20 ans d’action pour le Val-de-Marne, par Christian Favier

Il y a 6 mois, le 16 décembre 2021

Par Pierre Laurent

Le mot de Pierre Laurent : Le 9 décembre, j’étais à Ivry-sur-Seine où, à l’initiative de Christian Favier plusieurs centaines de personnes étaient réunies pour un temps amical et convivial, pour saluer le travail accompli à la tête du Conseil départemental du Val-de-Marne. Nous étions heureux de partager ce moment autour de cette personnalité communiste si attachante, et dont le mandat a été marqué par une incessante innovation politique.
A cette occasion, Christian Favier a tiré un bilan de l’action de la majorité départementale qu’il a animée. Il m’a semblé utile de porter son intervention à votre connaissance pour les leçons politiques que ce bilan inspire, sur l’utilité des idées communistes lorsqu’elles sont mises en pratique avec esprit de suite et appel à l’intervention citoyenne.

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20 ans d’action pour le Val-de-Marne

Extraits du discours prononcé par Christian Favier à Ivry-sur-Seine, le 9 décembre 2021

 

« […] Dans notre diversité, que j’ai toujours considéré comme une richesse, nous avons tous en commun un attachement très fort aux politiques publiques que nous avons construites ensemble au cours des dernières décennies ; des politiques souvent très innovantes, marquées par une volonté constante d’agir contre les inégalités qui minent notre société.

Le Val-de-Marne n’échappe pas à ces maux mais ici aucune situation ne nous a jamais laissé indifférent. Dès sa création en 1967 avec Gaston Viens, puis à partir de 1976 avec Michel Germa, les majorités de gauche et écologistes qui se sont succédées n’ont eues de cesse de se battre sans relâche pour construire un département solidaire, un département utile au quotidien et portant une forte ambition émancipatrice.

Aucun des grands défis auxquels nous sommes confrontés n’a été négligé. Aucun rêve n’a été censuré. Ce qui a souvent différencié ce Département de bien d’autres, et sans en faire un quelconque modèle c’est le refus permanent de se laisser enfermer dans un carcan bureaucratique dicté par l’État, limitant notre action à des compétences dites obligatoires.

Nous sommes de farouches défenseurs de la pleine souveraineté des collectivités et de leur liberté d’agir en toute circonstance dans quelque domaine que ce soit en lien avec les besoins exprimés par la population. Souvent au nom de la rationalisation des dépenses, les pouvoirs successifs ont tenté de limiter cette liberté d’action par la suppression de leur autonomie financière, par un encadrement budgétaire technocratique, par une tutelle de plus en plus pesante et un désengagement financier à leur égard.

Malgré ce contexte de plus en plus contraint, ici nous n’avons jamais renoncé à agir, à entreprendre, à innover, en recherchant en permanence l’intervention de nos concitoyens.

J’ai eu la grande chance d’accéder à des responsabilités dans le sillage de femmes et d’hommes remarquables qui ont été les pionniers de la construction du Val de Marne.

Comment pourrait-on oublier le rôle visionnaire de Michel Germa en matière environnementale et culturelle ? Des investissements massifs dans la lutte contre les inondations qui ont tant marqué ce territoire ou l’eau occupe une place si importante. Mais aussi l’audace, le défi de mettre l’art contemporain à la portée de tous qui conduiront à l’ouverture du Mac-Val en 2005, premier grand musée contemporain en banlieue. Choix audacieux, courageux qui fut combattu par certains avant d’être aujourd’hui salué.

Tout au long de ces 20 années de présidence, j’ai été fidèle à cet héritage politique fondé sur des valeurs de justice et d’égalité. Mais nous avons été confrontés aussi à de nouveaux défis qu’il à fallu relever en sortant des sentiers battus. Le Val-de-Marne au début des années 2000 sort d’une période très dure marquée par la désindustrialisation, les fermetures en cascade d’entreprises, le développement de friches industrielles sur des terrains bien souvent pollués.

Une forte résistance a marqué notre département avec une mobilisation constante de la majorité départementale au côté des salariés. Ces combats difficiles ont freiné ce rouleau compresseur libéral mais n’ont pas permis hélas d’enrayer cette casse et le risque était grand de voir ce département partir à la dérive.

Conscient des formidables atouts que nous possédions, il a fallu repenser le développement du Val-de-Marne en valorisant son potentiel de santé, son pôle agro-alimentaire avec le MIN de Rungis ou les très grands pôles d’emplois autour d’Orly et de Val-de-Fontenay, son pôle universitaire et de recherche avec les facs de Créteil et du Kremlin-Bicêtre.

A cet égard, je veux saluer le travail mené par le Comité de développement du Val-de-Marne auquel le Conseil général s’est immédiatement associé pour conduire cette réflexion. Je pense à la Vallée Scientifique de la Bièvre ou au redéveloppement de la Seine-Amont.

En se tournant résolument vers l’avenir, nous nous sommes engagés à créer les conditions d’un département agréable à vivre répondant aux besoins de logements, favorisant le développement de l’emploi, un meilleur accueil de la petite enfance et une profonde rénovation des collèges. En un mot : faire reculer les déséquilibres profonds existant dans ce territoire.

Pour y parvenir, nous avons très vite compris qu’une telle ambition devait se construire avec les habitants eux-mêmes. Ce fut le lancement d’une démarche participative inédite (IMAGINE LE VAL-DE-MARNE), faite de rencontres, de consultations multiples avec le recueil de nombreuses propositions. Au final 126 engagements, dont l’exécution fut placée sous le contrôle des citoyens.

Cette séquence d’une vraie consultation encore jamais réalisée à cette échelle a marqué durablement notre département. Elle a permis de créer des liens beaucoup plus étroits avec les communes dans leur diversité comme avec toutes les forces vives du Val-de-Marne. Elle aura ainsi permis de redéfinir un vrai projet pour ce département qui marque encore aujourd’hui son identité.

Je pense aux décisions majeures qui nous ont conduits à mettre en place le remboursement à 50% de la carte Imagine R à tous les jeunes, la création du festival de l’OH, la remise d’un ordinateur portable à chaque collégien, la création de 1 500 places en crèche avec les communes, suivie de 1 000 places nouvelles dans les crèches départementales. Au cœur de ces engagements, je veux souligner la place des politiques de solidarité pour accompagner et soutenir les populations les plus fragilisées par l’exclusion sociale. Ce fut cette belle campagne « ma parole contre l’exclusion » animée par mon ami Alain Desmarest, qui nous a permis de repenser en profondeur notre action sociale au quotidien pour la placer au plus près des citoyens.

Ce département n’a jamais failli dans son engagement aux côtés des plus fragiles, je pense à notre soutien aux réfugiés, au parrainage des enfants sans-papiers, à la régularisation des sans-papiers depuis l’évacuation du squat de Cachan il y a 15 ans, à notre soutien aujourd’hui aux travailleurs de Chronopost, comme à l’hébergement de familles Roms à la gendarmerie de Saint-Maur ou la création du village d’insertion à Orly. Au moment où nous assistons à la montée des idées racistes et xénophobes, je suis fier d’avoir conduit dans ce département des combats solidaires pour l’égalité et la reconnaissance des mêmes droits pour tous. C’est un combat qui me tient à cœur et que j’ai pu prolonger au Sénat avec Laurence Cohen, pour lutter contre les discriminations et les contrôles au faciès.

Cette solidarité s’est également exprimée fortement en direction des familles, des personnes âgées et personnes handicapées. La mise en place de l’APA, de la carte Améthyste, du RSA, de la Maison Départementale des Personnes Handicapées, des espaces d’insertion se sont accompagnés de moments forts, comme les fêtes de solidarité, en lien étroit avec des centaines d’associations, dont le rôle a été mieux reconnu et valorisé.

Mais si deux moments forts ont marqué ces deux dernières décennies c’est bien le rôle pionnier que nous avons joué pour permettre une vraie révolution dans les transports avec la création d’Orbival ; un métro pour la banlieue et notre engagement pour mettre en échec le projet funeste de disparition des départements.

L’aventure Orbival que vous êtes nombreux à avoir vécue, restera dans toutes les mémoires. Conscients de la saturation croissante de la circulation routière et de ses conséquences environnementales et sanitaires catastrophiques nous avons dès 2004 imaginé un métro de banlieue à banlieue évitant le passage contraint par la capitale et bien connecté à toutes les lignes de RER. Ce projet reçut immédiatement le soutien unanime des maires, des acteurs économiques, sociaux, universitaires. Très rapidement une association trans-partisane se constitua et recueillera plus de 60 000 soutiens à travers tout le département.

L’idée séduit également des communes de départements voisins. Il restait à convaincre l’État et la Région d’avoir l’audace d’investir plusieurs dizaines de milliards d’euros pour doubler le réseau de métro d’Ile-de-France. Ce fut un combat passionnant et victorieux fait d’invitations aux ministres successifs de venir sur place découvrir nos propositions, comme la visite de Christian Blanc à Villejuif pour gagner une station de métro au pied de l’IGR, le plus grand pôle européen de lutte contre le cancer, ou les déplacements à Madrid et à Singapour pour s’inspirer de bons exemples réalisés à l’étranger. Je n’oublie pas le grand colloque organisé au pavillon Baltard avec Jacques JP Martin pour promouvoir ce projet.

Cette formidable dynamique mettant en mouvement toutes les forces vives de ce département et les habitants eux-mêmes nous a permis d’obtenir avec le « Grand Paris Express » la réalisation actuellement en cours de ce métro avec exactement le parcours et le nombre de gares que nous revendiquions pour permettre le meilleur maillage de notre territoire.

Cette expérience a montré que lorsque l’intérêt général était en jeu nous étions capables dans ce département de dépasser nos oppositions politiques pour répondre aux besoins de la population. Bien entendu tous les sujets ne sont pas aussi consensuels et nous avons vécu des débats souvent vifs entre la majorité et l’opposition sur le logement par exemple ou la culture, mais je peux en témoigner, toujours dans le respect de chacun.

Cette expérience du Métro et la méthode mise en place pour aboutir nous a beaucoup servi également quand à plusieurs reprises la menace a pesé sur l’existence même du Département. Le sujet n’est pas nouveau, sous prétexte de doublon, Nicolas Sarkozy avait supprimé en 2010 la clause de compétence générale aux départements et voulait fusionner le niveau départemental et régional. La suppression de l’échelon départemental signifiant une centralisation encore plus forte des pouvoirs en éloignant les citoyens des lieux de décision et la disparition d’une assemblée élue.  Débat difficile, qui ne se réduisait pas à un duel gauche/droite. Au sein même de la gauche des visions très différentes s’opposaient. En 2014, le nouveau Premier Ministre du Président Hollande, Manuel Vals, annonce la fin des départements pour 2020 et la division par 2 du nombre de Régions au nom de la réduction de la dépense publique et du prétendu mille-feuilles territorial.

Tout en gardant la cohésion de la majorité départementale, j’ai immédiatement pensé que nous ne pouvions pas laisser disparaître ces assemblées élues, issues de la révolution française et qui faisaient chaque jour la démonstration de leur utilité pour nos concitoyens. Là encore pour permettre d’apporter des éléments précis au débat, j’ai proposé d’organiser une très vaste consultation de la population et la mise en place d’une mission d’évaluation pluraliste sur les conséquences de la disparition du Val-de-Marne avec un rapporteur issu de l’opposition.

Pendant plusieurs mois nous avons auditionné les principaux acteurs de la vie départementale : organisations syndicales, grandes associations culturelles, sportives, caritatives, Président des départements de petite couronne, Président de la Région… Au final, cette réforme territoriale sera mise en échec.

Quelques temps plus tard le nouveau Président de la République a tenté également de remettre en cause les départements, notamment ceux inclus dans une Métropole. Là encore, la mobilisation fut très large, sous le thème « le Val-de-Marne j’y tiens » des milliers de nos concitoyens ont exprimé par voie de pétitions ou de manifestations, le refus de cette disparition. Ce mouvement a permis de renforcer les liens entre les départements d’Ile-de-France et de mettre en place un fonds d’investissement solidaire de 150 millions permettant de créer un début de solidarité financière.

Aujourd’hui, la place prise par le Département dans la lutte contre la pandémie face à un État défaillant a conduit le gouvernement à renoncer à cette disparition. Mais la vigilance reste nécessaire.

L’étendue des actions engagées depuis 20 ans ne me permet pas de les évoquer toutes, mais je manquerais à mes responsabilités si je n’évoquais pas quelques sujets de première importance.

Parmi nos responsabilités la protection de l’enfance occupe une place particulière. Mal connue du grand public, l’action de la collectivité n’en est pas moins essentielle. Des milliers d’enfants nous sont confiés par décision de justice. Des efforts considérables ont été entrepris pour améliorer leur accueil, leur soutien en transformant les foyers, en créant les conditions de leur émancipation. Nous touchons là au plus sensible de la condition humaine. Parmi eux, se trouvent les mineurs isolés étrangers dont la situation est encore plus précaire. Là aussi, je suis fier du travail accompli par nos services et nos élus pour rejeter tout comportement discriminatoire à leur égard et être fidèle à la Convention Internationale des droits de l’enfant. Merci à Isabelle Santiago qui poursuit ce combat à l’Assemblée et à Hélène de Comarmond qui l’avait remplacé dans sa délégation.

Dans le même esprit, fidèle à nos valeurs humanistes, nous avons pris toute notre place dans le combat contre les violences faites aux femmes, sous l’impulsion de Fatiha Aggoune nous avons réussi à ouvrir une structure d’accueil d’urgence dans le Val de Marne et j’espère bien qu’une autre structure ouvrira à l’avenir, comme nous l’avions proposé.

L’évolution de notre Région sous l’effet de la crise sociale, urbaine, environnementale nourrie bien des angoisses. Si nous pouvons nous satisfaire de progrès réalisés dans bien des domaines, le logement reste un point noir. Les envolées spéculatives dans notre Métropole, le refus égoïste d’élus locaux de construire des logements adaptés aux ressources des demandeurs, l’étranglement financier des bailleurs sociaux nous mènent tout droit à la catastrophe.

Dans ce département, nous avons tout fait pour enrayer cette spirale du déclin par un soutien sans faille à notre bailleur social Valophis et à tous les bailleurs pour la construction d’une offre nouvelle comme pour les réhabilitations. Merci à Abraham Johnson qui a présidé Valophis ces dernières années. J’espère sincèrement que toutes ces avancées ne seront pas remises en cause. Mais je ne vous cache pas mon inquiétude.

Au titre des avancées marquantes, je soulignerai la très forte ambition que nous avons portée dans le domaine éducatif avec un nombre considérable de collèges construits, reconstruits ou réhabilités, dont les deux derniers à Vitry et Valenton portent les noms si symboliques de Maurice et Josette Audin et de Samuel Paty. Merci à Evelyne Rabardel, 1ère Vice-Présidente pour son investissement exemplaire.

Une approche nouvelle du monde de l’entreprise a parfois surpris et marqué cette période, venant d’un Président communiste. Le Val de Marne a besoin d’entreprises performantes et innovantes. Dès 2001 j’ai tenu avec Laurent Garnier, Pascal Savoldelli et Didier Guillaume à créer des outils nouveaux pour favoriser leur développement, comme l’Agence départementale du développement ou la Cité des métiers. Des liens solides se sont créés et je remercie tous les chefs d’entreprises qui nous ont permis de développer une offre plus importante d’insertion professionnelle en direction des jeunes.

Enfin un immense défi reste à relever. La lutte contre la crise climatique et les enjeux environnementaux ont pris une dimension nouvelle dans notre département. Si nous pouvons nous féliciter d’avoir su très tôt préserver d’immenses espaces de respiration avec les parcs départementaux, avec la création d’Espaces Naturels Sensibles, avec la préservation des iles de la Marne ou la réouverture de la Bièvre nous avons besoin à l’avenir de repenser complètement et durablement l’aménagement du territoire pour préserver au maximum la nature existante et lutter contre l’artificialisation des sols. Pour cela il faudra être capable de résister à la pression immobilière. Je suis convaincu que les Val-de-Marnais sauront se rassembler pour préserver un département respirable.

 

Pour moi, une page se tourne. J’ai aimé ce département avec passion. Que de belles rencontres, enthousiasmantes avec des collégiens, des chercheurs, des artistes, des salariés en lutte, des simples citoyens.

Ce département, qu’un Préfet m’avait décrit comme l’arrière cours de la Capitale a gagné aujourd’hui une identité. Il est porteur d’un très bel avenir à l’image de ses champions sportifs qui ont tant brillé aux derniers jeux olympiques.

Si nous pouvons regarder sans rougir ces années d’engagement c’est grâce à une majorité unie où j’ai toujours veillé que les processus décisionnels offrent à chacun sa place dans le respect et la cordialité. Merci à tous mes collègues de gauche et écologistes qui ont su en toute circonstance garder leur unité.

Permettez-moi de saluer chaleureusement les trois présidents du groupe de notre dernier mandat. Pascal Savoldelli pour le groupe communiste, insoumis et citoyen, Hélène de Comarmond pour le groupe socialiste et républicain, Christian Métairie pour le groupe écologiste.

Je veux aussi saluer les maires du Val de Marne, et tout particulièrement les maires de gauche ici présents avec qui nous avons su unir nos efforts pour défendre les services publics de proximité. Mais tout ce travail n’aurait pas été possible sans un grand service public départemental compétent, efficace et réactif : près de 8 000 agents au service des Val-de-Marnais avec lesquels un dialogue permanent a été établi.

[…] Encore merci à tous, et longue vie au Val-de-Marne que nous aimons ! »

 

Christian Favier, Président honoraire du Conseil départemental du Val-de-Marne

Lever les sanctions qui contribuent à la détérioration des conditions de vie du peuple malien

Il y a 8 heures, le 27 juin 2022

Par Pierre Laurent

Les sanctions envers le Mali interviennent dans un pays déstabilisé depuis près de 10 ans, conséquence notamment de la guerre otanienne contre la Libye. Elles ont été imposées sous la pression de puissances étrangères, dont la France. Elles sont inacceptables en ces temps de crises sanitaire, économique, sociale, climatique et de guerre qui frappent tous les continents, particulièrement l’Afrique. Elles doivent être annulées. C’est le sens de ma question écrite adressée à la Ministre des affaires étrangères.

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J’ai attiré l’attention de Mme la ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur l’embargo et les sanctions économiques et financières imposées depuis des mois au peuple malien par la communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union européenne (UE).

Ces mesures drastiques interviennent alors que le Mali est un pays continental, dont l’approvisionnement en produits de première nécessité dépend fortement des échanges commerciaux avec ses voisins, en particulier la Côte d’Ivoire et le Sénégal. Aujourd’hui, ces sanctions contribuent largement à la détérioration des conditions de vie du peuple malien et de la population rurale en particulier, dont 80 % sont des travailleurs du monde agricole. Certaines populations des pays limitrophes sont également impactées négativement.

Cette situation, imposée en dehors des règles du droit international, vient s’ajouter aux tensions existantes avec les bandes armées djihadistes et à l’insécurité dans le pays. Il est d’ailleurs à noter que la Cour de justice de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a ordonné le 9 janvier 2022 la suspension des sanctions économiques imposées au Mali par les chefs d’États et de gouvernements de l’UEMOA.

Il est également à noter qu’avec le conflit en Ukraine, les prix du blé flambent, comme ceux des céréales de substitution, notamment le riz. Il serait d’autant plus cruel dans ce contexte que l’embargo et les sanctions soient maintenus. Nombre d’acteurs du monde syndical, associatif et politique du Mali et d’ailleurs demandent à ce que soient levés cet embargo et ces sanctions financières et économiques, qu’elles soient françaises, européennes ou ouest-africaines. Ils demandent également que cesse toute politique d’ingérence auprès des pays membres de la CEDEAO. Ces demandes urgentes concourraient à garantir rapidement la sécurité alimentaire du Mali.

J’ai donc demandé à la Ministre les initiatives que la France comptait prendre aux niveaux national, européen et international pour aller en ce sens.

 

Question écrite n°28470 : https://senateurscrce.fr/activite-des-senateurs/les-questions-au-gouvernement/les-questions-ecrites/article/lever-les-sanctions-qui-contribuent-a-la-deterioration-des-conditions-de-vie-du

Déclaration des parlementaires à la première réunion des États parties du Traité sur l’interdiction des Armes nucléaires (TIAN)

Il y a 5 jours, le 22 juin 2022

Par Pierre Laurent

Lundi 21 juin, à la veille de la première réunion des États parties du Traité sur l’interdiction des Armes nucléaires (TIAN), des dizaines de parlementaires du monde entier se sont réunis à Vienne pour échanger sur les moyens d’aboutir à un monde libéré des armes nucléaires. Nous avons adopté cette déclaration, présentant les actions que nous nous proposons de mener dans nos pays respectifs, au service du désarmement nucléaire.

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Déclaration des parlementaires à la première réunion des États parties du Traité sur l’interdiction des Armes nucléaires (TIAN)

 

« En tant que parlementaires, déterminés à débarrasser le monde du fléau des armes nucléaires, nous sommes honorés de prendre la parole à l’occasion de cette première réunion des États parties au TIAN, qui marque une étape historique dans notre progression vers un monde exempt de ces armes. Nous sommes heureux de nous exprimer aux côtés des gouvernements, des organisations et des représentants de la société civile qui ont travaillé avec tant de détermination et de persévérance pour en arriver là, et avec lesquels nous avons eu le privilège de collaborer.

En tant que législateurs, nous exprimons notre profonde satisfaction du fait qu’avec l’entrée en vigueur du Traité en janvier 2021, les armes nucléaires sont désormais totalement interdites par le droit international. Le TIAN complète le régime juridique international interdisant les armes de destruction massive, ouvrant la voie à l’élimination totale de ces armes dans le monde entier. Nous sommes fiers du rôle que nous avons joué pour contribuer à l’entrée en vigueur de ce traité nécessaire et urgent, en travaillant à persuader les gouvernements de son importance et en soutenant les processus de ratification.

En tant que représentants du peuple, nous réaffirmons notre détermination à faire en sorte que les citoyens de nos nations – et de chaque nation – ne connaissent jamais les conséquences humanitaires catastrophiques de l’utilisation d’armes nucléaires. Nous restons douloureusement conscients qu’il ne peut y avoir de réponse adéquate à la détonation d’une arme nucléaire. Tant que ces armes existent, nous vivons tous avec un risque intolérable et effroyable. Nous soutenons une attention renouvelée sur les impacts sexués et racialisés des armes nucléaires. Avec le changement climatique, les armes nucléaires constituent une menace existentielle pour l’Humanité, menaçant de détruire le tissu social de nos sociétés.

Malgré les engagements répétés et les promesses de désarmement des États dotés d’armes nucléaires, plus de 12 000 armes nucléaires subsistent. Des sommes immenses sont dépensées pour les moderniser et les améliorer. Et les risques augmentent : les récentes menaces de la Russie d’utiliser des armes nucléaires ont accru les tensions, réduit le seuil d’utilisation des armes nucléaires et considérablement augmenté le risque de conflit nucléaire et de catastrophe mondiale. Nous sommes très préoccupés par la tendance croissante à légitimer la dissuasion et le partage des armes nucléaires en tant que mesures de sécurité.

Nous décidons donc de redoubler d’efforts pour accroître le nombre d’adhésions à ce traité et pour soutenir sa mise en œuvre. En reconnaissance des efforts de nos collègues qui ont contribué à convaincre leurs gouvernements d’assister à cette première réunion des États parties, nous nous emploierons à renforcer le soutien des parlementaires au Traité, à persuader nos gouvernements d’y adhérer, à créer des conditions propices au désarmement et à accélérer les processus de ratification.

Nous soulignerons le rôle du TIAN pour compléter et renforcer le Traité de non-prolifération nucléaire, et nous continuerons à soutenir toutes les mesures contribuant au désarmement, à la non-prolifération nucléaires et réduisant les risques nucléaires. Nous engagerons un dialogue constructif avec les décideurs politiques des États dotés d’armes nucléaires et de leurs alliés, dans le but de renforcer la sécurité internationale et de progresser vers notre objectif commun d’un monde exempt d’armes nucléaires.

Nous nous efforcerons d’allouer les ressources nécessaires pour que les dispositions du présent traité soient pleinement appliquées. Nous tirerons pleinement parti des connaissances, des compétences, de l’expertise et de l’énergie réunies à cette Assemblée des États parties, et nous invitons les États parties, les signataires, les organisations internationales et la société civile à travailler en étroite collaboration avec nous. Nous appelons nos collègues parlementaires du monde entier à signer l’engagement parlementaire d’ICAN et à nous rejoindre dans notre mission vitale.

De nombreux défis nous attendent, mais nous sommes confiants : nous avons interdit les armes nucléaires et nous les éliminerons. »

 

Texte adopté par des parlementaires des nations suivantes : Allemagne, Autriche, Belgique, Canada, Espagne, France, Irlande, Islande, Italie, Japon, Norvège, Royaume-Uni et Écosse, Suède, Suisse.

L’urgence du désarmement nucléaire mondial – par Pierre Laurent

Il y a 6 jours, le 21 juin 2022

Par Pierre Laurent

Lundi 20 juin 2022, j’ai eu la chance de me rendre à Vienne en Autriche, pour participer à la conférence parlementaire sur le Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN). Aux côtés de dizaines de parlementaires du monde entier, j’y suis intervenu pour porter l’urgence d’une ratification de ce traité par le plus grand nombre d’États, dont la France.

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L’urgence du désarmement nucléaire mondial

 

Mesdames, Messieurs, Chers collègues,

Comme parlementaire venu de France, une des grandes puissances détenant le feu nucléaire, comme vice-président du Sénat français et membre du groupe Communiste, Républicain, Citoyen et Écologiste (CRCE), c’est un grand honneur pour moi de m’exprimer devant vous.

Assurément, les peuples du monde ont aujourd’hui à écrire un nouveau chapitre du grand combat pour la paix. Si nous pouvons y contribuer ici, alors nous aurons accompli notre devoir.

En effet, les menaces qui pèsent sur notre sécurité collective n’ont jamais été aussi nombreuses. Crises économiques et alimentaires, sécheresses et dérèglement climatique, montée d’extrémismes haineux et xénophobes, surarmement… Les facteurs de déclenchement des conflits se multiplient, et les guerres, loin de les résoudre, participent à en aggraver chacun des maux. C’est à résoudre les causes profondes de ces conflits que nous devrions consacrer toutes les énergies humaines, et le monde fait aujourd’hui le contraire en renforçant la militarisation des relations internationales.

Face à la montée des périls, face aux exigences sociales et écologiques, plutôt que la construction d’une sécurité humaine globale construite sur la résolution pacifique et négociée des grands défis de notre époque et des sources de conflits,  trop  d’États répondent par le surarmement massif et incontrôlé. Partout en Europe, les dépenses militaires explosent. En France, le président Macron prétend vouloir faire basculer notre industrie dans l’économie de guerre.

Dans ce contexte les armes de destruction massive, au premier rang desquelles les armes nucléaires, rendent la situation mondiale plus dangereuse que jamais. Parce que nécessairement dédiées à la conduite d’une guerre totale, ces armes font courir un danger d’extinction à toute l’Humanité.

Depuis l’agression de la Russie contre l’Ukraine, la menace de déclenchement d’un conflit nucléaire est dangereusement banalisée. Vladimir Poutine en brandit désormais la menace, et les puissances rivales de l’OTAN répondent par l’escalade du surarmement. Cette situation montre combien la rhétorique de la « dissuasion nucléaire » est aujourd’hui aussi folle que désuète. Tant qu’existeront les arsenaux nucléaires,  la tentation de les utiliser existera, et la menace d’un péril mortel planera sur nos têtes.

C’est pourquoi l’absence du gouvernement français lors de cette première réunion des États parties du TIAN est incompréhensible et regrettable. Il y a quelques jours avec plus 50 parlementaires français, représentant un large arc de forces politiques, nous avons appelé de nouveau Emmanuel Macron à engager la participation de la France comme État observateur lors de la première réunion du TIAN.

Cet appel n’a malheureusement pas reçu de réponse favorable de la part du Président, mais nous ne baissons pas les bras. Bien au contraire, le résultat des élections législatives le 19 juin confirme qu’Emmanuel Macron n’a pas de majorité législative pour sa politique, et dans la principale opposition, la nouvelle Union populaire écologique et sociale, très nombreux seront les parlementaires à rejoindre notre combat. Avec les mobilisations populaires sans lesquelles rien ne sera possible, nous aurons plus de force aujourd’hui pour faire basculer la France dans le camp du désarmement.

Les parlementaires communistes de France, à l’Assemblée nationale et au Sénat, resteront donc pleinement engagés. Nous mettrons tout en œuvre en France, en métropole comme en outre-mer, pour engager le plan d’action que nous allons adopter, jusqu’à gagner le désarmement nucléaire mondial. Ce sera un combat difficile, long mais nous gagnerons.

 

Pour tout savoir sur la campagne ICAN : www.icanfrance.org

Pour l’indépendance du Sahara occidental

Il y a 3 semaines, le 8 juin 2022

Par Pierre Laurent

Depuis 1976, le Maroc occupe illégalement 80% du territoire de la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD). Aucun Etat n’a entériné véritablement cette colonisation. La RASD est même reconnue par 84 pays, ainsi que par l’Union Africaine.

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Cette occupation a entraîné pendant plusieurs années de violents affrontements militaires. À la fin des années 1980 le Front Polisario, représentant reconnu du peuple sahraoui, a accepté un cessez-le-feu pour permettre l’établissement de la Mission des Nations unies pour le référendum au Sahara occidental (Minurso). Depuis, le Maroc ne cesse de refuser toute résolution politique et juridique du conflit. Le roi Mohammed VI a encore récemment déclaré que « rien n’était négociable ».

Le droit international et les résolutions de l’ONU sont pourtant sans ambiguïté : il n’existe aucun lien de souveraineté territoriale entre le Maroc et le Sahara occidental. Le peuple sahraoui a un statut séparé et distinct du Maroc. Inscrit sur la liste des territoires à décoloniser de l’ONU, il est titulaire du droit à l’autodétermination, par la voie du référendum.

Le Front Polisario n’a pas ménagé ses efforts, en acceptant de nombreuses solutions de compromis, ainsi qu’en donnant des garanties au Maroc dans le cas où le référendum aboutirait à l’indépendance. Rabat a balayé d’un revers de main ces propositions, portant l’entière responsabilité de l’échec du processus de paix.

À la suite de la brutale intervention de l’armée marocaine au poste de frontière de Guerguerat, le 13 novembre 2021, le cessez-le-feu a volé en éclats après 30 ans d’attente de l’organisation du référendum d’autodétermination, provoquant un retour à la case départ.

Les gouvernements français portent une lourde responsabilité dans cette situation. Avec l’Espagne et les Etats-Unis, la France s’oppose à l’organisation du référendum. Elle a même brandi la menace d’utiliser son droit de veto au Conseil de sécurité de l’ONU. Cela encourage l’intransigeance du Maroc, permet la répression impitoyable des sahraouis et le pillage de leurs richesses tout en exacerbant l’instabilité régionale.

Les violations des droits humains sont une constante de l’occupation marocaine dans les territoires sahraouis occupés. Elles se sont même renforcées avec la reprise des hostilités. Cette escalade inquiétante frappe les activités des défenseurs des droits humains, leurs associations, syndicats, les militants sahraouis, ainsi que les familles de prisonniers qui subissent les violences des forces de sécurité, d’agents en civil et de groupes para-policiers, dans une atmosphère de militarisation accrue.

À l’échelle de l’UE, la France agit en meneur de tout ce qui vise à contourner les différentes décisions de la Cour européenne de justice qui a annulé, en septembre 2021, plusieurs accords de partenariat entre le Maroc et l’UE, qui accordaient des préférences tarifaires aux produits issus des territoires sahraouis occupés.

Oui, nous devons sortir du « deux poids, deux mesures » dans les relations internationales. L’application du droit international ne peut pas être à géométrie variable, en fonction des supposés « intérêts de la France ».

Oui, la France doit cesser de soutenir inconditionnellement le Maroc, pour revenir à une politique de neutralité et d’équilibre visant au respect absolu du droit international afin de trouver une issue pacifique au conflit. Il appartient au peuple sahraoui et à lui seul de déterminer son avenir.

Pierre Laurent
Sénateur (PCF) de Paris
Vice-président de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées du Sénat

Rapport sur les dépenses de l’UE pour le climat : quelles initiatives pour remédier aux manquements dénoncés ?

Il y a 3 semaines, le 7 juin 2022

Par Pierre Laurent

M. Pierre Laurent attire l’attention de Mme la ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur le rapport publié le 30 mai 2022 de la Cour des comptes européenne (CCE) portant sur les dépenses de l’Union européenne (UE) pour le climat de 2014 à 2020. La CCE estime que les dépenses climatiques correspondantes étaient plus […]

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M. Pierre Laurent attire l’attention de Mme la ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur le rapport publié le 30 mai 2022 de la Cour des comptes européenne (CCE) portant sur les dépenses de l’Union européenne (UE) pour le climat de 2014 à 2020.

La CCE estime que les dépenses climatiques correspondantes étaient plus susceptibles de représenter environ 13 % du budget de l’UE, soit 144 milliards d’euros, plutôt que les 20 % déclarés. Elle estime également que la méthodologie de suivi des dépenses climatiques ne prend en compte que l’impact positif potentiel sur le climat et ne suit pas les impacts négatifs potentiels des mesures qui servent d’autres objectifs de l’UE.

Le rapport de la CCE stipule également que c’est dans la politique agricole que les dépenses climatiques sont le plus surestimées, de près de 60 milliards d’euros. Citant, comme un des exemples en la matière, l’agriculture biologique, elle déclare que les chiffres de la Commission ignorent les inconvénients potentiels tels que la baisse de la productivité agricole et l’augmentation des importations de céréales en provenance de pays dont les règles environnementales sont moins strictes.

La CCE s’est inquiétée, en outre, de la fiabilité des rapports sur le climat pour la période actuelle, affirmant que la plupart des problèmes identifiés pour la période 2014-2020 subsistent. Elle s’en inquiète d’autant plus que, dans le budget actuel, l’UE s’est engagée à consacrer au moins 30 % de son budget à l’action climatique, un objectif qui passe à 37 % lorsqu’il s’agit du fonds de relance de l’UE de 800 milliards d’euros résultant de la crise de la Covid-19, adopté en 2020

La CCE formule de nombreuses recommandations parmi lesquelles figurent celles qui traitent de la politique agricole commune (PAC), qui représente environ 40 % de l’ensemble des dépenses de l’UE. Par conséquent, il lui demande ce que la France compte prendre comme initiatives au niveau national et européen pour remédier aux manquements dénoncés par ce rapport, rattraper le retard et remplir les objectifs futurs.

 

Suppression du corps diplomatique : renoncer à une mesure décidée loin de tout débat démocratique

Il y a 3 semaines, le 3 juin 2022

Par Pierre Laurent

J’ai attiré l’attention de Mme la ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur la suppression du corps diplomatique prévue le 1er janvier 2023. Le décret qui institue cette suppression de la diplomatie de métier, aurait un effet néfaste sur l’action de la France dans le monde selon de très nombreux acteurs, dont les actuels […]

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J’ai attiré l’attention de Mme la ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur la suppression du corps diplomatique prévue le 1er janvier 2023.

Le décret qui institue cette suppression de la diplomatie de métier, aurait un effet néfaste sur l’action de la France dans le monde selon de très nombreux acteurs, dont les actuels fonctionnaires du quai d’Orsay qui mènent un mouvement social à son encontre.

Ce déclassement de la diplomatie française prolonge malheureusement la logique en cours depuis de nombreuses années avec la diminution des moyens mis à la disposition de celle-ci alors que parallèlement les budgets militaires augmentent sans cesse. Elle est l’un des derniers symptômes d’une politique étrangère française à la dérive depuis des années et qu’il faut revoir de toute urgence de la cave au grenier.

L’un des premiers pas dans cette direction serait de renoncer à cette suppression du corps diplomatique décidée loin de tout débat démocratique.

 

Question écrite n°28189 : https://senateurscrce.fr/activite-des-senateurs/les-questions-au-gouvernement/les-questions-ecrites/article/renoncer-a-une-mesure-decidee-loin-de-tout-debat-democratique

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