27 janvier – Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste

Le plaisir d’être et de décider ensemble

Il y a 4 mois, le 25 janvier 2021

Par Pierre Laurent

J’ai mal. Mal quand, à la lecture des réseaux sociaux suite à telle ou telle réunion où notre parti débat et est amené à prendre des décisions sur les prochaines échéances électorales (régionales, départementales ou présidentielles), je vois se répandre des anathèmes, des mises en cause, des pratiques qui relèvent davantage d’une organisation en tendances que de la volonté de rassembler les communistes en respectant leur diversité.

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Plus que d’autres peut être, notre parti souffre des confinements ou couvre-feux décidés pour ralentir la propagation de la covid-19. Il en souffre car une grande part de notre identité repose sur la volonté et le plaisir de se retrouver autour d’une table, sans masques ni gestes barrières pour débattre, échanger, confronter et décider.

Cette culture démocratique qui caractérise notre organisation est aujourd’hui mise à mal, malgré les trésors d’imagination et le dévouement politique que nos directions déploient un peu partout dans les fédérations.

Alors, raison de plus pour veiller au respect démocratique dû aux camarades. Au moment où des échéances importantes sont devant nous, où le besoin de confrontation et d’initiatives communistes est si vif, où les incertitudes et les peurs nous habitent au même titre que tous nos concitoyens, rien ne doit nous empêcher de déployer les trésors de réflexion et d’actions de notre corps militant.

Dans une situation aussi dramatique qu’inédite comme celle que nous subissons, la première de nos préoccupations doit être de ne pas perdre le sens de la fraternité et de la qualité du débat entre nous. Nous devons prendre soin des communistes, les plus jeunes qui souffrent de ne pouvoir vivre pleinement et craignent pour leur avenir, les plus âgés qui, souvent, hésitent à se rendre à des réunions, quand elles sont programmées, par crainte, légitime de contracter un virus auquel ils se sentent tout particulièrement exposés…

Prendre soin des communistes, leur donner accès à l’information, aux points de vues différents pour pouvoir décider en connaissance de cause. Chacun·ee- réfléchit à son rythme, travaille, essaye d’exprimer clairement ce qu’il pense, dans une période où le brouillard domine et obscurcit toute perspective. Dans une telle période, il n’y a aucune place pour les procès d’intention, les mises en accusation, les pratiques de tendances ou de catalogage des uns et des autres, en fonction de ce qu’ils et elles pensent et expriment sur les choix qui doivent être ceux, à leurs yeux, de leur parti. Chaque opinion, si elle est livrée clairement et sans arrière pensée est légitime : in fine, ce sont les communistes qui tranchent par leur vote, et il fait partie de nos règles de respecter chacune et chacun et de respecter les décisions quand elles s’expriment majoritairement.

Ce sont nos règles de vie mais aussi de fraternité.

En ces temps difficiles, il est urgent de retrouver le plaisir d’être et décider ensemble.

7 janvier 2015, l’impensable au coeur du quotidien

Il y a 4 mois, le 6 janvier 2021

Par Pierre Laurent

Le 7 Janvier 2015, la nouvelle atteignit les gens où ils étaient. L’impensable au cœur du quotidien. L’incrédulité, puis la sidération. Les attentats contre Charlie Hebdo, comme tous les autres, font partie de notre douloureuse mémoire collective.

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Nous pensons aux victimes: Frédéric Boisseau, chargé de la maintenance du bâtiment, Elsa Cayat psychanalyste, Bernard Maris, économiste, Mustapha Ourad correcteur du journal, Michel Renaud, cofondateur du festival « Rendez vous du carnet de voyage », Franck Brinsolaro, policier chargé de la protection de Charb. Et bien sûr, les dessinateurs Cabu, Charb, Honoré, Tignous et Wolinski, dont nous admirions le talent, l’irrévérence, avec qui nous avions nourri des relations d’amitié et de respect mutuel, au fil de la vie et des fêtes de l’Humanité…

En ce jour de triste anniversaire, nous ne cessons de penser à elles et eux, comme à Ahmed Merabet, gardien de la paix tué boulevard Richard Lenoir, à Clarissa Jean Philippe, policière municipale tuée à Montrouge, aux victimes de la supérette casher, Porte de Vincennes.

Nous pensons aux victimes et à ce qui était visé à travers elles: le droit de dire ce que l’on pense, le droit d’avoir raison, le droit de se tromper, le droit de caricaturer, le droit d’exagérer, celui de dépasser les bornes, de repousser les limites du convenable…

Les libertés de conscience et d’expression ne furent jamais un bien octroyé par quelque autorité supérieure que ce soit. Elles furent même souvent dans l’Histoire, combattues et censurées par les pouvoirs en place. Elles furent une conquête, chèrement acquise à travers les siècles, par les luttes citoyen-ne-s, pour en faire une valeur et un acquis indissociables de ce qu’est la France et son rayonnement. La liberté d’expression est avant tout une valeur populaire. C’est sans aucun doute pour cette raison que le dimanche qui suivit le 7 Janvier, une marée de femmes et d’hommes déferla dans les rues de la capitale et des villes de province, digne, affligée mais déterminée, pour dire ensemble : « Je suis Charlie ». D’autres, qui n’endossaient pas l’expression, étaient tout aussi affligés par ces attentats si contraires à leurs croyances. L’horreur de ces tueries ne faisait que commencer. Les blessures déchirent toujours plus le pays. Et il ne faudrait surtout pas oublier que le cri de liberté de janvier 2015 était le bon : il ne sera jamais de sécurité partagée qui ne repose sur une extension des droits et des libertés.

La liberté de penser et de dire ne peut être ni confinée ni masquée et ne s’accommode d’aucun rejet, d’aucune discrimination. Elle est aujourd’hui incompatible avec toute loi de « sécurité globale », quand celle-ci cherche à restreindre les libertés de tous sans jamais combattre le mal des idéologies racistes et fascistes à la racine, quels que soient les visages, religieux ou non, dont elles s’affublent pour revendiquer on ne sait quelle « guerre des civilisations ».

Il n’ y a de sécurité globale que dans le progrès continu de la liberté, de l’égalité, de la fraternité. Ce fut le combat des générations qui nous ont précédés.

Six années après le 7 janvier 2015, ce combat est toujours le nôtre. Face à l’impensable, partout où nous sommes aujourd’hui, nous continuons de penser et construire l’avenir.

 

Une mise au point nécessaire

Il y a 5 mois, le 17 décembre 2020

Par Pierre Laurent

Lundi 14 décembre, à la veille de la mobilisation pour la culture et l’ouverture des lieux culturels, j’ai publié sur ma page Facebook un  dessin  de Chantal Montellier, appuyant  à sa manière, c’est-à-dire celle de la bande dessinée et de la caricature,  cette mobilisation.

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Représentant Jean Castex et Roselyne Bachelot, ce dessin dénonçait les choix politiques d’un gouvernement qui, sous couvert de protection sanitaire, étouffe la culture et la création, pourtant si essentielle à l’émancipation humaine en cette période de confinement. Il prenait pour cible l’autoritarisme des décisions du premier ministre et l’inaction de la ministre de la culture, en moquant la référence  sans cesse utilisée par Roselyne Bachelot au slogan « me too ».

Je ne m’attendais pas du tout à ce que cette publication provoque des réactions violentes et parfois haineuses contre ce dessin, contre son auteure, contre moi même. Je ne souhaite blesser personne, surtout pas mes camarades de la commission féministe du Parti communiste,  dont les responsables  ont pris l’initiative de cette dénonciation en place numérique.

Les engagements de Chantal Montellier sont connus, en particulier pour la reconnaissance de la place des femmes dans le monde culturel. Elle en a souvent payé le prix.

Surpris, donc, je l’étais. Mais je connais trop l’emballement de réactions incontrôlables et l’escalade verbale dont les réseaux sociaux ont le secret, c’est paraît-il l’air du temps, qui n’ ont rien à voir  avec le débat  et la controverse que pourrait justement justifier un dessin dont le propos est par nature de chercher à le provoquer. Mais là, point de débat ou de controverse, juste de l’injonction.

J’ai retiré le dessin pour ne pas prêter au détournement de son objet et pour cesser de relayer à mon insu des propos insultants pour Chantal Montellier.

Je tenais toutefois  à ces quelques mots d’explication car ce triste épisode me semble un peu pitoyable. 

J’ai d’ailleurs reçu des messages de camarades désolées de tout cela et qui, sollicitées, avaient décidé de ne pas se joindre au concert.

Ce dessin ne mérite  tout simplement pas çà.

Disons le tout de même avec un peu de gravité. On ne peut pas un jour manifester pour la liberté d’expression et le droit à la caricature e,t un autre jour, s’ériger en censeur d’une autrice comme Chantal Montellier.

Qu’elle accepte ici mon soutien à l’occasion de cette triste polémique.

Je continuerai, chaque fois que je le jugerai utile et nécessaire, de publier ses dessins, ou ceux d’autres auteur·e·s, expressions de talents dont le libre débat démocratique a tant besoin par les temps mauvais qui courent.

Et que mes camarades féministes soient assurées que mon engagement contre les violences faites aux femmes restera lui aussi toujours aussi déterminé !

Ils ont dit STOP

Il y a 5 mois, le 9 décembre 2020

Par Pierre Laurent

Ensemble et solidaires, les joueurs du Basaksehir et du PSG ont arrêté de jouer. Ensemble et solidaires ils ont refusé de reprendre la partie.

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Ensemble et solidaires, ils ont crié à la planète entière que le sport et ses valeurs étaient incompatibles avec toute stigmatisation à caractère raciste.
C’est un évènement.

Ils ont affirmé ensemble que le sport était d’abord et avant tout porteur de valeurs humaines et qu’aucune considération sportive ou économique ne pouvait conduire à s’accommoder de ce qui porte atteinte à ces valeurs.
A ce qui divise et isole, ils ont répondu par ce qui réunit et rassemble.

C’est un bel exemple.

A chacun désormais de faire en sorte que cet exemple porte ses fruits et que plus rien, désormais, ne soit comme avant.

Giscard et la modernité ?

Il y a 5 mois, le 8 décembre 2020

Par Pierre Laurent

Ma Tribune libre parue dans l’Humanité du lundi 7 décembre 2020

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Les nombreux hommages rendus à Valéry Giscard d’Estaing reprennent en chœur le refrain : nous avons perdu celui qui a fait entrer la France dans la modernité. Qui n’a pas vécu les années 1970 durant lesquelles il fut président de la République se voit ainsi ré-écrire une belle histoire, malheureusement d’autant plus ronflante qu’elle est bien éloignée des réa- lités de l’époque. Ainsi, toutes les avancées sociétales des années 1970, par exemple le droit de vote à 18 ans ou la première loi sur l’IVG portée par Simone Veil, sont attribuées à son génie réformateur. C’est oublier l’essentiel : le puissant mouvement qui secoua la société française en mai-juin 68, la poussée des mouvements féministes qui le suivirent, et les incessantes mobilisations de la jeunesse qui, de 1968 à la fin des années 1970, ne cessèrent tous les ans d’agiter la jeunesse lycéenne et étudiante, notamment pour combattre les réformes libérales de l’enseignement que portèrent les gouvernements giscardiens de l’époque. Rendons les conquêtes sociétales à celles et ceux à qui elles appartiennent.

Ce qui est vrai, c’est que la décennie Giscard marque le début de la contre-offensive libérale qui n’a cessé de s’amplifier par la suite. Il s’agit alors de répondre à l’exigence de modernité exprimée par la jeunesse pour la contenir, et d’intégrer les bouleversements du monde à la modernisation d’un capitalisme qui connaît alors la première grande crise capitaliste de 1974, celle du choc pétrolier. Valéry Giscard d’Estaing a ainsi beaucoup œuvré à confisquer le terme de « réforme » à la gauche. Le mal se fait aujourd’hui encore lourdement sentir, quand chaque attaque antisociale du gouvernement Macron est parée du beau mot de « réforme ». En vérité, ce n’est pas la société française que cherche à moderniser Giscard, mais le capitalisme français des années de Gaulle. Il modernise la communication politique, va visiter les pauvres au coin du feu pour masquer l’arrogance de classe qu’il incarnait plus que tout, mais son objectif reste bien celui-là.

Il jette les bases d’une insertion du capitalisme français dans la mondialisation ultralibérale. Il pousse les feux de l’intégration européenne dans la même direction, en n’oubliant pas de renforcer l’orientation atlantiste en délaissant l’héritage gaulliste.

Battu en 1981, il ne lâchera jamais le manche, et deviendra le rédacteur essentiel du traité constitutionnel européen (TCE) qui visait la constitutionnalisation du capitalisme libéral en Europe, sans imaginer que Jacques Chirac décide de soumettre ce texte au vote des Français au référendum.

Le septennat de Giscard n’est pas la marche triomphale vers la modernité décrite dans les médias et les hommages rendus. Ces années 1970 sont celles où grandit, contre sa politique, l’espoir de la victoire du programme commun de la gauche, initié par les communistes et rejoint par François Mitterrand, pour déboucher sur la défaite giscardienne en 1981, dans une élection gagnée par François Mitterrand au second tour et dans laquelle Georges Marchais a réuni au premier tour 15 % sous la bannière de « candidat anti-Giscard ». De même, les communistes jouèrent un rôle essentiel pour révéler les méfaits du TCE en 2004, et lever un mouvement citoyen d’une ampleur inédite jusqu’à conquérir la victoire du « non » en 2005.

Valéry Giscard d’Estaing fut certes un dirigeant de premier plan de la droite libérale française, assurément très brillant, mais sa victoire de 1974 n’efface pas les deux défaites majeures qu’il aura subies en 1981 et 2005. Sa modernité n’est pas celle que cherchait le peuple français.

Pierre Laurent Vice-président du Sénat, sénateur PCF de Paris

Mon cher Mumia,

Il y a 5 mois, le 2 décembre 2020

Par Pierre Laurent

Je tiens à t informer de mon intervention comme parlementaire français et sénateur de Paris auprès du gouverneur de Pennsylvanie, pour exiger, suite à l’épidémie de Covid 19 qui frappe la prison de Mahanoy, ta libération immédiate ainsi que celle de tous les prisonniers âgés et malades.

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Ne doute pas un instant de ma mobilisation ainsi que de celle de tous les parlementaires communistes français, pour exiger que la détention inique dont tu es victime prenne fin et que justice te soit enfin rendue.

Je te souhaite bon courage.

Sache que nous sommes toujours résolument à tes côtés.

Pierre Laurent

Projet du « métro » d’Abidjan – Arrêter le pillage des pays africains

Il y a 5 mois, le

Par Pierre Laurent

J’ai attiré l’attention de M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur le projet du métro d’Abidjan en Côte d’Ivoire. Plutôt que d’un métro il s’agit d’un projet visant la construction d’une ligne de train urbain reliant le nord au sud de la capitale économique de Côte d’Ivoire utilisant l’ancien chemin de fer Abidjan-Niger.

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C’est un projet relativement ancien dont le coût avait été chiffré en 2002 à 100 milliards de francs communauté financière en Afrique (FCFA) par le bureau national d’études techniques et de développement (BNETD) de Côte d’Ivoire avec un ticket passager à 400 FCFA soit dix fois moins que le chiffrage attaché au projet actuel (1044 milliards de FCFA).

À ce prix les promoteurs du projet (Bouygues travaux publics, Colas Rail du groupe Bouygues, Alstom et Keolis du groupe SNCF), ont trois solutions possibles pour établir un équilibre financier. À savoir : que l’État ivoirien le finance par un emprunt avec une garantie souveraine ; que la population ivoirienne accepte de payer dix fois plus cher son ticket, ce qui est hors de portée d’une population de plus en plus pauvre ; que l’État ivoirien accepte de subventionner chaque ticket de métro, ce qui serait un gouffre financier.

Dès le 10 octobre 2017, le ministre de l’économie et des finances français précise d’ailleurs que le solde du projet, serait financé par le budget de la République de Côte d’Ivoire. Par conséquent il apparaît que le projet de « métro », dans les conditions financières actuelles, serait une catastrophe pour la Côte d’Ivoire et son peuple et une aubaine pour les seuls actionnaires de multinationales françaises. Il constituerait ce qu’il est convenu d’appeler un « éléphant blanc ». Quant aux 1044 milliards de FCFA prévus pour le métro abidjanais, il est à noter que selon les chiffres du BNETD, c’est près de cinq fois plus qu’il n’en faut pour assainir toute la ville d’Abidjan en vue d’éviter les inondations annuelles en saison des pluies (220 milliards de FCFA) ou autant que le chemin de fer San-Pedro-Man d’une longueur de 660 kilomètres essentiel pour l’exploitation du nickel et du fer et qui est évalué à 1050 milliards de FCFA, pour ne citer que ces exemples !

Pourtant suite au travail d’influence important du gouvernement français, les autorités ivoiriennes ont confirmé en décembre 2019 que le chantier du « métro » serait confié au consortium français précédemment cité. Il n’est cependant pas encore trop tard pour abandonner ce projet puisqu’à ce jour, le contrat pour la construction du métro d’Abidjan n’est pas signé et que les travaux n’ont pas encore commencé comme l’a indiqué le 18 novembre 2020 le porte-parole de Bouygues à l’agence France presse (AFP).

En vue de ne pas prolonger une politique de pillage des pays africains, qui n’a que trop duré, je lui demande par conséquent que le gouvernement français fasse tout ce qui est en son pouvoir pour que ce projet néfaste pour le peuple ivoirien, dans les conditions actuelles de financement, soit abandonné plutôt que de forcer la main à un pouvoir ivoirien affaibli notamment par un manque de légitimité démocratique résultant d’une réélection inconstitutionnelle du Président de la République sortant.

Rapatriez les enfants français détenus en Syrie

Il y a 6 mois, le 20 novembre 2020

Par Pierre Laurent

« Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
Ces doux êtres pensifs que la fièvre maigrit ?
Ces filles de huit ans qu’on voit cheminer seules ? »

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Ainsi écrivait, en son temps, Victor Hugo, révolté par le sort des enfants au travail.

En ce 20 novembre 2020, journée internationale des droits de l’enfant, ces vers résonnent pour évoquer bien des malheurs frappant les enfants du monde, affamés, surexploités, ou brisés par les guerres et les conflits.

Le 20 novembre 1989, l’Assemblée générale des Nations unies consacrait les droits de l’enfant  comme un combat majeur des droits humains visant la protection spécifique de l’enfant en tant qu’être humain à part entière, et faisant passer l’enfant d’objet de droit à sujet de droit.

Ces droits de l’enfant prennent en considération le caractère vulnérable et la nécessité de développement de l’enfant, allant de l’offre d’autonomie à la protection contre la violence physique, ou psychologique.

Pour toute conscience humaine, de tels droits relèvent de l’évidence… Et pourtant, les violations sont quotidiennes et appellent un combat permanent.

Je veux à nouveau aujourd’hui évoquer avec force l’une de ces violations:  l’abandon par la France des enfants français prisonniers dans les camps de Syrie.  En violation flagrante des principes fondamentaux de protection de l’enfance, notre pays persiste à refuser leur rapatriement, les abandonnant de fait à une mort lente, ou à l’emprise sur leur vie future de réseaux mafieux et criminels.

En Syrie, dont nous semblons aujourd’hui avoir déjà détourné le regard, tous les enfants sont des victimes de la guerre. Selon les estimations de l’Unicef, 5 millions d’enfants, soit 4 enfants sur 5, ont besoin d’une aide vitale d’urgence en Syrie. Près de 2,6 millions d’enfants ont été déplacés à l’intérieur du pays et près de 2,5 millions sont réfugiés dans les pays voisins tels que la Jordanie, le Liban et la Turquie. C’est le plus important déplacement de population de l’histoire récente. Depuis 2014, 478 lieux scolaires accueillant des enfants ont été pris pour cibles lors d’attaques et 521 centres de santé ont été visés. On estime que 2,8 millions d’enfants ne vont plus à l’école et que 180 000 membres du corps enseignant ont dû fuir. Le conflit a des conséquences dramatiques sur leur santé mentale et leur bien-être. Être victime ou assister à des actes de violence, vivre dans la peur et l’insécurité, manquer de nourriture, de soins médicaux, être séparé de sa famille, ne pas avoir de logement, être privé d’éducation, être enrôlé dans un groupe armé… Les traumatismes sont considérables.

Les enfants sont confrontés à des périodes d’anxiété profonde, à la solitude, au désespoir. Les adolescents sont placés face à un avenir sans espoir, ce qui les pousse à se renfermer dans des postures agressives ou peut les mener vers la dépression. En tout près de 6 millions sont nés pendant la guerre et n’ont donc connu que cette configuration.

Parmi ces millions d’enfants victimes et traumatisés, au milieu de ce terrible chaos, deux cent enfants français, entraînés dans cette guerre par leurs parents ou nés au cœur de cette guerre, périssent encore dans les camps du nord de la Syrie, détenus pour la plupart avec leur mère. La plupart d’entre eux s’apprêtent à supporter un troisième hiver sous des tentes de fortunes, luttant contre des températures avoisinant  les moins dix degrés. Persister à les abandonner serait indigne et irresponsable. Leurs familles françaises se battent depuis plus de deux ans pourleur rapatriement, et peuvent les aider à se reconstruire. Je sais fort bien que la peur du terrorisme sert aujourd’hui à couvrir ce lâche abandon, pourtant indigne de nos principes. Et pourtant, c’est en les livrant à cet enfermement que nous prenons sûrement le risque sécuritaire le plus grand. Arracher ces enfants à cet enfer est un devoir pour notre pays.

Ces deux cent français font aujourd’hui partie des enfants les plus vulnérables du monde. Ils vivent dans des conditions épouvantables et voient leur santé, leur sécurité et leur bien-être constamment menacés.

Meurtris par la guerre, stigmatisés, et abandonnés par notre gouvernement, ces enfants sont doublement victimes. La plupart de ces enfants sont nés dans des régions contrôlées par l’État islamique ou ont gagné ces zones avec leurs parents. Qui peut accepter de les réduire à cet avenir tragique?

Je l’affirme avec solennité et humanité : allons-nous oublier que ce sont des enfants? allons nous continuer à fouler aux pieds les principes qui nous imposent de les prendre en charge comme des enfants dont il faut reconstruire le droit à la vie. Ces enfants doivent être traités comme des victimes et non comme des criminels. Ils ne sont pas des ennemis, ni réels, ni potentiels.

La France doit revenir à ses devoirs d’humanité, en rapatriant ces enfants, et en organisant, comme cela s’est déjà fait, la prise en charge judiciaire des mères quand elles accompagneront leur retour.

« Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ? » écrivait Victor Hugo.
Notre devoir est de leur rendre leur droit à se reconstruire… Leur droit au sourire.

Jugement concernant le CDG Express – Le gouvernement doit sortir de son obstination à vouloir imposer un projet inutile, nuisible et coûteux

Il y a 6 mois, le 17 novembre 2020

Par Pierre Laurent

J’ai attiré l’attention de Mme la ministre de la transition écologique sur le Charles de Gaulle (CDG) Express.

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Le CDG Express est une liaison de 32 km qui doit relier en 20 minutes la Gare de l’Est, dans le centre de Paris, au terminal 2 de l’aéroport de Roissy, moyennant pour les voyageurs un billet à 24 euros. Sa mise en œuvre aurait des conséquences catastrophiques sur les transports du quotidien car il utiliserait en grande partie, le réseau ferré existant, alors qu’il est déjà saturé, tant à la sortie de la gare de l’Est que sur le réseau Nord.

Il aurait aussi un impact environnemental très négatif. C’est à cause de ce dernier point que le tribunal administratif de Montreuil (Seine-Saint-Denis) a annulé l’autorisation environnementale concernant le chantier de celui-ci contenue dans un arrêté signé le 11 février 2019 par les préfets de Paris, Seine-Saint-Denis, Seine-et-Marne et Val-d’Oise.

Dans ses motivations le tribunal a remis en question les deux grandes raisons d’être du projet avancées par le gouvernement, à savoir une meilleure desserte vers l’aéroport de Roissy, dont le trafic est en forte baisse, et les prochains Jeux olympiques de Paris 2024 qui ont été reportés. Par conséquent selon le tribunal ce projet ne correspond pas à un intérêt public majeur.

Malgré ce jugement, la filiale gestionnaire d’infrastructure chargée du CDG Express s’entête à vouloir continuer les chantiers non concernés par ce jugement, et à faire appel du jugement.

Il est encore temps que le Gouvernement sorte de son obstination à vouloir imposer ce projet inutile, nuisible et coûteux et transfère le produit de la recette affectée au CDG Express aux transports du quotidien et en particulier au financement des projets d’amélioration du RER B.

Je lui ai demandé ce qu’elle compte faire en ce sens.