#SANTÉ

20 mai : Journée mondiale des abeilles

Il y a 4 mois, le 20 mai 2020

Par Pierre Laurent

Sans les insectes pollinisateurs, la plupart de nos fruits et légumes ne pourraient pas être cultivés. 80% des espèces végétales et 84 % des espèces cultivées en Europe dépendent directement de la pollinisation.

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Les pollinisateurs ont un taux d’extinction qui est aujourd’hui de 100 à 1000 fois plus élevé que la normale. Environ 35 % des pollinisateurs invertébrés, en particulier les abeilles et les papillons, et environ 17 % des pollinisateurs vertébrés, tels que les chauves-souris, sont aujourd’hui menacés d’extinction.

Si cette tendance se poursuit, les cultures nutritives telles que les fruits, les noix et autres légumes se verront remplacées par des cultures vivrières comme le riz, le maïs et les pommes de terre, favorisant ainsi des régimes alimentaires déséquilibrés.

Les pratiques agricoles intensives, la monoculture, le recours aux pesticides, les effets des changements climatiques (comme la hausse des températures, la multiplication des sécheresses, les inondations et les perturbations des saisons de floraison), le changement d’affectation des terres, figurent parmi les principales menaces pesant sur les abeilles et les autres pollinisateurs

Les Nations Unies ont créé cette journée mondiale des abeilles pour attirer l’attention sur l’effondrement des populations d’abeilles ! Nous pouvons agir concrètement en offrant aux pollinisateurs des espaces de fleurs source de biodiversité.

Aujourd’hui, on fait le Buzzz pour les abeilles.
On s’engage pour la préservation de la biodiversité !

Ce déconfinement est organisé dans une grande confusion

Mais le gouvernement persiste et n’envisage pas de changer de méthode.
Mon intervention  lors de l’examen du projet de loi prorogeant l’état d’urgence sanitaire de lundi 3 mai

Des instants de vérité

Il y a 5 mois, le 5 mai 2020

Par Pierre Laurent

Puisqu’on parle de vérité, le 1er mai fut celui où un secrétaire d’Etat, dont l’histoire ne retiendra pas le nom, a osé dire « que les conditions dans lesquelles les Français pourront prendre des vacances dépendront de leurs efforts ».

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Cette phrase sent trop le mépris de classe d’un représentant politique d’un patronat qui, à aucun moment de son histoire, n’a accepté des droits nouveaux pour les travailleurs, que ce soit la durée du travail, journalier ou hebdomadaire, les congés payés, les créations solidaires comme celle de la sécurité sociale…

Elle révèle trop leur désir de poursuivre ce que Marx appelait déjà les « eaux glacés du calcul égoïste », de « profiter » de ce drame collectif pour accélérer les fractures libérales : droits des travailleurs réduits au nom de l’ « union sacrée », aggravation des conditions de travail, au nom d’une relance économique dont les salarié·e·s de ce pays seraient les premiers sacrifié·e·s.

Les Français·e·s, confiné·e·s depuis le 17 mars, sont dans l’effort et dans la solidarité. Ils sont dans le commun partagé.

Les vacances, au-delà des conditions sanitaires dans lesquelles elles pourront se tenir, ne dépendent pas de leurs efforts. Elles sont un droit, dont beaucoup d’entre elles et eux, qui souffrent aujourd’hui, sont déjà trop souvent privé·e·s, même dans les périodes où le Covid-19 ne sévit pas.

C’est aussi cela qui s’est exprimé en ce magnifique 1er mai.

J’ai l’intuition que des vérités sont en train de sortir du puits dans lequel certains ont voulu les enfouir depuis des décennies.

La bataille idéologique pour les rendre à la lumière sera intense. Chacun·e devra en être acteur·rice.
Mais nous changeons d’époque. J’ai confiance.
Le 1er mai 2020 renforce cette confiance.

Il y a 6 mois, le 8 avril 2020

Par Pierre Laurent

Quand la pandémie a frappé notre pays, médecins et personnels soignants vous alertaient depuis des années. Vous refusiez de les écouter.
Quand, après notre tour de France des hôpitaux, nous avons déposé un projet de loi d’urgence. Vous avez refusé de nous écouter.

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Monsieur le Président,
Monsieur le ministre,
Mes chers collègues,

Fin 2919, vous avez fait voter un PLFSS tellement insuffisant, qu’hier le bureau de la commission des affaires sociales du Sénat a soutenu unanimement la demande d’un PLFSS rectificatif.

Aujourd’hui, médecins et personnels se donnent corps et âmes, admirables, pour sauver des vies. Tout le pays les soutient. Mais ils ont la rage au coeur. Le dévouement n’a pas effacé la colère, Monsieur le ministre, soyez en sûr.

Aujourd’hui, vos mots changent. Vous dîtes « rien ne sera plus comme avant ». Le président de la République a déclaré que « la santé gratuite est un bien précieux », qu’  « il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché », qu’ «  un plan d’investissement massif devra être conduit pour l’hôpital public ».

Que vont devenir ces mots, Monsieur le ministre?

Nous apprenons avec stupéfaction par Mediapart qu’une note d’experts de la Caisse des dépôts commandée par l’Elysée prévoit au contraire d’aggraver la marchandisation de la santé et de l’hôpital? C’est hallucinant , alors que dans le pays les balcons non seulement applaudissent mais maintenant se couvrent de banderoles, pour demander comme le dit une pétition qui a recueilli 100.000 signatures en quelques jours, « de l’argent pour l’hôpital pas pour le capital ».

Monsieur le ministre, j’ai deux questions :

– Pouvez-vous démentir que l’orientation prônée par la note de la CDC soit envisagée ?

– Et deuxièmement, comment va être travaillé le futur plan pour l’hôpital et la stratégie de santé publique ? Par qui ? Par quel processus transparent ? Avec quels nouveaux choix budgétaires

En clair, quelle élaboration démocratique allez-vous mettre en place dans le pays et au Parlement pour rien ne soit plus comme avant ? A commencer par votre méthode de gouvernement.

Je vous le redis, si les mots restent une nouvelle fois lettre morte, la colère sera immense.

Le roi est nu

Il y a 6 mois, le 7 avril 2020

Par Pierre Laurent

« Mais il est nu ! » s’exclama ce petit garçon du conte d’Andersen au passage du cortège royal… La dramatique épidémie du Covid-19 met en effet notre société à nue, révèle les failles et les fractures d’une mondialisation néolibérale qui a pour seule boussole la réduction des dépenses publiques et les profits des actionnaires.

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Plus encore, elle révèle les failles et les fractures du discours politique qui, des décennies durant, a accompagné, justifié, mis en œuvre des logiques qui aujourd’hui se retournent violemment contre l’humanité elle même.

Mais la nature n’aime ni le vide ni le silence… Alors, reste le mensonge auquel on cherche à donner les apparences de la vérité.

« Aucun système de santé au monde n’était préparé à affronter une telle pandémie » nous expliquait, il y a quelques jours, le premier ministre, évacuant ainsi ses propres responsabilités et celles de ses prédécesseurs, négligeant de rappeler que les logiques de compression et de casse des systèmes de santé furent mises en œuvre, malgré la résistance des peuples, dans la plupart des pays de la planète.

Quant au président lui même, il n’est pas en reste pour tenter de s’habiller d’illusions… Et d’annoncer, à Mulhouse, que des services essentiels devront, à l’avenir, être placés en dehors des logiques de marché… Et de surenchérir sur l’hôpital, en sortant de sa manche « un plan massif d’investissement pour l’hôpital » accompagné « d’une revalorisation de toutes les carrières« .

Belles paroles, Monsieur le Président, quand un article de Médiapart révèle qu’une note rédigée, à votre propre demande, par deux hauts fonctionnaires de la Caisse des Dépôts préconise de poursuivre le processus de privatisation rampante de nos hôpitaux publics !

Belles paroles, Monsieur le Président, quand vient d’être annoncée, dans cette région Grand-Est si durement éprouvée, la fermeture de 600 postes à l’Hôpital de Nancy !

Quelles sont vos intentions Monsieur le Président ? Comment devons-nous interpréter les mots du ministre de la santé qui, ce matin, dans l’émission de Jean-Jacques Bourdin, visiblement chargé du service après vente de vos déclarations, esquivait la question, parlant de « suspension » de tout programme de restructuration dans les hôpitaux, renvoyant cela à l’ « après » ?

Non, c’est maintenant qu’il faut répondre.

Je vous ai écrit en ce sens dans une lettre que je viens de rendre publique : j’exige une réponse, vous la devez aux Français.

Vous la devez sur l’hôpital et sur l’avenir de tout le système de santé, vous la devez sur les relocalisations de nos productions que vous avez annoncées à Mulhouse, après avoir accompagné, à chaque instant de votre mandat, leurs délocalisations, à commencer par les masques sanitaires dont vous nous dites aujourd’hui qu’ils sont nécessaires après avoir fait dire des semaines durant qu’ils ne servaient à rien !

Vous la devez aux salarié·e·s dont vous avez permis qu’ils soient contraints de travailler 60 heures par semaine, livrant leurs congés payés au bon désir du patronat.

Vous la devez à nous toutes et tous, sur la facture de la crise économique qui résulte de la crise sanitaire. Qui va payer ? Rétablirez-vous l’impôt sur la fortune que vous avez supprimé ?

Nous ne vous laisserons pas vous abriter derrière ces appels à l’union sacrée, en traitant d’irresponsables les voix qui contestent, en renvoyant les leçons à tirer à plus tard…

Tombez le masque, Monsieur le Président, sortez de ces discours  qui ne s’assument plus, qui se réfugient derrière la parole des scientifiques, après avoir justement des mois durant soigneusement méprisé la voix des personnels, des scientifiques, des docteurs qui, jour après jour, ont hurlé leur colère face à la désagrégation programmée de nos systèmes de santé.

« La vérité ne fait pas tant de bien dans le monde que ses apparences y font de mal » a écrit, dans l’une de ses célèbres maximes, François de la Rochefoucauld.

Nous attendons réponse, mais ce qui est vrai c’est qu’une seule voie se fait jour, une seule exigence grandit dans les failles, les contradictions, et les apparences de vérité du discours présidentiel et gouvernemental : faire émerger une parole citoyenne exigeante, plurielle, donnant pouvoir à celles et ceux qui travaillent, produisent, soignent, à ces experts du quotidien dont parlait Jack Ralite.

En organisant le débat, la participation des citoyen·ne·s, des élu·e·s, des parlementaires, en accordant à toutes et tous de nouveaux pouvoirs, au lieu de les confiner en spectateurs impuissants de décisions prises sans eux et donc contre eux.

Nous vivons sans doute une époque où le discours imposé d’en haut, au service des puissants, imposant sa loi aux hommes et à la planète, se meurt.

Reste à faire vivre une parole partagée, co-construite, imposant des solutions nouvelles dans une démocratie revivifiée.

Oui petit garçon, tu as raison.. « Le roi est nu ».

Tu as eu le courage de chercher la vérité et de la dire !

Coronavirus – De l’urgence sanitaire à l’urgence civilisationnelle

Il y a 6 mois, le 24 mars 2020

Par Pierre Laurent

Le coronavirus touche la population du monde entier de manière de plus en plus dramatique.
La solidarité et la mobilisation de toutes et de tous sont vitales.

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Il faut se rappeler que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime qu’au moins 400 millions d’individus dans le monde -soit une personne sur dix-sept- n’ont pas accès aux plus élémentaires
services de santé de base.

En février 2018, au Sommet mondial des gouvernements, le directeur général de l’OMS avait estimé qu’il était impératif de reconnaître que la couverture santé universelle et la sécurité sanitaire sont les deux faces de la même médaille et qu’il faut investir dans le renforcement des systèmes de santé partout. Il estimait à la même occasion qu’il fallait établir un financement pérenne du système de sécurité sanitaire mondiale pour prévenir, détecter et combattre les menaces.

En mars 2018, je m’étais fait le relais de ces préoccupations urgentes de l’OMS auprès du gouvernement français.

Plus précisément, je lui ai proposé que la France prenne des initiatives au niveau international, en relation avec une OMS pourvue de moyens suffisants, en vue de couvertures de santé qui permettraient à tous de bénéficier de soins et d’une surveillance de tous les instants avec pour objectif notamment d’anticiper le risque de pandémie. Je lui ai indiqué également qu’il était indispensable que la France soit au plus vite à l’initiative d’un débat et d’un projet de résolution traitant de ces sujets à la prochaine assemblée générale de l’ONU.

Je dois constater que  le gouvernement n’a pas répondu à la hauteur des enjeux.

Pourtant, quelques mois plus tard l’OMS avait également déclaré à l’occasion de l’assemblée mondiale de la santé, en mai 2018, vouloir mettre tous les pays au défi de prendre des mesures concrètes pour inscrire la couverture santé universelle dans la réalité.

Enfin, à l’Initiative Diplomatie et Santé le 24 septembre 2019 à New York, les nations participantes dont la France ont constaté que renforcer les systèmes nationaux de santé, à tous les niveaux, renforcerait la sécurité sanitaire internationale.

Or, que constatons-nous ? Que le Covid-19 met en lumière de manière flagrante le véritable massacre que subissent l’hôpital, la recherche et, plus largement, les services publics en France, en Europe et dans le monde, comme le dénoncent depuis nombre d’années les personnels concernés.

Il rend évident le désastre des délocalisations des productions y compris celles qui permettent de faire face à des urgences sanitaires comme celle d’aujourd’hui. Au sujet de la gestion de la crise nous constatons également avec horreur le « darwinisme social » d’un Boris Johnson, les agissements confus d’un Donald Trump et les récents propos vertigineux d’Agnès Buzyn. Malheureusement cette liste n’est pas exhaustive.

Force est de constater également et plus largement que la recherche du profit maximum qui caractérise le capitalisme aggrave les inégalités, met en danger notre environnement et affaiblit nos systèmes de protection sociale. Il tente de briser petit à petit les mécanismes de solidarité que les peuples lui avait arrachés au cours du siècle dernier comme le système des retraites par répartition en France. 

Son dépassement est nécessaire.

L’établissement d’une société dans laquelle la devise de la Sécurité Sociale « de chacun selon ses moyens à chacun selon ses besoins » s’étendrait progressivement à toute la société, est une urgence
civilisationnelle qu’il faudra mener à bien collectivement et démocratiquement après avoir surmonté l’urgence sanitaire actuelle.

Celle-ci nécessite de prendre des mesures d’urgence au niveau national, et  de multiplier, à chaque fois que ce sera possible, des actes de solidarité internationale comme ceux, par exemple, de la Chine en faveur de l’Italie. Cette approche sera d’autant plus nécessaire et urgente que le virus progressera dans des pays très faiblement pourvus de systèmes de santé, en situation de conflictualité et pourvus d’États affaiblis par les plans d’ajustement structurels comme c’est le cas notamment en Afrique et en Amérique Latine.

Conséquences de l’alerte sur les SDHI – Demande de saisine de l’OPECST

Il y a 8 mois, le 21 janvier 2020

Par Pierre Laurent

Paris, le 20 janvier 2020 Monsieur Gérard Longuet Sénateur, président de l’OPECST Monsieur Cédric Villani Député, vice-Président de l’OPECST   Monsieur le Président, Monsieur le vice-Président, Le 8 novembre 2019, le CNRS 1 signalait la parution d’un article dans la revue scientifique PLOS-ONE démontrant in vitro la toxicité sur les cellules humaines de huit molécules […]

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Paris, le 20 janvier 2020

Monsieur Gérard Longuet
Sénateur, président de l’OPECST

Monsieur Cédric Villani
Député, vice-Président de l’OPECST

 

Monsieur le Président,
Monsieur le vice-Président,

Le 8 novembre 2019, le CNRS 1 signalait la parution d’un article dans la revue scientifique PLOS-ONE démontrant in vitro la toxicité sur les cellules humaines de huit molécules dites SDHI commercialisées en France 2. Cette étude réalisée par des scientifiques de différents organismes (CNRS, INSERM, INRA, Université de Paris, AP-HP) montre pour la première fois que ces fongicides bloquent une enzyme de la chaine respiratoire des cellules humaines. En parallèle, le 19 novembre 2019, la commission nationale de déontologie et alertes en santé publique et environnement (cnDAspe), rendait un avis sur l’alerte concernant les SDHI émise en 2017 3. Elle l’a estimée étayée par des « données scientifiques de qualité », et l’a transmise à cinq ministères (environnement, santé, recherche, agriculture et sports). Pour ces éléments récents, mais aussi pour des raisons plus anciennes exposées ci-après, nous souhaitons saisir l’OPECST sur le dossier des SDHI.

Les Inhibiteurs de la Succinate Déshydrogénase (SDHI) sont largement utilisés en France comme fongicides depuis 2009. Près de 156 produits contenant un SDHI pur ou en mélange sont aujourd’hui autorisés à la vente d’après l’ANSES 4.

Ils sont vendus par des entreprises comme Bayer-Monsanto, BASF, Du Pont, Syngenta pour traiter les plantes et les récoltes contre les moisissures (blé tendre, orge, tomates, raisins, agrumes, fraises etc). Possédant aussi des propriétés nématicides, ils sont aussi utilisés pour traiter des pelouses publiques, les pelouses de stades ou de golfs. Les SDHI empêchent le développement des organismes cibles en bloquant la succinate déshydrogénase (SDH), une enzyme clé de la chaîne respiratoire des mitochondries.

L’alerte scientifique sur les SDHI a été lancée en 2017. Elle repose sur un faisceau d’arguments convergeant vers une présomption sérieuse de nocivité des SDHI sur l’être humain et la biodiversité. Le premier tient au caractère universel du mécanisme de respiration, un processus essentiel à la vie cellulaire. Or les SDHI inhibent la SDH, c’est à dire le complexe II de la chaine respiratoire, « un composant universel des mitochondries qui sont présentes dans quasi tous les organismes vivants. La SDH est restée particulièrement conservée au cours de l’évolution, et l’on peut légitimement s’interroger sur la spécificité des SDHI vis-à-vis des seules moisissures. » 4 Autrement dit, si le mécanisme de la respiration est commun à la grande majorité des espèces, le mécanisme d’inhibition de la SDH des champignons par les SDHI pourrait très bien être transposé à la SDH d’autres organismes vivants. Les résultats de l’étude de PLOS-ONE confirment cette hypothèse, et montrent l’absence de spécificité de huit SDHI commercialisés, qui se révèlent bloquer efficacement l’activité SDH dans les mitochondries du champignon, mais aussi celles du ver de terre, de l’abeille et de l’être humain.

Le deuxième groupe d’arguments concerne les tests réglementaires réalisés préalablement à la délivrance des autorisations de mise sur le marché. Ces tests ont été effectués par les firmes qui les commercialisent et validés par les autorités sanitaires pour l’ensemble des SDHI concernés par l’alerte. Néanmoins, les scientifiques lanceurs de l’alerte soulignent que ces tests ne sont pas adaptés au mécanisme d’action de ces fongicides et, par conséquent, ils pourraient ne pas être en mesure de mettre en évidence la toxicité des SDHI. Chez l’être humain, il est connu que le blocage de l’activité SDH observé dans des tumeurs ou des neuropathies, se traduit par un dysfonctionnement des mitochondries et un remodelage épigénétique entrainant des changements de l’expression de milliers de gènes, sans modification de la séquence d’ADN. Or les procédures réglementaires ne requièrent pas d’évaluer l’intégrité des fonctions mitochondriales ni les marquages épigénétiques, des processus pourtant cruciaux pour la vie cellulaire et dont la dérégulation est impliquée dans de nombreuses pathologies.

Enfin, le troisième groupe d’arguments concerne le lien établi depuis plusieurs décennies entre plusieurs pathologies humaines et des dysfonctionnements de la SDH. « Si l’une de ces enzymes (ndlr, les enzymes mitochondriales telles la SDH) est défectueuse, la respiration des cellules se fait moins bien et chez l’homme cela conduit à l’émergence de nombreuses maladies, certaines très graves. Dans cette suite de réactions biochimiques, la SDH joue un rôle crucial, et il est connu depuis longtemps maintenant que des mutations génétiques de la SDH, entraînant la perte de son activité, sont la cause de maladies humaines » 5 . C’est le cas de tumeurs du système nerveux 6, du rein ou du système digestif 7, d’encéphalopathies sévères de jeunes enfants 8, mais aussi de maladies comme l’ataxie de Friedreich, le syndrome de Barth, la maladie de Huntington, de Parkinson et certaines asthénozoospermies (perturbation de la mobilité des spermatozoïdes). En outre, l’étude récente sur des cellules humaines in vitro, a montré qu’un « défaut mitochondrial préexistant, tel qu’un dysfonctionnement partiel de la SDH ou une hypersensibilité aux attaques oxydatives augmente la sensibilité aux SDHI, suggérant un risque particulier pour les individus présentant un tel dysfonctionnement ».

De tels constats ont poussé le groupe de scientifiques susmentionné à lancer une alerte auprès de l’ANSES en octobre 2017, l’autorité compétente, mais aussi auprès du CNRS, INSERM, INRA et du ministère de l’agriculture en janvier et février 2018. Devant l’absence de réponse de l’ANSES, les scientifiques ont ouvert leur alerte au public via une tribune publiée dans le quotidien Libération en avril 2018 5. L’instruction du dossier s’est accélérée et des auditions ont été réalisées dans la foulée par un comité d’experts dédiés par l’ANSES. En parallèle, différents scientifiques ont été auditionnés par la commission d’enquête parlementaire sur l’alimentation industrielle (les 24 et 31 mai 2018), mais aussi des représentants de l’ANSES le 14 juin 2018 dont le directeur général délégué. Celui-ci témoignait devant la commission d’enquête que « jusqu’à présent, nous n’avons pas vu de signaux d’alerte à travers toutes les études que nous regardons dans la littérature scientifique » 9 sur la base des données disponibles en 2018. Par ailleurs, en janvier 2019, l’ANSES rendait public le rapport de son comité d’experts 10 concluant « que les informations et hypothèses évoquées n’apportent pas d’éléments en faveur d’une alerte sanitaire (…) qui pourrait justifier la modification ou le retrait des autorisations de mise sur le marché. Pour autant, l’Anses considère que le dossier n’est pas clos et poursuit les investigations. » 11 Ce rapport est contesté par les chercheurs à l’origine de l’alerte qui, dans une lettre de réponse à l’ANSES le 30/01/2019, déclaraient regretter que « i) la connaissance du mode d’action des SDHI, ii) de leur capacité à inhiber également l’enzyme humaine ainsi que celle d’autres organismes vivants (abeilles, lombrics) et enfin, iii) la connaissance des pathologies liées au blocage de la SDH chez l’être humain, ne conduisent pas à appliquer le principe de précaution en suspendant l’utilisation des SDHI ou en en restreignant l’utilisation, tant que l’absence d’impact de ces pesticides sur l’environnement et sur l’être humain n‘a pas été établie ». En septembre 2019, dans une interview accordée à l’hebdomadaire le Point, le directeur général délégué du pôle sciences pour l’expertise de l’Anses, soulignait que « Nous n’avons pas d’éléments suffisants pour retirer immédiatement ces produits du marché ». Il ajoutait néanmoins que l’ANSES finance désormais « plusieurs études et d’importants travaux de recherche (…) pour obtenir des réponses, (…) non seulement des travaux expérimentaux, mais aussi des études épidémiologiques pour vérifier si l’exposition à des fongicides SDHI serait associée à un excès de tumeurs. »

L’actualité scientifique récente éclaire ce dossier sous un jour nouveau. Désormais, la nocivité des SDHI sur l’activité SDH des cellules humaines serait démontrée. Par ailleurs, l’alerte est jugée comme étant fondée scientifiquement par les experts toxicologues sollicités par le cnDAspe. Cette instance officielle indépendante conclut ainsi : « Les données scientifiques présentées par l’équipe de chercheurs sur les dangers des fongicides SDHI sont de qualité et posent un doute sérieux sur des dangers qui ne sont pas actuellement pris en compte dans les procédures de toxicologie appliquées selon la réglementation européenne concernant la mise sur le marché des produits phytosanitaires. Des incertitudes substantielles demeurent néanmoins sur les risques qui seraient induits chez l’homme lors de l’exposition à cette famille de fongicides, qui appellent la poursuite des recherches et donc des financements dédiés. Cette situation est constitutive d’une alerte. »

Sur la base de ces observations et de l’importance des enjeux sanitaires relatifs aux produits considérés, nous demandons la saisine de l’Office Parlementaire d’Évaluation des Choix Scientifiques et Technologiques (OPECST). L’Office doit pouvoir conduire son expertise et aborder des questions à l’intersection entre la décision politique et l’expertise scientifique :

En réponse à l’alerte d’avril 2018, le représentant de l’ANSES répondait dans le quotidien Libération que « Pour l’instant, l’évaluation scientifique des risques liés à l’usage de ces produits, qui prend en compte le mécanisme d’action, conclut à une absence de risque inacceptable. » Cette affirmation est formellement contestée par les chercheurs qui soulignent que les procédures d’évaluation actuelles ne permettent pas de caractériser correctement la toxicité des pesticides présentant un mode d’action visant la mitochondrie. En outre, l’évaluation du niveau d’acceptabilité d’un risque doit pouvoir associer la représentation nationale, en particulier dans le cas considéré ici des SDHI, où la nocivité des produits incriminés pourrait se révéler sur un long terme, empêchant sa mise en évidence dans des délais suffisamment courts pour assurer la protection des personnes, exploitants et travailleurs agricoles premièrement exposés, mais aussi riverains et consommateurs.
Un deuxième sujet concerne le cadre justifiant de l’activation du principe de précaution. Dans son avis de novembre 2019 sur les SDHI, le cnDAspe invite à élaborer « un document méthodologique détaillé comportant les conditions minimales d’ordre scientifique pouvant justifier le recours au principe de précaution, notamment pour les substances et mélanges dangereux en cause dans le présent dossier. » . L’article 5 de la Charte de l’Environnement inscrite dans la Constitution depuis février 2005, stipule en effet « Lorsque la réalisation d’un dommage, bien qu’incertaine en l’état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l’environnement, les autorités publiques veilleront, par application du principe de précaution, et dans leurs domaines d’attribution, à la mise en œuvre de procédures d’évaluation des risques et à l’adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage. » Au vu des doutes sérieux pesant sur la pertinence des procédures d’évaluation des risques des SDHI, et de leurs effets à long terme, il paraît nécessaire que la représentation nationale puisse travailler précisément à la définition des procédures d’évaluation des risques et aux conditions minimales pouvant justifier l’application du principe de précaution.

La mise sur le marché de nouveaux produits repose pour l’essentiel sur les déclarations des industriels. Au regard des scandales sanitaires et écologiques révélés ces dernières années, ce processus n’est pas satisfaisant. Il apparait ainsi que la représentation nationale devrait travailler aux conditions de la levée du secret industriel dans les domaines clés de santé environnementale pour permettre aux services publics de santé et de recherche d’accompagner au mieux la mise sur la marché de nouveaux produits.

Pour conclure, nous rappelons que les SDHI sont aujourd’hui largement utilisés en France comme fongicides en agriculture, mais aussi sur des terrains sportifs. Le faisceau d’arguments convergeant sur leur potentielle nocivité sur l’humain appelle un traitement approfondi de l’alerte lancée par les scientifiques. Les nombreux sujets liés aux SDHI à la frontière entre science et décision politique, justifient d’un travail permettant à la représentation nationale d’approfondir et d’apporter des éléments de réponse aux sujets posés. Pour toutes les raisons évoquées, nous vous demandons de bien vouloir saisir l’OPECST sur le dossier des SDHI.

Certain de l’intérêt que vous pourrez porter à cette saisine, nous vous prions d’agréer messieurs, l’expression de nos salutations respectueuses.

               Pierre Laurent                                                Pierre Dharréville
               Sénateur                                                              Député

1 http://www.cnrs.fr/fr/les-fongicides-sdhi-sont-toxiques-pour-les-cellules-humaines
2 Evolutionarily conserved susceptibility of the mitochondrial respiratory chain to SDHI, pesticides and its consequence on the impact of SDHIs on human cultured cells. P. Bénit, A. Kahn, D. Chrétien, S. Bortoli, L. Huc, M. Schiff, A.-P. Gimenez-Roqueplo, J. Favier, P. Gressens, M. Rak et P. Rustin. PLOS ONE (2019) 14(11):e0224132 https://doi.org/10.1371/journal.pone.0224132
3 https://www.alerte-sante-environnement-deontologie.fr/actualites/article/avis-sur-le-signalement-de-possibles-risques-lies-a-l-utilisation-de-fongicides
4 https://ephy.anses.fr/lexique/substance
5 Tribune – Une révolution urgente semble nécessaire dans l’usage des antifongiques

https://www.liberation.fr/debats/2018/04/15/une-revolution-urgente-semble-necessaire-dans-l-usage-des-antifongiques_1643539
6 Mutations in SDHD, a Mitochondrial Complex II Gene, in Hereditary Paraganglioma. B. E. Baysal, R. E. Ferrell, J. E. Willett-Brozick, E. C. Lawrence, D. Myssiorek, A. Bosch, A.van der Mey, P. E. M. Taschner, W. S. Rubinstein, E. N. Myers, C. W. Richard, C. J. Cornelisse, P. Devilee, B. Devlin, Science 287 (2000) 848 ; https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/10657297
7 Defects in succinate dehydrogenase in gastrointestinal stromal tumors lacking KIT and PDGFRA mutations. K. A. Janeway, S. Y. Kim, M. Lodish, V. Nosé, P. Rustin, J. Gaal, P. L. Dahia, B. Liegl, E. R. Ball, M. Raygada, A. H. Lai, L. Kelly, J. L. Hornick, M. O’Sullivan, R. R. de Krijger, W. N. Dinjens, G. D. Demetri, C. R. Antonescu, J. A. Fletcher, L. Helman, C. A. Stratakis, Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America 108 (2011) 314 ; https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21173220
8 Mutation of a nuclear succinate dehydrogenase gene results in mitochondrial respiratory chain deficiency. T. Bourgeron, P. Rustin. D. Chretien, M. Birch-Machin, M. Bourgeois, E. Viegas-Péquignot, A. Munnich, A. Rötig, Nature Genetics 11 (1995) 144 ; https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/7550341
9 Compte-rendu de la commission d’enquête sur l’alimentation industrielle, Compte-rendu no 13, séance du 14 juin 2018
10 https://www.anses.fr/fr/system/files/PHYTO2018SA0113Ra.pdf
11 https://www.anses.fr/fr/content/fongicides-inhibiteurs-de-la-succinate-d%C3%A9shydrog%C3%A9nase-sdhi-l%E2%80%99anses-pr%C3%A9sente-les-r%C3%A9sultats-de

 

Guerre aux pauvres !

Il y a 12 mois, le 8 octobre 2019

Par Pierre Laurent

«Dès lors qu’un sans-abri a avec lui un bien mobilier, matelas, tente ou chariot, il pourra entrer dans le champ de la loi ». Et donc se voir infliger une amende de 500 euros !

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C’est ce que permettrait désormais, comme l’a révélé le journal « L’Humanité », un article de loi voté en catimini dans la nuit.

Elections municipales obligent, le pouvoir et sa majorité, incapables de relever le défi de la misère sociale, flattent sans vergogne les idées nauséabondes dans lesquelles se vautrent la droite et l’extrême-droite, en tentant de criminaliser la pauvreté.
Le pouvoir d’Emmanuel Macron cherche ainsi à dédouaner sa politique de commis des grandes fortunes et de la finance, du capital. Une politique qui creuse jusqu’à la plus totale indécence les inégalités sociales.
En vérité, la population de France est indignée, profondément indignée face à l’explosion de la grande pauvreté et à l’inhumanité du pouvoir et des classes dirigeantes.
Quand une banque, à Paris, procède à l’installation de 40 potelets métalliques pour interdire à un sans-abri de s’y réfugier, elle est contrainte d’y renoncer devant les protestations des riverains, des associations et des élus.
L’image de la salle de la honte aux urgences de l’hôpital Lariboisière, où sont entassées de jeunes mamans avec leurs nourrissons dans des conditions de précarité abjectes, indigne le personnel et la population. Comme le sort fait aux jeunes mineurs isolés, aux centaines, milliers de personnes vivant sous tente, dans des abris de fortune, au bord du périphérique parisien.
L’exclusion choque profondément la population. Mais pas le pouvoir, sa majorité et la droite  qui, alors que le 115 est saturé, que les centres d’hébergements sont combles, votent à l’Assemblée comme au Sénat un plan d’économie sur 4 ans de 57 millions sur les « ressources » des centres d’hébergements et de réinsertion.
En vérité le système capitaliste et son pouvoir ne sont pas en échec dans la lutte contre la pauvreté. Ils s’en nourrissent. La grande pauvreté est le revers innommable de la course folle au profit, au fric.
La criminalisation de la pauvreté est une arme de destruction massive des solidarités et des valeurs républicaines. Elle rend malade et précarise toute la société.
Quand en 1985, Coluche lance « Les Restos du cœur », dans son esprit, ça n’était pas censé durer. Les « Restos » vont engager cet automne leur 34e campagne.
Le 9 juillet 1849 Victor Hugo affirmait à l’Assemblée nationale : « La misère est une maladie de la société, comme la lèpre est une maladie de l’homme. Elle peut disparaître comme la lèpre, oui. »
Cent soixante-dix ans plus tard, n’est-il pas temps enfin, de déclarer la guerre, une guerre totale à la pauvreté ‘et non aux pauvres). L’éradication de la grande pauvreté doit être un objectif immédiat, la cause prioritaire de notre société. A quoi sert, sinon, qu’elle soit si évoluée ?

 

Acte II du quinquennat : austérité à tout va !

Il y a 12 mois, le 1 octobre 2019

Par Pierre Laurent

Le gouvernement vient d’annoncer que le budget de la Sécurité sociale pour 2020 sera une nouvelle fois amputée de 4 Milliards d’euros, une honte pour nos populations, pour les soignant.e.s et pour les malades… !

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Aucune réponse n’est apportée de la part du gouvernement à la souffrance des soignant.e.s qui sont dans la rue depuis plusieurs semaines, aucune réponse n’est apportée aux patient.e.s et aux familles.

Malgré la grève des urgentistes depuis plus de 6 mois, Madame Buzyn s’obstine et signe en diminuant les dépenses de l’Etat en matière de santé de 280 millions d’euros et en maintenant une progression de l’objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam) à 2,3% en 2020, contre 2,5% en 2019 alors que la progression naturelle des dépenses est estimée à 4,5%.

Quant au financement de la dépendance, il ne se fera pas avec des mots ou des pièces jaunes.

Les personnels des EHPAD sont exaspérés par leurs conditions de travail et la maltraitance institutionnelle qui en découlent pour nos ainé.e.s !

Les professionnel.le.s du secteur estiment les besoins à hauteur de 40 000 postes dès 2020, soit deux postes dans chaque maison de retraite et structure d’aide à domicile, pour un coût d’1,5 milliard d’euros. Ils devront faire avec 210 millions d’euros, ce qui ne peut ni les convaincre ni les satisfaire.

Les sénatrices et sénateurs du groupe CRCE apportent une nouvelle fois tout leur soutien aux personnels en lutte et déposeront, avec leurs collègues du groupe GDR à l’Assemblée nationale, une proposition de loi reprenant des mesures d’urgence, notamment le financement de la dépendance par la mise à contribution des revenus financiers des entreprises et un plan de recrutement de 100 000 emplois statutaires par an, sur trois ans, dans la filière gériatrique ainsi qu’un plan d’investissement pour la création et la modernisation des EHPAD publics et privés non lucratifs.

Faire du commun, c’est prendre soin de nos anciens

Il y a 1 an, le 26 août 2019

Par Pierre Laurent

Une des grandes questions de société qui va être à l’ordre du jour des débats et des mobilisations sociales est celle des retraites.

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La pierre angulaire de la réforme Macron des retraites se résume à un chiffre : la limitation des dépenses de retraites à 14 % du PIB en bloquant définitivement le levier de l’augmentation des ressources financières pour répondre aux besoins.

Il faut bien retenir ce chiffre car il en sera beaucoup question au cours des prochains mois. Comment ? En restant au travail plus longtemps, avec des pensions réduites à la retraite. L’arnaque, qui commence à être ressentie comme telle par l’opinion publique, consiste à faire croire que l’âge légal de départ à la retraite n’est pas remis en cause, tout en créant les conditions d’un départ effectif à 63 ou 64 ans. Ils s’agit donc d’un hold-up sur les plus belles années à la retraite, celles en bonne santé. 

Si nous en sommes d’accord, la dénonciation de cette hypocrisie, de cette arnaque, de ce hold-up pourrait être l’un des axes prioritaires de bataille publique.

Je participerai à la journée d’action décidée par les syndicats le 24 septembre prochain.

Nous proposons de mettre la barre haut en parlant d’un enjeu de société et de civilisation en répondant à un triple défi : l’augmentation de la part des plus de 60 ans dans la population, l’allongement de la durée de vie, l’aspiration à une autre vie.

Rien – et surtout pas les évolutions démographiques prévisibles – ne justifie une régression par rapports aux conquêtes sociales : possibilité de partir à la retraite à 60 ans, avec une pension équivalente à 75 % des meilleures salaires de carrière, toutes primes comprises, et indexée sur l’évolution des salaires. Chaque travailleur crée bien plus de richesses qu’en 1945 et en créera encore plus au fil des prochaines décennies. Il s’agit de s’attaquer à tout ce qui mine notre économie : le chômage et la précarité, la domination de la finance, une concurrence internationale effrénée.