19 Mar 2018

Robots sexuels – Sortir les relations humaines de la logique du profit

16 mars 2018 / Question écrite n° 03960

J’ai attiré l’attention de Mme la secrétaire d’État, auprès du Premier ministre, chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes sur les robots sexuels en général et sur l’entreprise Xdolls à Paris, dans le 14e arrondissement en particulier.

Dans ce lieu, premier du genre en France, il est proposé des robots sexuels en silicone à des clients dans un lieu clos. Ce lieu est présenté par le propriétaire comme une « salle de jeu ». Certaines de ces poupées peuvent faire penser à des enfants.

Selon de nombreux acteurs, ce phénomène, en pleine expansion dans le monde, participe fortement à l’objectivation des femmes. Ils soulignent également qu’il contribue à une culture du viol en faisant participer à une activité qui est en dehors du cadre du consentement. Ils estiment aussi que la liberté d’exercer des violences sur un robot à forme humaine ou de concrétiser sur lui des pratiques sexuelles illicites pourrait renforcer ces pratiques, au détriment de personnes vulnérables.

La création de tels lieux paraît également un moyen détourné pour amener l’acceptation par l’opinion du retour des « maisons closes ». Il y a lieu de se demander si on n’est pas en train d’assister à une banalisation de la marchandisation du corps de la femme puisque l’on passe subrepticement de la femme objet à l’objet tout court. Ces lieux semblent participer également à une banalisation de la prostitution. Ils apparaissent en contradiction avec la lutte contre le sexisme et participent enfin à la représentation dégradée de la femme dans l’espace public.

Je lui ai demandé ce qu’elle compte faire en vue de lancer une réflexion à ce sujet et d’aller à l’encontre de ces activités qui ont pour seul objectif le profit quitte à participer à la dégradation des relations humaines.

Partager