Rapport Oxfam sur les inégalités : quand il ruisselle toujours où c’est mouillé !

Il y a 10 mois, le 23 janvier 2020

Par Pierre Laurent

1 % de la population mondiale possède plus que tous les autres, écrivais-je dans un ouvrage récent, « 99 % ». Et cela continue !

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Dans le rapport annuel qu’elle vient de rendre public, Oxfam s’attache à nouveau à calculer les inégalités mondiales pour mieux les dénoncer. Et les chiffres donnent le vertige, confirmant le fossé abyssal entre une minorité d’ultra-riches et le reste de l’humanité. L’étude ajoute que les femmes et les filles sont les premières à payer le prix de ce système économique injuste et défaillant.

Dans ce constat, la France est loin d’être épargnée et s’engage elle aussi sur la voie des inégalités croissantes. Cela mérite de s’attarder sur ces chiffres au moment où le gouvernement persiste à nous faire croire qu’il n’y a pas d’argent à aller chercher pour le système de retraite et pour le système de santé.

Les chiffres que fait paraître Oxfam dans son rapport illustrent à eux-seul l’ampleur des inégalités mondiales. La richesse des 1% les plus riches de la planète est supérieure à celle de 90 % de la population mondiale, soit 6,9 milliards de personnes.

Les milliardaires du monde entier, qui sont aujourd’hui au nombre de 2 153, possèdent plus de richesses que 4,6 milliards de personnes, soit 60% de la population mondiale.

Dans le même temps, près de la moitié de la population mondiale, soit près de 3,8 milliards de personnes, vit toujours avec moins de 5 dollars par jour. Le rythme de réduction de la pauvreté s’est ralenti de moitié depuis 2013.

Toujours dans son rapport, Oxfam met particulièrement en lumière les conséquences de ce système économique sur les femmes et les filles. Dans le monde, les hommes détiennent 50 % de richesses en plus que les femmes !

Et en France donc, me direz vous ? Continuons la lecture du rapport…

Le système social français, basé sur le principe de redistribution, avait jusque-là permis de lutter contre les inégalités et la pauvreté. Mais il est en danger à cause de choix politiques qui réduisent la participation des plus riches à l’effort de solidarité par l’impôt et fragilisent le financement des services publics. La situation s’est aggravée depuis la réforme fiscale de 2017 qui privilégie clairement les intérêts des très riches au détriment des plus précaires.
Résultat : depuis 2018, les inégalités sont reparties à la hausse et la pauvreté aussi.

En France, 7 milliardaires possèdent plus que les 30 % des plus pauvres. Ils étaient 8 l’année dernière. Les 10 % les plus riches possèdent 50 % des richesses du pays.

La France compte 41 milliardaires en 2019. C’est 4 fois plus qu’après la crise financière de 2008 !
Sur ces 41 personnes, plus de la moitié ont hérité de leur fortune.

Les milliardaires français sont ceux qui ont vu leur richesse le plus augmenter l’année dernière, devant les milliardaires américains ou chinois.

Le PDG du groupe Sanofi, grand groupe pharmaceutique français, gagnait en 2018 plus de 343 fois le salaire moyen d’un·e aide-soignant·e.

Depuis 2018, la France compte 400 000 pauvres supplémentaires.

Bernard Arnault, l’homme le plus riche de France, lui, ne connaît pas la misère, même au soleil… Sa richesse est estimée à 117 milliards d’euros !
Et ce n’est pas près de s’arrêter. En 2019, Bernard Arnault a été l’homme d’affaire qui a engrangé le plus de richesse dans le monde.


Il est décidément des rapports et des réalités qui mettent en rage quand on explique qu’il n’y a pas d’argent pour les retraites, les salaires et les services publics.

Qui mettent en rage jusqu’à la nausée quand un journal patronal, qui a pignon sur rue dans les tours de la Défense, nous explique que c’est la CGT, les grévistes et les manifestant·e·s qui ruinent la France…

Chez ces gens là, l’accroissement des dividendes est proportionnel à celui de leur mépris de classe !

Heureusement, la rage fait peu à peu place à la mobilisation lucide et consciente. Celle des femmes et des hommes qui soutiennent et approuvent la lutte contre la réforme Macron des retraites, celle de cette majorité de français·e·s qui, selon un sondage CEVIPOF, pensent que pour établir la justice sociale, il faudrait prendre aux riches pour donner aux pauvres…

Un parfum de nuit du 4 août 1789, qui a aboli les privilèges, reprend force en France ! Les Bastilles du 21e siècle ne sont plus imprenables !

J’écris ces lignes un 21 janvier. Un anniversaire, une annonce des jours qui rallongent, car, comme l’a écrit Aragon, « il n’est point d’hiver qui n’ait finalement cédé au printemps ».

Décidément, « la route ne sera plus du tout la même avec le soleil».

Mon cher Mumia,

Il y a 4 heures, le 2 décembre 2020

Par Pierre Laurent

Je tiens à t informer de mon intervention comme parlementaire français et sénateur de Paris auprès du gouverneur de Pennsylvanie, pour exiger, suite à l’épidémie de Covid 19 qui frappe la prison de Mahanoy, ta libération immédiate ainsi que celle de tous les prisonniers âgés et malades.

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Ne doute pas un instant de ma mobilisation ainsi que de celle de tous les parlementaires communistes français, pour exiger que la détention inique dont tu es victime prenne fin et que justice te soit enfin rendue.

Je te souhaite bon courage.

Sache que nous sommes toujours résolument à tes côtés.

Pierre Laurent

Projet du « métro » d’Abidjan – Arrêter le pillage des pays africains

Il y a 5 heures, le

Par Pierre Laurent

J’ai attiré l’attention de M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur le projet du métro d’Abidjan en Côte d’Ivoire. Plutôt que d’un métro il s’agit d’un projet visant la construction d’une ligne de train urbain reliant le nord au sud de la capitale économique de Côte d’Ivoire utilisant l’ancien chemin de fer Abidjan-Niger.

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C’est un projet relativement ancien dont le coût avait été chiffré en 2002 à 100 milliards de francs communauté financière en Afrique (FCFA) par le bureau national d’études techniques et de développement (BNETD) de Côte d’Ivoire avec un ticket passager à 400 FCFA soit dix fois moins que le chiffrage attaché au projet actuel (1044 milliards de FCFA).

À ce prix les promoteurs du projet (Bouygues travaux publics, Colas Rail du groupe Bouygues, Alstom et Keolis du groupe SNCF), ont trois solutions possibles pour établir un équilibre financier. À savoir : que l’État ivoirien le finance par un emprunt avec une garantie souveraine ; que la population ivoirienne accepte de payer dix fois plus cher son ticket, ce qui est hors de portée d’une population de plus en plus pauvre ; que l’État ivoirien accepte de subventionner chaque ticket de métro, ce qui serait un gouffre financier.

Dès le 10 octobre 2017, le ministre de l’économie et des finances français précise d’ailleurs que le solde du projet, serait financé par le budget de la République de Côte d’Ivoire. Par conséquent il apparaît que le projet de « métro », dans les conditions financières actuelles, serait une catastrophe pour la Côte d’Ivoire et son peuple et une aubaine pour les seuls actionnaires de multinationales françaises. Il constituerait ce qu’il est convenu d’appeler un « éléphant blanc ». Quant aux 1044 milliards de FCFA prévus pour le métro abidjanais, il est à noter que selon les chiffres du BNETD, c’est près de cinq fois plus qu’il n’en faut pour assainir toute la ville d’Abidjan en vue d’éviter les inondations annuelles en saison des pluies (220 milliards de FCFA) ou autant que le chemin de fer San-Pedro-Man d’une longueur de 660 kilomètres essentiel pour l’exploitation du nickel et du fer et qui est évalué à 1050 milliards de FCFA, pour ne citer que ces exemples !

Pourtant suite au travail d’influence important du gouvernement français, les autorités ivoiriennes ont confirmé en décembre 2019 que le chantier du « métro » serait confié au consortium français précédemment cité. Il n’est cependant pas encore trop tard pour abandonner ce projet puisqu’à ce jour, le contrat pour la construction du métro d’Abidjan n’est pas signé et que les travaux n’ont pas encore commencé comme l’a indiqué le 18 novembre 2020 le porte-parole de Bouygues à l’agence France presse (AFP).

En vue de ne pas prolonger une politique de pillage des pays africains, qui n’a que trop duré, je lui demande par conséquent que le gouvernement français fasse tout ce qui est en son pouvoir pour que ce projet néfaste pour le peuple ivoirien, dans les conditions actuelles de financement, soit abandonné plutôt que de forcer la main à un pouvoir ivoirien affaibli notamment par un manque de légitimité démocratique résultant d’une réélection inconstitutionnelle du Président de la République sortant.

Rapatriez les enfants français détenus en Syrie

Il y a 2 semaines, le 20 novembre 2020

Par Pierre Laurent

« Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
Ces doux êtres pensifs que la fièvre maigrit ?
Ces filles de huit ans qu’on voit cheminer seules ? »

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Ainsi écrivait, en son temps, Victor Hugo, révolté par le sort des enfants au travail.

En ce 20 novembre 2020, journée internationale des droits de l’enfant, ces vers résonnent pour évoquer bien des malheurs frappant les enfants du monde, affamés, surexploités, ou brisés par les guerres et les conflits.

Le 20 novembre 1989, l’Assemblée générale des Nations unies consacrait les droits de l’enfant  comme un combat majeur des droits humains visant la protection spécifique de l’enfant en tant qu’être humain à part entière, et faisant passer l’enfant d’objet de droit à sujet de droit.

Ces droits de l’enfant prennent en considération le caractère vulnérable et la nécessité de développement de l’enfant, allant de l’offre d’autonomie à la protection contre la violence physique, ou psychologique.

Pour toute conscience humaine, de tels droits relèvent de l’évidence… Et pourtant, les violations sont quotidiennes et appellent un combat permanent.

Je veux à nouveau aujourd’hui évoquer avec force l’une de ces violations:  l’abandon par la France des enfants français prisonniers dans les camps de Syrie.  En violation flagrante des principes fondamentaux de protection de l’enfance, notre pays persiste à refuser leur rapatriement, les abandonnant de fait à une mort lente, ou à l’emprise sur leur vie future de réseaux mafieux et criminels.

En Syrie, dont nous semblons aujourd’hui avoir déjà détourné le regard, tous les enfants sont des victimes de la guerre. Selon les estimations de l’Unicef, 5 millions d’enfants, soit 4 enfants sur 5, ont besoin d’une aide vitale d’urgence en Syrie. Près de 2,6 millions d’enfants ont été déplacés à l’intérieur du pays et près de 2,5 millions sont réfugiés dans les pays voisins tels que la Jordanie, le Liban et la Turquie. C’est le plus important déplacement de population de l’histoire récente. Depuis 2014, 478 lieux scolaires accueillant des enfants ont été pris pour cibles lors d’attaques et 521 centres de santé ont été visés. On estime que 2,8 millions d’enfants ne vont plus à l’école et que 180 000 membres du corps enseignant ont dû fuir. Le conflit a des conséquences dramatiques sur leur santé mentale et leur bien-être. Être victime ou assister à des actes de violence, vivre dans la peur et l’insécurité, manquer de nourriture, de soins médicaux, être séparé de sa famille, ne pas avoir de logement, être privé d’éducation, être enrôlé dans un groupe armé… Les traumatismes sont considérables.

Les enfants sont confrontés à des périodes d’anxiété profonde, à la solitude, au désespoir. Les adolescents sont placés face à un avenir sans espoir, ce qui les pousse à se renfermer dans des postures agressives ou peut les mener vers la dépression. En tout près de 6 millions sont nés pendant la guerre et n’ont donc connu que cette configuration.

Parmi ces millions d’enfants victimes et traumatisés, au milieu de ce terrible chaos, deux cent enfants français, entraînés dans cette guerre par leurs parents ou nés au cœur de cette guerre, périssent encore dans les camps du nord de la Syrie, détenus pour la plupart avec leur mère. La plupart d’entre eux s’apprêtent à supporter un troisième hiver sous des tentes de fortunes, luttant contre des températures avoisinant  les moins dix degrés. Persister à les abandonner serait indigne et irresponsable. Leurs familles françaises se battent depuis plus de deux ans pourleur rapatriement, et peuvent les aider à se reconstruire. Je sais fort bien que la peur du terrorisme sert aujourd’hui à couvrir ce lâche abandon, pourtant indigne de nos principes. Et pourtant, c’est en les livrant à cet enfermement que nous prenons sûrement le risque sécuritaire le plus grand. Arracher ces enfants à cet enfer est un devoir pour notre pays.

Ces deux cent français font aujourd’hui partie des enfants les plus vulnérables du monde. Ils vivent dans des conditions épouvantables et voient leur santé, leur sécurité et leur bien-être constamment menacés.

Meurtris par la guerre, stigmatisés, et abandonnés par notre gouvernement, ces enfants sont doublement victimes. La plupart de ces enfants sont nés dans des régions contrôlées par l’État islamique ou ont gagné ces zones avec leurs parents. Qui peut accepter de les réduire à cet avenir tragique?

Je l’affirme avec solennité et humanité : allons-nous oublier que ce sont des enfants? allons nous continuer à fouler aux pieds les principes qui nous imposent de les prendre en charge comme des enfants dont il faut reconstruire le droit à la vie. Ces enfants doivent être traités comme des victimes et non comme des criminels. Ils ne sont pas des ennemis, ni réels, ni potentiels.

La France doit revenir à ses devoirs d’humanité, en rapatriant ces enfants, et en organisant, comme cela s’est déjà fait, la prise en charge judiciaire des mères quand elles accompagneront leur retour.

« Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ? » écrivait Victor Hugo.
Notre devoir est de leur rendre leur droit à se reconstruire… Leur droit au sourire.

Jugement concernant le CDG Express – Le gouvernement doit sortir de son obstination à vouloir imposer un projet inutile, nuisible et coûteux

Il y a 2 semaines, le 17 novembre 2020

Par Pierre Laurent

J’ai attiré l’attention de Mme la ministre de la transition écologique sur le Charles de Gaulle (CDG) Express.

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Le CDG Express est une liaison de 32 km qui doit relier en 20 minutes la Gare de l’Est, dans le centre de Paris, au terminal 2 de l’aéroport de Roissy, moyennant pour les voyageurs un billet à 24 euros. Sa mise en œuvre aurait des conséquences catastrophiques sur les transports du quotidien car il utiliserait en grande partie, le réseau ferré existant, alors qu’il est déjà saturé, tant à la sortie de la gare de l’Est que sur le réseau Nord.

Il aurait aussi un impact environnemental très négatif. C’est à cause de ce dernier point que le tribunal administratif de Montreuil (Seine-Saint-Denis) a annulé l’autorisation environnementale concernant le chantier de celui-ci contenue dans un arrêté signé le 11 février 2019 par les préfets de Paris, Seine-Saint-Denis, Seine-et-Marne et Val-d’Oise.

Dans ses motivations le tribunal a remis en question les deux grandes raisons d’être du projet avancées par le gouvernement, à savoir une meilleure desserte vers l’aéroport de Roissy, dont le trafic est en forte baisse, et les prochains Jeux olympiques de Paris 2024 qui ont été reportés. Par conséquent selon le tribunal ce projet ne correspond pas à un intérêt public majeur.

Malgré ce jugement, la filiale gestionnaire d’infrastructure chargée du CDG Express s’entête à vouloir continuer les chantiers non concernés par ce jugement, et à faire appel du jugement.

Il est encore temps que le Gouvernement sorte de son obstination à vouloir imposer ce projet inutile, nuisible et coûteux et transfère le produit de la recette affectée au CDG Express aux transports du quotidien et en particulier au financement des projets d’amélioration du RER B.

Je lui ai demandé ce qu’elle compte faire en ce sens.

Solidarité avec l’Arménie et l’Artsakh

Il y a 3 semaines, le 13 novembre 2020

Par Pierre Laurent

J’ai attiré l’attention de M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur le conflit impliquant les républiques d’Artsakh, d’Arménie et d’Azerbaïdjan. Après six semaines d’agression militaire, de bombardements et d’exactions contre les républiques d’Artsakh et d’Arménie, l’Azerbaïdjan vient de reprendre le contrôle de plusieurs districts (Agdam, Gazakh, Kelbajar) qu’entérine le cessez-le-feu ratifié sous […]

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J’ai attiré l’attention de M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur le conflit impliquant les républiques d’Artsakh, d’Arménie et d’Azerbaïdjan.

Après six semaines d’agression militaire, de bombardements et d’exactions contre les républiques d’Artsakh et d’Arménie, l’Azerbaïdjan vient de reprendre le contrôle de plusieurs districts (Agdam, Gazakh, Kelbajar) qu’entérine le cessez-le-feu ratifié sous l’égide de la Russie.

Cette déclaration fige des positions désormais garanties par le déploiement de 1 960 soldats russes. Le premier ministre arménien a affirmé que la ratification de ce cessez-le-feu avait été « incroyablement douloureuse pour lui et son peuple ». Le président azerbaïdjanais avait, quant à lui, dit à cette occasion : « J’ai dit que nous chasserions (les Arméniens) de nos terres comme des chiens, et nous l’avons fait » ce qui laisse craindre le pire pour la suite des évènements.

Le bilan humain, amplement sous-estimé, est d’environ 1300 morts et comporte un exode massif des civils.
Tout indique que le pouvoir turc a équipé matériellement l’armée azérie et l’a épaulée par l’envoi d’experts et de mercenaires djihadistes.

Cette guerre a aggravé les tensions régionales, les ressentiments nationalistes, chassé de leur terre les Arméniens. La paix ne pourra être fondée sur cette occupation.

La France doit agir auprès de l’organisation des Nations unies (ONU) en vue d’assurer la protection internationale des populations arméniennes et de respecter les principes de Madrid dont l’aboutissement serait l’organisation d’un référendum ayant pour objet le statut légal du Nagorny Karabakh. Cela permettrait de frayer un chemin possible vers la paix tout en respectant les droits inaliénables des peuples.

Je lui ai demandé ce qu’il compte faire en ce sens.

Covid-19 : en pleine seconde vague, Martin Hirsch choisit de fermer les urgences de l’Hôtel Dieu !

Il y a 4 semaines, le 3 novembre 2020

Par Pierre Laurent

Le gouvernement a instauré un re-confinement, pour faire face à une seconde vague de la COVID-19, afin d’éviter une saturation des services du fait d’un manque criant de nos capacités hospitalières. Cet aveu d’échec devrait conduire Martin Hirsch, directeur général de l’AP-HP à renforcer les moyens et certainement pas à fermer les services des urgences de l’Hôtel-Dieu, hôpital de proximité par excellence, situé au centre de Paris !

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Cette décision aberrante n’aidera en rien à la prise en charge des patient·es COVID et non COVID. Brandir l’argument d’une meilleure répartition des personnels paramédicaux est un faux prétexte.

L’hôpital Hôtel-Dieu de Paris, avec ses Urgences, est en capacité d’accueillir des patient·es atteints du coronavirus, de les évaluer, de les prendre en charge et de les hospitaliser si nécessaire. Il dispose de moyens humains compétents et techniques (scanner H24) à même
de prendre en charge des patient·es dits « intermédiaires » (trop fragiles pour les renvoyer à domicile mais nécessitant une surveillance et/ou oxygénothérapie).

Les lits de cet hôpital sont indispensables également pour laisser libres ceux des autres services de soins et libérer ceux de réanimation pour les malades ne nécessitant plus de soins intensifs (soins de suite de réanimation).
De plus, il est impératif de désengorger et laisser libres les unités des autres hôpitaux qui doivent continuer à recevoir les patients hors COVID (cancérologie, pneumologie, urologie…) comme le rappelle le Conseil de l’Ordre des médecins.
Tous les témoignages des professionnels le prouvent, les déprogrammations de la première vague ont été dramatiques avec des pertes de chance majeures.

En pleine crise sanitaire et en nouveau risque d’attentat terroriste, l’heure est à l’ouverture de lits et de services ! La décision de l’AP-HP de fermer les urgences de l’Hôtel Dieu le 4 novembre prochain est inacceptable et sonne comme une provocation pour toutes celles et tous ceux qui se battent pour l’avenir de cet établissement.

C’est pourquoi, aux côtés d’élu·es locaux, nous nous rendrons le 6 novembre prochain, sur place, pour constater le nombre de chambres et locaux disponibles et non utilisés, dénoncer ce gâchis en ces temps de manque de lits et de capacités hospitalières.

En lien avec la CGT et des soignant·es, nous souhaitons montrer toute la pertinence de maintenir et développer l’Hôtel Dieu, hôpital au cœur de Paris avec des salles d’hospitalisation ouvrables immédiatement et des circuits de fluide (oxygène) opérationnels pour les unités de soins.

Laurence Cohen
Sénatrice du Val-de-Marne

Pierre Laurent
Sénateur de Paris

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