Violences à Jérusalem-Est : se préoccuper ne suffit plus, il faut condamner

Il y a 3 jours, le 11 mai 2021

Par Pierre Laurent

Depuis plusieurs jours, de vives violences agitent les territoires occupés illégalement par l’État d’Israël à Jérusalem-Est et en Cisjordanie.

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Alors que l’extrême-droite israélienne sort renforcée à la Knesset des élections anticipées du 23 mars, les agressions de Palestiniens vivant dans le Vieux-Jérusalem par les militants ultranationalistes de Lahava se sont multipliées ces dernières semaines.
La semaine dernière, ce sont de nouveaux projets d’expulsion de Palestiniens vivant dans les quartiers occupés illégalement par Israël de Sheikh Jarrah, de Bab Al-Zahra et de la porte de Damas qui ont mis le feu aux poudres. Dès vendredi, l’ONU a tenu à rappeler à Tel-Aviv que ces expulsions forcées pourraient constituer des crimes de guerre.
En difficulté politiquement, Benyamin Netanyahou souhaite donner une nouvelle fois des gages à l’extrême-droite israélienne. Après le plan d’annexion du poumon économique de la Palestine qu’est la Vallée du Jourdain, soutenu par les États-Unis et l’accélération de l’installation de colons en lieu et place des Palestiniens en Cisjordanie, Jérusalem-Est est la prochaine priorité du gouvernement israélien. Arguant d’une rétroactivité du droit immobilier pour les propriétés juives d’avant 1948, il organise l’expulsion de familles palestiniennes. La mobilisation de ces dernières est réprimée dans le sang.
Le 10 mai, la France a finalement réagi, mais en renvoyant criminels et victimes dos à dos, condamnant les sept tirs de roquette partis de Gaza contre Israël, et se contentant de se montrer « préoccupée » par les violences à Jérusalem-Est. C’est consternant et indigne de la France.
Les parlementaires du groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste condamnent fermement les exactions israéliennes dans tous les territoires palestiniens occupés et réaffirment leur soutien aux populations palestiniennes. Ils réitèrent leur attachement à une solution à deux États. Ils rappellent enfin qu’à leur demande, le Sénat avait débattu en juin dernier du projet d’annexion de la vallée du Jourdain. Ils y avaient exigé une parole forte de la France, une reconnaissance de l’État de Palestine et des sanctions contre l’État d’Israël en vertu du droit international.

Assassinats politiques en Colombie et combats à la frontière avec le Vénézuela – La France doit porter une parole de solidarité et de paix

Il y a 1 semaine, le 5 mai 2021

Par Pierre Laurent

J’ai attiré l’attention de M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur la situation en Colombie. L’Institut d’études pour le développement et la paix (Indepaz) recense 75 assassinats politiques depuis le début de l’année, près d’un millier depuis les accords de paix de La Havane conclus en 2016 entre le président colombien d’alors […]

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J’ai attiré l’attention de M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur la situation en Colombie.

L’Institut d’études pour le développement et la paix (Indepaz) recense 75 assassinats politiques depuis le début de l’année, près d’un millier depuis les accords de paix de La Havane conclus en 2016 entre le président colombien d’alors et la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc).

Face aux mobilisations sociales s’opposant aux mesures Gouvernementales de hausse des prix de l’essence, d’installation de nouveaux péages, de gel des salaires dans le secteur public jusqu’en 2026, de remise en cause des programmes sociaux, le pouvoir colombien en place entretient un climat de violence. Presque chaque jour, des leaders sociaux, des syndicalistes, des ex-guérilleros ayant déposé les armes, des défenseurs des droits humains, des porte-parole de communautés indigènes sont abattus en raison de leur engagement local au service de leur communauté, pour la défense de leur territoire, la restitution de leurs terres usurpées, leur demande de justice historique et sociale ou leur fidélité aux « accords de paix ». De plus en plus de Colombiens s’élèvent contre cette situation.

Cet état de fait s’ajoute aux combats dans le sud-ouest du Venezuela, à la frontière avec la Colombie, entre l’armée vénézuélienne et des groupes armés colombiens. De nombreux morts sont à déplorer. Il est à noter que le Venezuela et la Colombie n’ont plus de relations diplomatiques.

Je lui demande s’il ne serait pas souhaitable que la France manifeste d’une part sa solidarité avec les démocrates colombiens qui se mobilisent contre les assassinats politiques et d’autre part se prononce en faveur de toutes les initiatives utiles pour la paix entre la Colombie et le Venezuel

« Gare du Nord 2024 » – Le désastre doit être évité

Il y a 1 semaine, le 4 mai 2021

Par Pierre Laurent

J’ai attiré l’attention de Mme la ministre de la transition écologique sur le projet « Gare du Nord 2024 »

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La Cour des comptes a publié un rapport sur la gestion des gares par SNCF gares et connexions. Ce rapport rappelle qu’il est « crucial que l’État assume enfin ses responsabilités à l’égard du réseau des gares » et critique le recours aux partenariats privés parce qu’une « grande part de la valeur générée bénéficie aux partenaires privés qui ont contribué au financement ». Le projet « Gare du Nord 2024 » correspond pleinement au type de projets préjudiciables décrit par la Cour des comptes.
En outre, un rapport d’experts estime que ce projet « pose des problèmes majeurs en matière de congestion à l’intérieur et à l’extérieur de la gare, de sécurité des voyageurs, de surdensification du quartier, de programmation commerciale inadaptée, de détérioration des conditions pour les voyageurs du quotidien ». Si certaines avancées ont été obtenues par la maire de Paris la situation est loin d’être satisfaisante, car rien de fondamental n’a changé.
De plus, le coût estimé de l’opération serait en train de gonfler à vue d’œil et atteindrait le double initialement prévu. Il lui demande des renseignements à ce sujet.
Les travaux préliminaires entrepris par la SNCF sur la plateforme des bus et liés à ce projet sont stoppés depuis plus d’une semaine, suite à une démarche de la commission de santé, sécurité et conditions de travail (CSSCT) du comité social d’entreprise en raison des troubles causés par les engins de travaux, menaçant la sécurité des usagers, des personnels et du matériel. Ce projet induit des travaux pharaoniques sur l’axe ferroviaire Paris Nord qui subit déjà une très importante quantité de travaux dont ceux de l’inutile et nuisible Charles-de-Gaulle-express. Il est à noter par ailleurs que le permis de construire modificatif déposé le 4 janvier 2021 n’a pas encore été accordé par le préfet. Quant aux investisseurs, ils s’inquiètent des différents recours judiciaires au sujet de ce projet.
Il faut éviter le désastre et faire en sorte au contraire que la gare du Nord s’intègre dans le quartier et devienne un espace civilisé de mouvement et de rencontre.
C’est pourquoi je lui ai demandé d’agir en faveur de l’arrêt de ce projet et d’un dialogue de tous les acteurs concernés, visant à mettre sur pied un projet s’appuyant sur un financement public en vue de satisfaire l’exigence légitime d’une amélioration de la mobilité, au lieu de s’enferrer dans une logique surannée de mise en place de centres commerciaux consuméristes et énergivores qui ont pour seul objectif de satisfaire quelques intérêts privés au détriment de l’intérêt général.

Violences lors de la manifestation parisienne du 1er mai 2021 – Ces agressions envers ceux qui se mobilisent pour la justice sociale sont inacceptables

Il y a 2 semaines, le 3 mai 2021

Par Pierre Laurent

J’ai attiré l’attention de M. le ministre de l’Intérieur sur les graves violences qui se sont déroulées lors de la manifestation parisienne du 1er mai 2021.

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Les manifestants parisiens ont été victimes de violences dès le début de leur mise en mouvement.

Pendant le parcours, la confédération générale du travail (CGT) et d’autres acteurs concernés estiment avoir fait objet de plusieurs interventions de police totalement injustifiées. Concomitamment un groupe d’individus a fait preuve d’une extrême violence tant physique que verbale à l’encontre de manifestants. Des insultes sexistes, racistes et homophobes ont été proférées. La CGT estime que ces insultes, ces violences et des actes de vandalisme ciblaient particulièrement son organisation.

Le bilan de cette violence est lourd : 21 blessés dont quatre graves.

Ces violences envers ceux qui se mobilisent contre la casse des droits sociaux, pour la défense de l’emploi, des services publics, ainsi qu’en faveur de l’augmentation des salaires et de l’amélioration des conditions de travail, sont inacceptables.

Je lui demande ce qu’il compte faire en vue de mener une enquête à la fois sur les interventions de la police incriminées et sur les conditions, notamment en matière de gestion des forces de l’ordre, qui ont permis les violences évoquées ci-dessus.

Levée de l’embargo sur Cuba et aide d’urgence – Il faut faire preuve de solidarité envers ce peuple et ce pays

Il y a 2 semaines, le 29 avril 2021

Par Pierre Laurent

J’ai attiré l’attention de M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères, sur l’embargo dont est victime Cuba. Cuba fait face depuis bientôt 60 ans à un embargo économique américain aggravé par la précédente administration américaine. Malgré cette situation difficile Cuba a fait preuve d’une solidarité internationale exemplaire, y compris auprès de pays beaucoup […]

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J’ai attiré l’attention de M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères, sur l’embargo dont est victime Cuba.

Cuba fait face depuis bientôt 60 ans à un embargo économique américain aggravé par la précédente administration américaine. Malgré cette situation difficile Cuba a fait preuve d’une solidarité internationale exemplaire, y compris auprès de pays beaucoup plus développés comme la France, en envoyant plus de 1000 médecins et professionnels de santé par le biais des brigades médicales cubaines dans le monde à l’occasion de la lutte contre la pandémie actuelle.

Il est plus que temps de faire preuve également de solidarité envers ce peuple et ce pays qui tant en termes sanitaires qu’éducatifs, malgré des grandes difficultés économiques, a un bilan exemplaire. C’est en ce sens que plusieurs milliers de Cubains ont défilé le 25 avril 2021, dans deux villes du pays mais aussi à l’étranger pour ceux qui y résident. Ils demandent la fin du blocus américain, via une caravane de vélos, motos, voitures et cavaliers.

Je lui ai demandé quels actes la France compte poser en vue d’appuyer ces demandes.

Je lui ai demandé également qu’elle apporte une aide urgente suite à l’appel lancé par le ministère de la santé publique cubain en vue de pouvoir honorer une fourniture de 10 millions de seringues adaptées pour l’injection à sa population du vaccin produit par Cuba contre le coronavirus.

Tribune des généaux dans un hebdomadaire de presse – Une prise de position séditieuse qui ne peut rester sans réponse judiciaire

Il y a 2 semaines, le 27 avril 2021

Par Pierre Laurent

La tribune séditieuse de certains généraux français dans un hebdomadaire de presse d’extrême droite est dangereuse et ne peut rester sans réponse politique, disciplinaire et judiciaire.
J’ai interpellé le Premier Ministre à ce sujet sous forme de question écrite.

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J’ai attiré l’attention de M. le Premier ministre sur une tribune de 20 généraux français à la retraite parue dans un hebdomadaire le 21 avril 2021.

La date du 21 avril n’a pas été choisie au hasard par les auteurs. En effet c’est le 21 avril 1961 qu’a eu lieu le putsch de généraux d’extrême droite, appelé également appelé putsch d’Alger, qui constitue une tentative de coup d’État, fomentée par une partie des militaires de carrière de l’armée française en Algérie, et conduite par quatre généraux cinq étoiles.

Cette tribune contient des propos très graves qui ne peuvent rester sans réaction. Elle constitue une action séditieuse d’une grande dangerosité du fait même qu’elle émane de militaires de haut rang même s’ils sont à la retraite.

Le Gouvernement doit réagir.

Je lui ai demandé quelles mesures le Gouvernement compte prendre face à cette tribune.
Je lui ai demandé s’il compte, en concertation avec le Président de la République et le garde des sceaux, saisir la justice à son sujet.

La nausée

Il y a 3 semaines, le 20 avril 2021

Par Pierre Laurent

C’est ce titre d’un roman de Jean Paul Sartre qui m’est venu à l’esprit en apprenant la décision de 12 clubs européens, parmi les plus riches au monde, de se retrouver entre eux dans une compétition nommée « superleague », indépendante des instances de l’UEFA.

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La motivation n’est pas sportive, ces gens là ne font même pas semblant : il s’agit de générer plus d’argent, plus de droits télé déjà exorbitants, plus de sponsoring. Et par là même, de tenter d’attirer et de concentrer les meilleurs joueurs de la planète sur quelques clubs, en achetant des contrats et en payant des salaires qui ont déjà, aujourd’hui, franchi les limites de la décence.
Comme l’écrit un entraineur argentin bien connu, Marcelo Bielsa, surnommé « El loco » : « le problème fondamental c’est que les riches aspirent toujours à être plus riches, sans tenir compte des conséquences pour les autres ».
Une définition parfaite du capitalisme et du comportement, dans le football comme dans toute la société, de ceux qu’un président de la République a un jour nommé « les premiers de cordée ».
Les autres ? Ce sont ceux « d’en bas », les clubs professionnels petits (il yen a) ou moyens, les clubs amateurs, les bénévoles, les supporters prêts à se saigner aux quatre veines pour voir jouer l’équipe de la ville qu’ils aiment.
Ils en seront réduits à regarder, impuissants, circuler des sommes folles dont ils n’espèrent plus depuis longtemps déjà, le moindre ruissellement.
Les instances européennes du football sont vent debout contre ce projet. Tant mieux.
Des présidents de club, comme Jean-Michel Aulas, y voient l’occasion de se refaire une virginité face à une dérive à laquelle ils ont eux mêmes contribué.
L’UEFA promet des sanctions exemplaires, tout en présentant le même jour une réforme des compétitions européennes qui, dans les faits, obéit à la même logique.
Cette logique, au-delà des sommes d’argent hallucinantes qu’elle génère, est un coup mortel aux valeurs humaines que ce sport, que le sport en général, doit continuer de porter.
Le Liverpool Football Club fait partie de ces clubs qui ont décidé de « faire sécession » : je n’ai pas l’intention de stigmatiser ce club plus que les 11 autres, mais je viens de lire le beau livre de David Peace « Red or dead », « rouge ou mort », retraçant l’ascension de cette équipe dans les années 1960-1970, sous l’impulsion de son entraineur légendaire Bill Shankly, dans cette ville populaire et ouvrière du Nord de l’Angleterre, dans laquelle le Liverpool FC a puisé son identité. David Peace raconte que lors d’un déplacement de son équipe à Manchester, Bill Shankly aperçut sur un trottoir de Liverpool, depuis le bus qui amenait les joueurs, 2 enfants habillés de rouge, pleurant de ne pouvoir se déplacer pour assister au match. Bill fit arrêter le bus, fit monter les enfants auprès des joueurs, après avoir lui même téléphoné à leurs parents en leur promettant de les ramener à leur domicile après la rencontre.
Une autre époque diront certains. Mais les valeurs sportives et humaines n’ont pas d’époque.
Bill Shankly a sa statue devant le stade d’Anfield Road. Ont-ils décidé de la déboulonner ?
Il dépend de notre mobilisation à toutes et tous que l’humanité ne devienne pas une vieille lune, enterrée sous des liasses de billets de banque.
C’est vital et urgent !

Mesures d’urgence pour les sans-abris et service public du logement et de l’habitat – Inverser la tendance actuelle

Il y a 4 semaines, le 19 avril 2021

Par Pierre Laurent

J’ai attiré l’attention de Mme la ministre déléguée auprès de la ministre de la transition écologique, chargée du logement, sur la situation des sans-abri à Paris comme ailleurs, ainsi que sur la nécessité d’établir un service public du logement et de l’habitat. Le nombre de sans-abri à Paris par exemple s’est établi à 2 785 […]

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J’ai attiré l’attention de Mme la ministre déléguée auprès de la ministre de la transition écologique, chargée du logement, sur la situation des sans-abri à Paris comme ailleurs, ainsi que sur la nécessité d’établir un service public du logement et de l’habitat.

Le nombre de sans-abri à Paris par exemple s’est établi à 2 785 personnes, soit 23 % de moins par rapport à 2020, lors du recensement effectué lors de la Nuit de la solidarité. Cette nette baisse est liée aux mesures de l’État et de la ville de Paris face à la crise sanitaire. Si elle a le mérite de souligner, s’il en était besoin, le rôle essentiel de l’État en la matière, elle représente donc une baisse non pas tendancielle mais circonstancielle. Je lui ai demandé par conséquent ce que l’État compte faire dans l’immédiat pour amplifier et pérenniser cette tendance à la baisse.

En effet, des externalités extrêmement positives ont été constatées dans les villes où une telle logique a été menée à grande échelle (programmes « Housing First » notamment), avec des moyens suffisants et un accompagnement pluridisciplinaire adapté. Parmi ces externalités positives il y a une diminution des visites à l’hôpital, une diminution de la criminalité, un moindre recours aux services de protection de l’enfance ainsi qu’une possibilité concrète pour chacune de ces personnes de trouver toute leur place dans la société et sa production de richesses.

Au-delà de la seule situation des sans-abris et des plus pauvres, la crise actuelle rappelle la nécessité de trouver des solutions pérennes en matière de logement pour toute la population et d’établir un service public du logement et de l’habitat à l’instar des logiques mises en œuvre avec la sécurité sociale.

Je lui ai demandé ce qu’elle compte faire en vue d’instaurer un débat national à ce sujet. Par ailleurs, le choix des pouvoirs publics d’accélérer la chute des agréments de logements sociaux au niveau national, au moment où la crise du logement sévit plus que jamais, est alarmant. Ainsi en 2020, seuls 90 000 logements sociaux ont été agréés alors qu’il y en avait 120 000 en 2016 ! Tandis que le nombre de demandeurs de logement social augmente, le nombre de logements produits baisse significativement.

Dans l’immédiat, je lui ai demandé par conséquent ce qu’elle compte faire en vue d’inverser cette tendance.

15 AVRIL 2021 – Avec Fabien Gay, nous intervenons dans notre niche parlementaire pour l’inscription à l’ordre du jour du Sénat du projet de loi de ratification du CETA

Un pacte pour l’espoir en 2022

Il y a 1 mois, le 8 avril 2021

Par Pierre Laurent

La pandémie de la Covid-19 a de terribles conséquences sur nos vies au quotidien. Elle montre combien il est urgent de donner un nouveau sens à la société, à l’humanité tout entière. Tout appelle un grand débat sur les priorités d’avenir et pour des choix politiques radicalement nouveaux qui mettent le bien commun au centre de tout, et non plus le profit, les privilèges et la concurrence, l’austérité. La démocratie doit revire vraiment, dans l’intérêt du plus grand nombre. L’enjeu des élections présidentielle et législatives de 2022 sera donc considérable. Rien n’est écrit si nous nous en mêlons largement.

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Tout est fait aujourd’hui pour nous enfermer dans un duel Macron-Le Pen. La grande majorité des électrices et des électeurs n’en veut pas. C’est un piège et une menace redoutables. D’une manière ou d’une autre, ce serait la voie ouverte à cinq années supplémentaires de tromperies, de politiques inégalitaires, de dégâts sociaux et environnementaux, de fracturations de la société. Cinq années de privilèges pour un capital de plus en plus prédateur, avec l’accession possible au pouvoir de l’extrême-droite. Cinq années de « monarchie présidentielle » qui étouffe le débat et l’action démocratique. Casser la « certitude » de ce duel annoncé, c’est impératif pour reconstruire l’espoir.

Nous voulons donc agir pour qu’émerge une autre voie, une solution d’émancipation humaine, sociale et de progrès écologique à la terrible crise que nous traversons, comme y appellent le courage de nos personnels de santé, le soutien populaire qu’ils reçoivent, et l’ensemble des trésors de solidarité, d’inventivité et d’engagements pour le bien commun qui émanent de notre peuple. Un socle commun est possible, fait d’idées nouvelles, issues des luttes du monde du travail et de la culture, des mouvements sociaux, féministes, écologiques, antiracistes, démocratiques et, parmi elles, d’idées à proprement parler communistes.

C’est à partir de toutes ces énergies, toutes ces idées venues du coeur de la société que nous voulons construire une solution politique nouvelle, jusqu’à rendre possible, par-delà la seule élection présidentielle, les conditions d’une nouvelle majorité politique, d’un gouvernement dans lesquels se reconnaîtraient toutes les forces décidées à s’unir au service des exigences populaires.

Cet objectif semble difficile à atteindre, tant il contredit les réalités politiques les plus apparentes, notamment la situation de la gauche.

Il nous paraît pourtant possible de changer cette situation, à condition que le peuple s’empare directement des débats qui existent dans la société comme entre les forces de gauche et écologistes. Ces débats portent sur les causes de la crise et sur le sens et la portée des changements nécessaires. Ils sont utiles pour réussir le changement. Ils méritent d’être menés au grand jour.

La solution n’émanera pas du dialogue des seules forces politiques. Chacune de ces forces veut aller au combat présidentiel en présentant son projet aux Français. C’est légitime. Pourtant, cela ne saurait déjouer le piège présidentialiste qui nourrit les tentations hégémoniques, les divisions et le désespoir.

L’irruption citoyenne, elle, peut être décisive pour débloquer la situation. Nous voulons proposer un chemin, une méthode qui permette d’écrire une base d’engagements communs pour sortir le pays de la crise.

Par l’intervention directe du maximum de citoyens, de toutes les organisations prêtes à s’impliquer, nous pourrions dégager par le débat et le travail commun un socle d’idées et de propositions suffisamment large et partagé à même de devenir un pacte de législature autour duquel les forces sociales et citoyennes, les forces de gauche et écologistes pourraient s’engager à conduire la politique du pays.

Pour garantir le succès, tout le monde a besoin de tout le monde, et doit s’y mettre, à égalité : citoyens, militants, syndicalistes, maires, élus locaux et régionaux, parlementaires… A partir de la multitude d’engagements, de combats communs, de propositions déjà existantes, nous proposons de mener à bien sur plusieurs mois la rédaction d’ un « pacte pour l’espoir en 2022 ».

Chacune, chacun, avec celles et ceux qui l’entourent, pourront, pour forger ce pacte, constituer dans tout le pays et dans chaque circonscription, des « coopératives d’idées » nourries des luttes en cours et des exigences qui s’expriment. Un comité de rédaction national ouvert et transparent pourrait animer et garantir l’aboutissement de ce travail d’écriture à mille mains et inventer en marchant les démarches démocratiques pour valider ce travail commun et la manière de le porter dans l’élection présidentielle.

L’engagement populaire dans cette initiative en sera une garantie.

Ce pacte d’espoir, versé au débat public, pourra servir de socle pour construire les solutions politiques les plus appropriées en vue de garantir les changements indispensables et des victoires dans les élections présidentielle comme législatives en 2022.

Vincent Bouget
Lydia Samarbakhsh
Pierre Laurent
Nathalie Simonnet