L’espace, notre bien commun ? Un autre regard sur Don’t look up

Il y a 5 mois, le 24 janvier 2022

Par Pierre Laurent

Sorti pendant les Fêtes avec à l’appui toute la force de frappe de Netflix, porté par un prestigieux casting, le film Don’t look up : Déni cosmique s’est diffusé comme une traînée de poudre dans des millions de foyers. Au niveau mondial, il s’agit du deuxième film le plus vu de l’histoire de la plateforme. Dans le film, la comète « tueuse de planètes » qui doit frapper la Terre agit comme une puissante métaphore du dérèglement climatique, de la menace grandissante que beaucoup refusent obstinément de voir. Mais à travers l’histoire de cette menace venue des profondeurs de la galaxie, Don’t look up nous parle aussi de l’espace, de sa gestion par les humains, de son appropriation par les nouvelles puissances financières. Il s’agit d’un véritable enjeu d’avenir pour l’Humanité.

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Sorti pendant les Fêtes avec à l’appui toute la force de frappe de Netflix, porté par un prestigieux casting, le film Don’t look up : Déni cosmique s’est diffusé comme une traînée de poudre dans des millions de foyers. Au niveau mondial, il s’agit du deuxième film le plus vu de l’histoire de la plateforme.

La presse s’en est largement fait écho, saluant cette satire réussie d’un monde confronté à sa fin prochaine. Dans le film, la comète « tueuse de planètes » qui doit frapper la Terre agit comme une puissante métaphore du dérèglement climatique, de la menace grandissante que beaucoup refusent obstinément de voir.

Tirant jusqu’au bout le fil de son scénario apocalyptique, le réalisateur Adam Mackay, proche de Bernie Sanders et de la gauche américaine, dresse un portrait sans concession des grands maux de notre époque. Du cynisme de la Maison-Blanche à l’irresponsabilité des médias d’infotainment, en passant par les effets néfastes des réseaux sociaux sur le débat public, tous les phénomènes les plus marquants de la dernière décennie sont reproduits à l’écran avec un humour grinçant.

Pour ma part je voudrais revenir sur un autre thème structurant du film, qui n’a pourtant fait l’objet que de peu de commentaires. A travers l’histoire de cette menace venue des profondeurs de la galaxie, Don’t look up nous parle aussi de l’espace, de sa gestion par les humains, de son appropriation par les nouvelles puissances financières. Il s’agit d’un véritable enjeu d’avenir pour l’Humanité.

Parodiant à la fois Steve Jobs, Mark Zuckerberg et Elon Musk, le personnage de l’excentrique milliardaire Peter Isherwell vient servir le propos du réalisateur sur les appétits privés grandissants engendrés par la conquête spatiale. Le PDG va jusqu’à imposer à Meryl Streep, grimée en présidente des États-Unis, de ne pas faire dévier la comète, espérant ainsi pouvoir exploiter les précieuses ressources minières qu’elle contient.

 

L’espace, bientôt privatisé ?

Au-delà des choix narratifs du film, le poids grandissant des sociétés privées dans la conquête spatiale s’est illustré à de nombreuses reprises ces dernières années, qu’il s’agisse des tentatives spatiales d’Elon Musk, de Jeff Bezos ou encore de Richard Branson. Comme le remarquait récemment le magazine Capital, « jadis, faire décoller des fusées était le fait des États. Mais depuis quelques années, les rois de la tech s’y sont mis à leur tour, avec un succès phénoménal ». En fait, ces champions du « libre capitalisme » pillent aisément, au passage, le savoir-faire accumulé par les États (en l’occurrence la NASA).

Du tourisme spatial aux expéditions sur Mars, en passant par l’implantation de colonies lunaires, les projets de ces grandes fortunes ne manquent pas pour les décennies à venir. Leurs ambitions sont rendues possibles, en premier lieu, par les progrès techniques fulgurants dans le secteur aérospatial, associés à un abaissement des coûts. Lanceurs réutilisables, diminution de la taille des satellites… Le prix au kilogramme pour une mise en orbite est passé ces dernières décennies de 200 000 à seulement 10 000 dollars.

Par ailleurs depuis une vingtaine d’années, les opérateurs étatiques, confrontés au dogme de la réduction des dépenses publiques, ont appris à travailler plus étroitement avec les entreprises privés, d’abord comme simples sous-traitantes, aujourd’hui comme partenaires de premier plan. De fait la puissance financière de ces nouveaux magnats alimente désormais pleinement les projets de conquête spatiale : en une vingtaine d’années, les investissements dans les entreprises spatiales sont passés de 1 à 186 milliards de dollars.

Et pourtant, l’engagement et l’investissement publics de long terme ont été indispensables à Elon Musk, par exemple, pour mettre sur pied ses projets. Encore aujourd’hui, son entreprise SpaceX vit essentiellement de commandes publiques. Autrement dit, nous assistons actuellement à l’appropriation par des intérêts privés du fruit de décennies d’investissement public, intégralement financé par les contribuables.

La dépendance des capitalistes aux États n’est pas seulement financière. Selon les conventions internationales en vigueur, tout lancement spatial ne peut être effectué que sous l’autorité et la responsabilité d’un État. Celui-ci assume les conséquences légales du lancement mais aussi de l’ensemble des activités qui en résulteront dans l’espace. Si les puissants de ce monde sont en bonne voie pour s’approprier l’accès au cosmos, c’est donc en premier lieu grâce à la bénédiction de nos propres gouvernements…

 

Le traité de 1967 remis en cause

Le processus de privatisation à l’œuvre n’est pas sans lourdes conséquences sur les équilibres mondiaux. Il y a 55 ans en pleine Guerre froide, les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Union soviétique se mettaient d’accord pour attribuer un statut spécifique à l’espace extra-atmosphérique, à la Lune aux corps célestes. Le traité de 1967 affirme ainsi l’espace comme « res communis omnium » (bien commun de tous), consacrant le droit à sa libre exploration et à sa libre utilisation. Surtout, il pose le principe de non-revendication : l’espace étant bien « l’apanage de l’Humanité », nul ne peut se l’approprier. Pendant longtemps, ce statut unique de l’espace a permis de limiter les dangers notamment en matière militaire.

Malheureusement ce texte fondateur est toujours plus remis en cause. Sa faiblesse principale, à savoir l’absence d’instance internationale de coordination et de contrôle, est exploitée par les grandes puissances, États-Unis en tête pour pousser les feux de la marchandisation du cosmos. Ainsi en 2015, Barack Obama signe le Space Act, qui autorise les états-uniens à extraire des ressources de l’espace et à les commercialiser. Depuis, de nombreux pays dont le Luxembourg en 2017, les Émirats Arabes Unis en 2019, le Japon l’an dernier ont avancé sur la même voie. A l’instar de nombreux scientifiques, je juge cette situation extrêmement dangereuse. Sous la pression de puissants intérêts privés, les États sont en train de détricoter le Traité de l’espace, principale garantie pour notre sécurité collective.

 

De l’embouteillage spatial aux risques de confrontation militaire

L’engouement actuel pour la conquête spatiale et la marchandisation de l’espace posent des problèmes très concrets, à commencer par le risque accru de collision entre les engins qui gravitent de plus en plus nombreux autour de notre planète.

Selon le Centre National d’Études Spatiales, depuis 1957 11 537 satellites ont été lancés. La moitié sont encore en orbite, mais seuls 2 200 sont encore en fonctionnement. Et les chiffres sont toujours plus vertigineux. Avec le seul projet Starlink d’Elon Musk, 1 500 satellites sont déjà en orbite ; ils devraient être à terme au nombre de 42 000 !

Dès lors le risque de collision s’accroît chaque jour un peu plus. Au-dessus de nos têtes à une vitesse de 28 000 kilomètres à l’heure, gravitent déjà plus de 100 millions d’objets, la plupart ne mesurant que quelques centimètres. Chaque satellite détruit par collision entraîne la formation de centaines de débris, pouvant eux-mêmes causer de nombreux dégâts et entraîner des réactions en chaîne. Si rien n’est fait pour nous en prémunir, l’orbite basse, sur laquelle gravitent la plupart des satellites, pourrait ainsi devenir inutilisable…

Malgré ce risque aucune coopération internationale n’a été impulsée à ce jour, pour mettre en place un aiguillage de l’espace, sur le modèle de la régulation de l’aviation civile. Pire, l’absence de coopération internationale sur ces enjeux majeurs se double d’une véritable militarisation de l’espace ! La dépendance de plus en plus forte des économies et des troupes militaires aux systèmes de géolocalisation, tout comme le perfectionnement des outils balistiques, amènent le militaire à investir toujours davantage l’espace comme champ de confrontation possible.

La création de Space Army par les États-Unis rompt brutalement avec l’article 4 du Traité de 1967, affirmant l’usage uniquement pacifique de l’espace. La France a décidé de suivre cette voie, avec la mise en place du corps d’armée spatial par Emmanuel Macron, rattaché à l’Armée de l’Air.

 

Que fait la France ?

Les digues cèdent les unes après les autres, et les dangers grandissent. Si l’on ne veut pas faire de l’espace un nouveau Far West où règnerait la loi du plus fort, une nouvelle initiative multilatérale est nécessaire, réaffirmant l’espace comme bien commun de l’Humanité.

En tant que puissance spatiale de premier plan, la France pourrait jouer un rôle déterminant. Ainsi, nous sommes l’un des seuls pays au monde à disposer d’une loi sur la responsabilité des opérateurs de satellites, qui les oblige à garantir leur gestion tout au long de leur cycle de vie. Ces dispositions mériteraient d’être transposées aux plans européen et mondial.

Plus globalement à l’occasion de la présidence française de l’UE, notre pays peut et doit agir, avec l’Agence Spatiale Européenne, en faveur de la préservation de l’espace des logiques marchandes et militaires. En agissant de la sorte, la France retrouverait de la voix et de la grandeur sur la scène internationale.

 

Alors bien sûr comme dans le film d’Adam Mackay, nous pourrions décider de ne rien voir, de ne pas nous préoccuper de l’espace et de ce qui s’y jouera dans les années à venir. Nous pourrions décider de laisser faire, de confier aux appétits privés la gestion de cette nouvelle frontière.

Mais si nous faisions ce choix, je crains bien que nous ne connaissions le même sort funeste que les protagonistes de Don’t look up, victimes de leur incapacité à coopérer au service de l’intérêt général humain.

Alors gardons les yeux ouverts, et agissons ensemble pour préserver l’espace, ce bien commun de l’Humanité.

Lever les sanctions qui contribuent à la détérioration des conditions de vie du peuple malien

Il y a 8 heures, le 27 juin 2022

Par Pierre Laurent

Les sanctions envers le Mali interviennent dans un pays déstabilisé depuis près de 10 ans, conséquence notamment de la guerre otanienne contre la Libye. Elles ont été imposées sous la pression de puissances étrangères, dont la France. Elles sont inacceptables en ces temps de crises sanitaire, économique, sociale, climatique et de guerre qui frappent tous les continents, particulièrement l’Afrique. Elles doivent être annulées. C’est le sens de ma question écrite adressée à la Ministre des affaires étrangères.

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J’ai attiré l’attention de Mme la ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur l’embargo et les sanctions économiques et financières imposées depuis des mois au peuple malien par la communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union européenne (UE).

Ces mesures drastiques interviennent alors que le Mali est un pays continental, dont l’approvisionnement en produits de première nécessité dépend fortement des échanges commerciaux avec ses voisins, en particulier la Côte d’Ivoire et le Sénégal. Aujourd’hui, ces sanctions contribuent largement à la détérioration des conditions de vie du peuple malien et de la population rurale en particulier, dont 80 % sont des travailleurs du monde agricole. Certaines populations des pays limitrophes sont également impactées négativement.

Cette situation, imposée en dehors des règles du droit international, vient s’ajouter aux tensions existantes avec les bandes armées djihadistes et à l’insécurité dans le pays. Il est d’ailleurs à noter que la Cour de justice de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a ordonné le 9 janvier 2022 la suspension des sanctions économiques imposées au Mali par les chefs d’États et de gouvernements de l’UEMOA.

Il est également à noter qu’avec le conflit en Ukraine, les prix du blé flambent, comme ceux des céréales de substitution, notamment le riz. Il serait d’autant plus cruel dans ce contexte que l’embargo et les sanctions soient maintenus. Nombre d’acteurs du monde syndical, associatif et politique du Mali et d’ailleurs demandent à ce que soient levés cet embargo et ces sanctions financières et économiques, qu’elles soient françaises, européennes ou ouest-africaines. Ils demandent également que cesse toute politique d’ingérence auprès des pays membres de la CEDEAO. Ces demandes urgentes concourraient à garantir rapidement la sécurité alimentaire du Mali.

J’ai donc demandé à la Ministre les initiatives que la France comptait prendre aux niveaux national, européen et international pour aller en ce sens.

 

Question écrite n°28470 : https://senateurscrce.fr/activite-des-senateurs/les-questions-au-gouvernement/les-questions-ecrites/article/lever-les-sanctions-qui-contribuent-a-la-deterioration-des-conditions-de-vie-du

Déclaration des parlementaires à la première réunion des États parties du Traité sur l’interdiction des Armes nucléaires (TIAN)

Il y a 5 jours, le 22 juin 2022

Par Pierre Laurent

Lundi 21 juin, à la veille de la première réunion des États parties du Traité sur l’interdiction des Armes nucléaires (TIAN), des dizaines de parlementaires du monde entier se sont réunis à Vienne pour échanger sur les moyens d’aboutir à un monde libéré des armes nucléaires. Nous avons adopté cette déclaration, présentant les actions que nous nous proposons de mener dans nos pays respectifs, au service du désarmement nucléaire.

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Déclaration des parlementaires à la première réunion des États parties du Traité sur l’interdiction des Armes nucléaires (TIAN)

 

« En tant que parlementaires, déterminés à débarrasser le monde du fléau des armes nucléaires, nous sommes honorés de prendre la parole à l’occasion de cette première réunion des États parties au TIAN, qui marque une étape historique dans notre progression vers un monde exempt de ces armes. Nous sommes heureux de nous exprimer aux côtés des gouvernements, des organisations et des représentants de la société civile qui ont travaillé avec tant de détermination et de persévérance pour en arriver là, et avec lesquels nous avons eu le privilège de collaborer.

En tant que législateurs, nous exprimons notre profonde satisfaction du fait qu’avec l’entrée en vigueur du Traité en janvier 2021, les armes nucléaires sont désormais totalement interdites par le droit international. Le TIAN complète le régime juridique international interdisant les armes de destruction massive, ouvrant la voie à l’élimination totale de ces armes dans le monde entier. Nous sommes fiers du rôle que nous avons joué pour contribuer à l’entrée en vigueur de ce traité nécessaire et urgent, en travaillant à persuader les gouvernements de son importance et en soutenant les processus de ratification.

En tant que représentants du peuple, nous réaffirmons notre détermination à faire en sorte que les citoyens de nos nations – et de chaque nation – ne connaissent jamais les conséquences humanitaires catastrophiques de l’utilisation d’armes nucléaires. Nous restons douloureusement conscients qu’il ne peut y avoir de réponse adéquate à la détonation d’une arme nucléaire. Tant que ces armes existent, nous vivons tous avec un risque intolérable et effroyable. Nous soutenons une attention renouvelée sur les impacts sexués et racialisés des armes nucléaires. Avec le changement climatique, les armes nucléaires constituent une menace existentielle pour l’Humanité, menaçant de détruire le tissu social de nos sociétés.

Malgré les engagements répétés et les promesses de désarmement des États dotés d’armes nucléaires, plus de 12 000 armes nucléaires subsistent. Des sommes immenses sont dépensées pour les moderniser et les améliorer. Et les risques augmentent : les récentes menaces de la Russie d’utiliser des armes nucléaires ont accru les tensions, réduit le seuil d’utilisation des armes nucléaires et considérablement augmenté le risque de conflit nucléaire et de catastrophe mondiale. Nous sommes très préoccupés par la tendance croissante à légitimer la dissuasion et le partage des armes nucléaires en tant que mesures de sécurité.

Nous décidons donc de redoubler d’efforts pour accroître le nombre d’adhésions à ce traité et pour soutenir sa mise en œuvre. En reconnaissance des efforts de nos collègues qui ont contribué à convaincre leurs gouvernements d’assister à cette première réunion des États parties, nous nous emploierons à renforcer le soutien des parlementaires au Traité, à persuader nos gouvernements d’y adhérer, à créer des conditions propices au désarmement et à accélérer les processus de ratification.

Nous soulignerons le rôle du TIAN pour compléter et renforcer le Traité de non-prolifération nucléaire, et nous continuerons à soutenir toutes les mesures contribuant au désarmement, à la non-prolifération nucléaires et réduisant les risques nucléaires. Nous engagerons un dialogue constructif avec les décideurs politiques des États dotés d’armes nucléaires et de leurs alliés, dans le but de renforcer la sécurité internationale et de progresser vers notre objectif commun d’un monde exempt d’armes nucléaires.

Nous nous efforcerons d’allouer les ressources nécessaires pour que les dispositions du présent traité soient pleinement appliquées. Nous tirerons pleinement parti des connaissances, des compétences, de l’expertise et de l’énergie réunies à cette Assemblée des États parties, et nous invitons les États parties, les signataires, les organisations internationales et la société civile à travailler en étroite collaboration avec nous. Nous appelons nos collègues parlementaires du monde entier à signer l’engagement parlementaire d’ICAN et à nous rejoindre dans notre mission vitale.

De nombreux défis nous attendent, mais nous sommes confiants : nous avons interdit les armes nucléaires et nous les éliminerons. »

 

Texte adopté par des parlementaires des nations suivantes : Allemagne, Autriche, Belgique, Canada, Espagne, France, Irlande, Islande, Italie, Japon, Norvège, Royaume-Uni et Écosse, Suède, Suisse.

L’urgence du désarmement nucléaire mondial – par Pierre Laurent

Il y a 6 jours, le 21 juin 2022

Par Pierre Laurent

Lundi 20 juin 2022, j’ai eu la chance de me rendre à Vienne en Autriche, pour participer à la conférence parlementaire sur le Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN). Aux côtés de dizaines de parlementaires du monde entier, j’y suis intervenu pour porter l’urgence d’une ratification de ce traité par le plus grand nombre d’États, dont la France.

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L’urgence du désarmement nucléaire mondial

 

Mesdames, Messieurs, Chers collègues,

Comme parlementaire venu de France, une des grandes puissances détenant le feu nucléaire, comme vice-président du Sénat français et membre du groupe Communiste, Républicain, Citoyen et Écologiste (CRCE), c’est un grand honneur pour moi de m’exprimer devant vous.

Assurément, les peuples du monde ont aujourd’hui à écrire un nouveau chapitre du grand combat pour la paix. Si nous pouvons y contribuer ici, alors nous aurons accompli notre devoir.

En effet, les menaces qui pèsent sur notre sécurité collective n’ont jamais été aussi nombreuses. Crises économiques et alimentaires, sécheresses et dérèglement climatique, montée d’extrémismes haineux et xénophobes, surarmement… Les facteurs de déclenchement des conflits se multiplient, et les guerres, loin de les résoudre, participent à en aggraver chacun des maux. C’est à résoudre les causes profondes de ces conflits que nous devrions consacrer toutes les énergies humaines, et le monde fait aujourd’hui le contraire en renforçant la militarisation des relations internationales.

Face à la montée des périls, face aux exigences sociales et écologiques, plutôt que la construction d’une sécurité humaine globale construite sur la résolution pacifique et négociée des grands défis de notre époque et des sources de conflits,  trop  d’États répondent par le surarmement massif et incontrôlé. Partout en Europe, les dépenses militaires explosent. En France, le président Macron prétend vouloir faire basculer notre industrie dans l’économie de guerre.

Dans ce contexte les armes de destruction massive, au premier rang desquelles les armes nucléaires, rendent la situation mondiale plus dangereuse que jamais. Parce que nécessairement dédiées à la conduite d’une guerre totale, ces armes font courir un danger d’extinction à toute l’Humanité.

Depuis l’agression de la Russie contre l’Ukraine, la menace de déclenchement d’un conflit nucléaire est dangereusement banalisée. Vladimir Poutine en brandit désormais la menace, et les puissances rivales de l’OTAN répondent par l’escalade du surarmement. Cette situation montre combien la rhétorique de la « dissuasion nucléaire » est aujourd’hui aussi folle que désuète. Tant qu’existeront les arsenaux nucléaires,  la tentation de les utiliser existera, et la menace d’un péril mortel planera sur nos têtes.

C’est pourquoi l’absence du gouvernement français lors de cette première réunion des États parties du TIAN est incompréhensible et regrettable. Il y a quelques jours avec plus 50 parlementaires français, représentant un large arc de forces politiques, nous avons appelé de nouveau Emmanuel Macron à engager la participation de la France comme État observateur lors de la première réunion du TIAN.

Cet appel n’a malheureusement pas reçu de réponse favorable de la part du Président, mais nous ne baissons pas les bras. Bien au contraire, le résultat des élections législatives le 19 juin confirme qu’Emmanuel Macron n’a pas de majorité législative pour sa politique, et dans la principale opposition, la nouvelle Union populaire écologique et sociale, très nombreux seront les parlementaires à rejoindre notre combat. Avec les mobilisations populaires sans lesquelles rien ne sera possible, nous aurons plus de force aujourd’hui pour faire basculer la France dans le camp du désarmement.

Les parlementaires communistes de France, à l’Assemblée nationale et au Sénat, resteront donc pleinement engagés. Nous mettrons tout en œuvre en France, en métropole comme en outre-mer, pour engager le plan d’action que nous allons adopter, jusqu’à gagner le désarmement nucléaire mondial. Ce sera un combat difficile, long mais nous gagnerons.

 

Pour tout savoir sur la campagne ICAN : www.icanfrance.org

Pour l’indépendance du Sahara occidental

Il y a 3 semaines, le 8 juin 2022

Par Pierre Laurent

Depuis 1976, le Maroc occupe illégalement 80% du territoire de la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD). Aucun Etat n’a entériné véritablement cette colonisation. La RASD est même reconnue par 84 pays, ainsi que par l’Union Africaine.

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Cette occupation a entraîné pendant plusieurs années de violents affrontements militaires. À la fin des années 1980 le Front Polisario, représentant reconnu du peuple sahraoui, a accepté un cessez-le-feu pour permettre l’établissement de la Mission des Nations unies pour le référendum au Sahara occidental (Minurso). Depuis, le Maroc ne cesse de refuser toute résolution politique et juridique du conflit. Le roi Mohammed VI a encore récemment déclaré que « rien n’était négociable ».

Le droit international et les résolutions de l’ONU sont pourtant sans ambiguïté : il n’existe aucun lien de souveraineté territoriale entre le Maroc et le Sahara occidental. Le peuple sahraoui a un statut séparé et distinct du Maroc. Inscrit sur la liste des territoires à décoloniser de l’ONU, il est titulaire du droit à l’autodétermination, par la voie du référendum.

Le Front Polisario n’a pas ménagé ses efforts, en acceptant de nombreuses solutions de compromis, ainsi qu’en donnant des garanties au Maroc dans le cas où le référendum aboutirait à l’indépendance. Rabat a balayé d’un revers de main ces propositions, portant l’entière responsabilité de l’échec du processus de paix.

À la suite de la brutale intervention de l’armée marocaine au poste de frontière de Guerguerat, le 13 novembre 2021, le cessez-le-feu a volé en éclats après 30 ans d’attente de l’organisation du référendum d’autodétermination, provoquant un retour à la case départ.

Les gouvernements français portent une lourde responsabilité dans cette situation. Avec l’Espagne et les Etats-Unis, la France s’oppose à l’organisation du référendum. Elle a même brandi la menace d’utiliser son droit de veto au Conseil de sécurité de l’ONU. Cela encourage l’intransigeance du Maroc, permet la répression impitoyable des sahraouis et le pillage de leurs richesses tout en exacerbant l’instabilité régionale.

Les violations des droits humains sont une constante de l’occupation marocaine dans les territoires sahraouis occupés. Elles se sont même renforcées avec la reprise des hostilités. Cette escalade inquiétante frappe les activités des défenseurs des droits humains, leurs associations, syndicats, les militants sahraouis, ainsi que les familles de prisonniers qui subissent les violences des forces de sécurité, d’agents en civil et de groupes para-policiers, dans une atmosphère de militarisation accrue.

À l’échelle de l’UE, la France agit en meneur de tout ce qui vise à contourner les différentes décisions de la Cour européenne de justice qui a annulé, en septembre 2021, plusieurs accords de partenariat entre le Maroc et l’UE, qui accordaient des préférences tarifaires aux produits issus des territoires sahraouis occupés.

Oui, nous devons sortir du « deux poids, deux mesures » dans les relations internationales. L’application du droit international ne peut pas être à géométrie variable, en fonction des supposés « intérêts de la France ».

Oui, la France doit cesser de soutenir inconditionnellement le Maroc, pour revenir à une politique de neutralité et d’équilibre visant au respect absolu du droit international afin de trouver une issue pacifique au conflit. Il appartient au peuple sahraoui et à lui seul de déterminer son avenir.

Pierre Laurent
Sénateur (PCF) de Paris
Vice-président de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées du Sénat

Rapport sur les dépenses de l’UE pour le climat : quelles initiatives pour remédier aux manquements dénoncés ?

Il y a 3 semaines, le 7 juin 2022

Par Pierre Laurent

M. Pierre Laurent attire l’attention de Mme la ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur le rapport publié le 30 mai 2022 de la Cour des comptes européenne (CCE) portant sur les dépenses de l’Union européenne (UE) pour le climat de 2014 à 2020. La CCE estime que les dépenses climatiques correspondantes étaient plus […]

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M. Pierre Laurent attire l’attention de Mme la ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur le rapport publié le 30 mai 2022 de la Cour des comptes européenne (CCE) portant sur les dépenses de l’Union européenne (UE) pour le climat de 2014 à 2020.

La CCE estime que les dépenses climatiques correspondantes étaient plus susceptibles de représenter environ 13 % du budget de l’UE, soit 144 milliards d’euros, plutôt que les 20 % déclarés. Elle estime également que la méthodologie de suivi des dépenses climatiques ne prend en compte que l’impact positif potentiel sur le climat et ne suit pas les impacts négatifs potentiels des mesures qui servent d’autres objectifs de l’UE.

Le rapport de la CCE stipule également que c’est dans la politique agricole que les dépenses climatiques sont le plus surestimées, de près de 60 milliards d’euros. Citant, comme un des exemples en la matière, l’agriculture biologique, elle déclare que les chiffres de la Commission ignorent les inconvénients potentiels tels que la baisse de la productivité agricole et l’augmentation des importations de céréales en provenance de pays dont les règles environnementales sont moins strictes.

La CCE s’est inquiétée, en outre, de la fiabilité des rapports sur le climat pour la période actuelle, affirmant que la plupart des problèmes identifiés pour la période 2014-2020 subsistent. Elle s’en inquiète d’autant plus que, dans le budget actuel, l’UE s’est engagée à consacrer au moins 30 % de son budget à l’action climatique, un objectif qui passe à 37 % lorsqu’il s’agit du fonds de relance de l’UE de 800 milliards d’euros résultant de la crise de la Covid-19, adopté en 2020

La CCE formule de nombreuses recommandations parmi lesquelles figurent celles qui traitent de la politique agricole commune (PAC), qui représente environ 40 % de l’ensemble des dépenses de l’UE. Par conséquent, il lui demande ce que la France compte prendre comme initiatives au niveau national et européen pour remédier aux manquements dénoncés par ce rapport, rattraper le retard et remplir les objectifs futurs.

 

Suppression du corps diplomatique : renoncer à une mesure décidée loin de tout débat démocratique

Il y a 3 semaines, le 3 juin 2022

Par Pierre Laurent

J’ai attiré l’attention de Mme la ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur la suppression du corps diplomatique prévue le 1er janvier 2023. Le décret qui institue cette suppression de la diplomatie de métier, aurait un effet néfaste sur l’action de la France dans le monde selon de très nombreux acteurs, dont les actuels […]

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J’ai attiré l’attention de Mme la ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur la suppression du corps diplomatique prévue le 1er janvier 2023.

Le décret qui institue cette suppression de la diplomatie de métier, aurait un effet néfaste sur l’action de la France dans le monde selon de très nombreux acteurs, dont les actuels fonctionnaires du quai d’Orsay qui mènent un mouvement social à son encontre.

Ce déclassement de la diplomatie française prolonge malheureusement la logique en cours depuis de nombreuses années avec la diminution des moyens mis à la disposition de celle-ci alors que parallèlement les budgets militaires augmentent sans cesse. Elle est l’un des derniers symptômes d’une politique étrangère française à la dérive depuis des années et qu’il faut revoir de toute urgence de la cave au grenier.

L’un des premiers pas dans cette direction serait de renoncer à cette suppression du corps diplomatique décidée loin de tout débat démocratique.

 

Question écrite n°28189 : https://senateurscrce.fr/activite-des-senateurs/les-questions-au-gouvernement/les-questions-ecrites/article/renoncer-a-une-mesure-decidee-loin-de-tout-debat-democratique

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