paris la situation est loin d’être satisfaisante, car rien de fondamental n’a changé.
De plus, le coût estimé de l’opération serait en train de gonfler à vue d’œil et atteindrait le double initialement prévu. Il lui demande des renseignements à ce sujet.
Les travaux préliminaires entrepris par la SNCF sur la plateforme des bus et liés à ce projet sont stoppés depuis plus d’une semaine, suite à une démarche de la commission de santé, sécurité et conditions de travail (CSSCT) du comité social d’entreprise en raison des troubles causés par les engins de travaux, menaçant la sécurité des usagers, des personnels et du matériel. Ce projet induit des travaux pharaoniques sur l’axe ferroviaire Paris Nord qui subit déjà une très importante quantité de travaux dont ceux de l’inutile et nuisible Charles-de-Gaulle-express. Il est à noter par ailleurs que le permis de construire modificatif déposé le 4 janvier 2021 n’a pas encore été accordé par le préfet. Quant aux investisseurs, ils s’inquiètent des différents recours judiciaires au sujet de ce projet.
Il faut éviter le désastre et faire en sorte au contraire que la gare du Nord s’intègre dans le quartier et devienne un espace civilisé de mouvement et de rencontre.
C’est pourquoi je lui ai demandé d’agir en faveur de l’arrêt de ce projet et d’un dialogue de tous les acteurs concernés, visant à mettre sur pied un projet s’appuyant sur un financement public en vue de satisfaire l’exigence légitime d’une amélioration de la mobilité, au lieu de s’enferrer dans une logique surannée de mise en place de centres commerciaux consuméristes et énergivores qui ont pour seul objectif de satisfaire quelques intérêts privés au détriment de l’intérêt général.

8 avril 1946 – 8 avril 2021 : parce que l’énergie est un bien commun, le projet Hercule c’est non !

Réforme du fonctionnement des droits de tirage spéciaux en faveur des pays du Sud – Renforcer les capacités productives en vue de relever les défis sociaux et environnementaux

Il y a 8 mois, le 2 avril 2021

Par Pierre Laurent

J’ai attiré l’attention de M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur le fonctionnement des droits de tirage spéciaux (DTS).

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Les DTS sont un instrument monétaire international créé par le fonds monétaire international (FMI) en 1969 pour compléter les réserves officielles existantes des pays membres. Leurs taux d’intérêt sont bas. Chaque pays membre se voit attribuer une quote-part de DTS en fonction de sa position relative dans l’économie mondiale. Le FMI fait appel à une formule de calcul des quotes-parts pour aider à déterminer la position relative d’un pays membre. La formule de calcul des quotes-parts est une moyenne pondérée en fonction du produit intérieur brut (PIB) (à 50 %), du degré d’ouverture de l’économie (à 30 %), des variations économiques (à 15 %) et des réserves officielles de change (à 5 %).

Il est par ailleurs à noter que des banques centrales comme la Réserve fédérale des États-Unis (FED) et la Banque centrale européenne (BCE) et plus généralement celles des pays de l’organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), dans le contexte pandémique actuel, se donnent les moyens d’une création monétaire de milliers de milliards de dollars à des taux très faibles, voire négatifs. Les marchés prêtent à ces États, pour l’instant, dans des conditions similaires même si toute cette masse monétaire n’est pas suffisamment utilisée à bon escient, loin s’en faut. Par conséquent tous ces pays n’utilisent pas leurs quotas de DTS. Des centaines de milliards de DTS « dorment » ainsi dans les coffres du FMI et ne sont pas utilisés alors que les besoins humains dans les pays en développement, dont les pays africains, sont immenses et aujourd’hui asphyxiés par les taux d’intérêt élevés d’emprunts extérieurs.

Face à cette situation de plus en plus de voix se font entendre en faveur d’une forte augmentation de l’émission de DTS. Un ancien premier ministre britannique estimait le 16 décembre 2020 que de cette façon quelque 1200 milliards de dollars pourraient être libérés en deux tranches en 2021 et 2023 et que les montant dégagés d’une telle initiative pourraient atteindre les 2000 milliards dollars permettant ainsi de financer l’Afrique à travers les banques de développement régionale. D’autres acteurs, dont des économistes, partagent une analyse similaire. La dirigeante du FMI, quant à elle, a indiqué le 23 mars dernier que son institution envisage d’émettre 650 milliards de dollars de nouveaux DTS.

De telles mesures peuvent être prises par le Conseil des Gouverneurs du FMI, dans lequel la France est influente. Celui-ci peut également approuver des augmentations de quotes-parts, des allocations de DTS et des amendements aux statuts ou à la réglementation générale.

Je lui ai demandé par conséquent ce qu’il compte faire en vue, pour le moins, d’une réaffectation des DTS non utilisés par les pays de l’OCDE au profit des pays du Sud. Il lui demande également ce que la France compte faire en vue de réviser le mode de calcul des quotes-parts de DTS, lequel désavantage les pays qui en ont le plus besoin et avantage ceux qui mettent en cause leurs services publics alors que plus que jamais ces derniers démontrent leur utilité notamment face à la crise sanitaire actuelle. Ces DTS supplémentaires en faveur des pays en développement ne devraient pas être utilisés comme un instrument pour augmenter leur dette extérieure voire pour garantir les rendements des détenteurs de titres de dette souveraine mais plutôt servir à renforcer leurs capacités productives au niveau national voire à l’échelle régionale ou continentale en vue de relever leurs défis sociaux et environnementaux.

Amélioration de la formation des coiffeurs et des coiffeuses en vue de savoir traiter tout type de cheveux – Participer concrètement au vivre ensemble

Il y a 8 mois, le 29 mars 2021

Par Pierre Laurent

J’ai attiré l’attention de M. le ministre de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports sur la formation des coiffeurs et des coiffeuses en France. Selon le ministère de l’éducation nationale les différents diplômes ayant trait à la coiffure doivent donner à ceux qui les réussissent des compétences adaptables et transférables à tous les […]

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J’ai attiré l’attention de M. le ministre de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports sur la formation des coiffeurs et des coiffeuses en France.

Selon le ministère de l’éducation nationale les différents diplômes ayant trait à la coiffure doivent donner à ceux qui les réussissent des compétences adaptables et transférables à tous les types de cheveux au moyen notamment de situations de salons pédagogiques permettant de travailler sur tout type de cheveux.

Force est de constater que ces objectifs très pertinents sont loin d’être atteints en France, notamment en ce qui concerne les cheveux texturés (bouclés, frisés, crépus) que 20 % de la population du pays possède, selon une estimation faite par une grande entreprise et révélée par la presse.

En effet, du fait du manque de concrétisation des directives ministérielles très peu des coiffeuses et des coiffeurs qualifiés savent traiter ce type de cheveux de manière satisfaisante. Ceux et celles qui veulent se former à cet effet sont obligés, soit d’apprendre sur le tas, soit de passer par des instituts privés, ou encore de partir à l’étranger ou enfin de se former à distance.

Ce manque de formation participe à une situation de pénurie, où certaines personnes ayant ce type de cheveux fréquentent des salons qualifiés spécialisés peu présents en dehors des grandes villes et des métropoles de l’Hexagone notamment, ce qui en période de mesures sanitaires limitant les déplacements est encore plus préjudiciable. D’autres, et ce davantage encore en dehors de ces zones géographiques, ont recours à l’entraide ou encore au travail non déclaré de personnes qui ne sont pas forcément qualifiées. Il y a aussi certains salons de coiffure avec du personnel bien souvent non diplômé et exploité de manière éhontée par un patronat sans scrupules et dans l’illégalité la plus complète. Cette réalité a été mise au grand jour dès 2014 avec une lutte de travailleuses et de travailleurs dans le quartier Château d’Eau du 10e arrondissement de Paris contre ce qui a été qualifié par la justice de traite d’êtres humains.

Pour l’ensemble de ces situations la question de la qualité des produits employés se pose également fréquemment. Dans un premier temps il lui demande s’il ne serait pas nécessaire que les pouvoirs publics fassent un état des lieux précis concernant l’ensemble de la problématique évoquée. Par la suite, et en fonction des résultats de cette étude, il lui demande s’il ne serait pas souhaitable, dans les structures de formation publiques pour le moins, de débloquer les moyens nécessaires en vue d’améliorer, en concertation avec les différents acteurs concernés, la formation générale des coiffeurs et des coiffeuses en la matière, et ce en cohérence avec les objectifs affichés des pouvoirs publics évoqués ci-dessus.

L’objectif à terme de la réalisation de ces mesures serait non pas la multiplication des salons de coiffure spécifiques mais la possibilité pour tous les habitants de pouvoir être pris en charge par tous les salons de coiffure. Ces derniers bénéficieraient par là même d’une possible extension de leur clientèle et de leur savoir-faire, bienvenus dans la période économique difficile que le pays traverse. Cela participerait également concrètement au vivre ensemble dont la France a tellement besoin. Cela participerait enfin à une augmentation des recettes fiscales et à un recrutement de nouveaux personnels.

Ces mesures devraient également être accompagnées d’une meilleure rémunération des salariés de cette profession qui perçoivent des salaires inférieurs de 40 % à la moyenne nationale.

Ambroise Croizat mérite d’entrer au Panthéon

Il y a 10 mois, le 28 janvier 2021

Par Pierre Laurent

Il y a cent vingt ans ans, le 28 janvier 1901, naissait Ambroise Croizat. La France lui doit l’une de ses plus belles créations collectives : la Sécurité sociale.

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À l’initiative du journal l’Humanité, Éliane Assassi, présidente du groupe CRCE au Sénat, Yves Audvard, président de l’Association Ambroise-Croizat, Julien Bayou, secrétaire national d’EELV, Pierre Caillaud-Croizat, petit-fils d’Ambroise Croizat, André Chassaigne, président du groupe GDR à l’Assemblée nationale, Michel Étiévent, écrivain et biographe de Croizat, Olivier Faure, premier secrétaire du PS, Bernard Friot, sociologue et économiste, Bernard Lamirand, président du comité d’honneur Ambroise Croizat, Pierre Laurent, sénateur et président du Conseil national du PCF, Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice GRS, ancienne ministre, Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité, Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, Jean-Luc Mélenchon, président du groupe FI à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot, vice-présidente du groupe FI à l’Assemblée nationale, Gilles Perret, réalisateur du film la Sociale, Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, Frédéric Sanchez, secrétaire général de la CGT métallurgie, Simon Duteil, codélégué général de Solidairesinterpellent le président de a République afin que le bâtisseur de la Sécurité sociale et ministre du Travail à la Libération, Ambroise Croizat, entre au Panthéon.

Il y a cent vingt ans ans, le 28 janvier 1901, naissait Ambroise Croizat. La France lui doit l’une de ses plus belles créations collectives : la Sécurité sociale. Il en fut la cheville ouvrière et le principal bâtisseur, en tant que ministre du Travail au sortir de la Seconde Guerre mondiale, dans le respect du programme du Conseil national de la Résistance. ­Depuis lors, des générations de citoyens ont eu la chance de bénéficier d’une ­couverture sociale ­exceptionnelle. Il faut bien mesurer l’œuvre ­civilisatrice d’Ambroise Croizat pour ce qu’elle est : une étape fondamentale, révo­lu­tionnaire, dans la ­recherche d’une vie meilleure qui a toujours animé l’humanité.

L’objectif d’Ambroise Croizat était de briser l’angoisse du lendemain, de la maladie ou de l’accident de travail. Sa volonté, sa vision étaient de ne plus faire de la retraite l’antichambre de la mort, mais bien une nouvelle étape de la vie. Notre pays doit à ce militant communiste la générali­sation des retraites, les comités d’entreprise, la médecine du travail, la reconnaissance des maladies professionnelles, la prime prénatale… En tant que député du Front populaire, dès 1936, il avait déjà pris une part considérable dans l’instauration des congés payés, des conventions ­collectives et de la ­semaine de quarante heures.

Tous les Français, aujourd’hui, bénéficient d’une carte vitale, sésame qui leur permet si souvent d’être soignés selon leurs besoins, sans distinction de leurs moyens, grâce à la socialisation des richesses créées. Certes, de nombreux coups ont été assénés à la Sécurité sociale et au Code du travail depuis que Croizat n’est plus. Certes, la Sécurité sociale est avant tout une œuvre collective, comme Croizat, syndicaliste à la CGT, le rappelait.

Mais qui peut dire que cet homme d’État n’a pas joué le premier rôle, en tant que ministre, pour apporter à la France l’une de ses plus belles réformes ? Qui peut dire que cette réalisation ne constitue pas un pilier indispensable à notre République sociale ?

La Sécurité sociale fait partie du patrimoine vivant de tous les Français. Un patrimoine qui n’est ni à muséifier ni à vernir, mais à entretenir et développer toujours plus, dans le respect de sa philosophie initiale, en tant que bien commun, comme le montre la crise du Covid-19.

Le XIXe siècle aura été marqué dans notre pays par l’accès de tous à l’éducation.

Le XXe retiendra à n’en pas douter, avec le recul, la fondation du système de santé publique créée par Croizat comme l’une de ses plus grandes conquêtes.

Tous s’en réclament aujourd’hui, même si tous n’en sont pas dignes.

Reste qu’Ambroise Croizat est définitivement digne du Panthéon, qui s’honorerait à l’accueillir, avec son épouse Denise, comme le souhaite sa famille.

 

Projet du « métro » d’Abidjan – Arrêter le pillage des pays africains

Il y a 12 mois, le 2 décembre 2020

Par Pierre Laurent

J’ai attiré l’attention de M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur le projet du métro d’Abidjan en Côte d’Ivoire. Plutôt que d’un métro il s’agit d’un projet visant la construction d’une ligne de train urbain reliant le nord au sud de la capitale économique de Côte d’Ivoire utilisant l’ancien chemin de fer Abidjan-Niger.

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C’est un projet relativement ancien dont le coût avait été chiffré en 2002 à 100 milliards de francs communauté financière en Afrique (FCFA) par le bureau national d’études techniques et de développement (BNETD) de Côte d’Ivoire avec un ticket passager à 400 FCFA soit dix fois moins que le chiffrage attaché au projet actuel (1044 milliards de FCFA).

À ce prix les promoteurs du projet (Bouygues travaux publics, Colas Rail du groupe Bouygues, Alstom et Keolis du groupe SNCF), ont trois solutions possibles pour établir un équilibre financier. À savoir : que l’État ivoirien le finance par un emprunt avec une garantie souveraine ; que la population ivoirienne accepte de payer dix fois plus cher son ticket, ce qui est hors de portée d’une population de plus en plus pauvre ; que l’État ivoirien accepte de subventionner chaque ticket de métro, ce qui serait un gouffre financier.

Dès le 10 octobre 2017, le ministre de l’économie et des finances français précise d’ailleurs que le solde du projet, serait financé par le budget de la République de Côte d’Ivoire. Par conséquent il apparaît que le projet de « métro », dans les conditions financières actuelles, serait une catastrophe pour la Côte d’Ivoire et son peuple et une aubaine pour les seuls actionnaires de multinationales françaises. Il constituerait ce qu’il est convenu d’appeler un « éléphant blanc ». Quant aux 1044 milliards de FCFA prévus pour le métro abidjanais, il est à noter que selon les chiffres du BNETD, c’est près de cinq fois plus qu’il n’en faut pour assainir toute la ville d’Abidjan en vue d’éviter les inondations annuelles en saison des pluies (220 milliards de FCFA) ou autant que le chemin de fer San-Pedro-Man d’une longueur de 660 kilomètres essentiel pour l’exploitation du nickel et du fer et qui est évalué à 1050 milliards de FCFA, pour ne citer que ces exemples !

Pourtant suite au travail d’influence important du gouvernement français, les autorités ivoiriennes ont confirmé en décembre 2019 que le chantier du « métro » serait confié au consortium français précédemment cité. Il n’est cependant pas encore trop tard pour abandonner ce projet puisqu’à ce jour, le contrat pour la construction du métro d’Abidjan n’est pas signé et que les travaux n’ont pas encore commencé comme l’a indiqué le 18 novembre 2020 le porte-parole de Bouygues à l’agence France presse (AFP).

En vue de ne pas prolonger une politique de pillage des pays africains, qui n’a que trop duré, je lui demande par conséquent que le gouvernement français fasse tout ce qui est en son pouvoir pour que ce projet néfaste pour le peuple ivoirien, dans les conditions actuelles de financement, soit abandonné plutôt que de forcer la main à un pouvoir ivoirien affaibli notamment par un manque de légitimité démocratique résultant d’une réélection inconstitutionnelle du Président de la République sortant.