Que peut nous apprendre la gauche progressiste états-unienne ? Opinions croisées

Il y a 7 mois, le 13 décembre 2021

Par Pierre Laurent

Le mot de Pierre Laurent :

A l’image du monde en plein bouleversement, les États-Unis ont connu ces dernières années d’importants changements politiques. De l’élection de Barack Obama en 2008 à celle de Joe Biden en 2020, en passant par Donald Trump en 2016, les États-Unis d’Amérique sont traversés de mouvements très contradictoires. Dans ce contexte un espoir est apparu, avec le rôle nouveau joué par une gauche progressiste, qui remet enfin la lutte des classes au centre du jeu politique. Pour tenter de comprendre les mouvements en cours outre-Atlantique, j’ai proposé à Christophe Deroubaix, journaliste et auteur, et à Bradley Smith, enseignant-chercheur, de nous livrer leurs points de vue, et d’en tirer quelques leçons ouvertes au débat et à la réflexion.

GARDONS LE CONTACT

Les millennials, force motrice du retour de la gauche américaine

Par Christophe Deroubaix

 

La gauche américaine – dont le rôle a été central dans des moments cruciaux de l’histoire du pays (abolition de l’esclavage, New Deal, grands mouvements des années 60) – est de retour dans le paysage politique des États-Unis, disons, depuis le krach de 2008.

La jeunesse – comme groupe social – apparaît comme la principale victime de cette « Grande Récession ». Les jeunes salariés sont les premiers licenciés. Lors de la « reprise » économique, leurs rémunérations sont écrasées. Quant aux jeunes étudiants, ils se sont endettés pour payer des frais d’inscription, en pleine explosion, mais les mirobolants salaires promis grâce au sésame du diplôme ne sont pas au rendez-vous.

La jeunesse – comme groupe politique – (en réalité, bien sûr une partie de la jeunesse, celle qui vote, soit un peu plus de la moitié) a placé ses espoirs d’alternative en Barack Obama, plébiscité à hauteur de 66% par les moins de 30 ans (jamais un candidat n’avait autant suscité l’adhésion de l’électorat jeune depuis le début des années 70). Une déception – plus ou moins intense – fut au rendez-vous. Comme en témoignait, en février 2016 lors d’un meeting de Bernie Sanders dans le New Hampshire, Michael, alors âgé de 25 ans : « L’échec de la présidence d’Obama nous a fait comprendre qu’il fallait quelque chose de plus radical. »

Ce quelque chose de plus « radical » s’incarne en 2016 puis en 2020 dans les campagnes de Bernie Sanders. Elles ne sont pas couronnées de succès : le sénateur du Vermont ne décroche pas l’investiture du parti démocrate. Elles sont pourtant fructueuses : elles popularisent des idées qui, de marginales et minoritaires, deviennent centrales et majoritaires, du doublement du salaire minimum pour l’établir à 15 dollars, à la gratuité des études dans les universités publiques en passant par l’augmentation des impôts pour les plus riches et les grandes entreprises et la création d’un système de santé publique (dit « Medicare for All »). En imprimant le « 1% » dans les rétines politiques, le mouvement Occupy Wall Street – échec organisationnel mais succès idéologique – avait préparé le « fond de sauce ».

La gauche a donc d’abord signé son retour par la bataille des idées s’appuyant, principalement mais pas exclusivement, sur une force sociale : les millennials. « Aux Etats-Unis, chaque génération est un nouveau pays», disait Tocqueville. Quelles sont les caractéristiques « politiques » de cette génération, née entre 1981 et 1996 (la génération Z, née à partir de 1997, s’inscrivant dans la même lignée) ?

En 2008 – on y revient – elle a assisté à la faillite des promesses du capitalisme et s’est mise en recherche d’une alternative. Que celle-ci prenne l’aspect du « socialisme démocratique » (dont Bernie Sanders comme Alexandria Ocasio-Cortez se revendiquent) ne la gêne pas le moins du monde : elle est la première génération post-guerre froide et n’a pas grandi, contrairement aux baby-boomers, dans une ambiance permanente de « peur du rouge ».

C’est une génération qui est également le fruit des migrations : la part des « minorités » y est la plus importante depuis un siècle. Venant du monde entier (Amérique latine, Asie) elle porte forcément un autre regard sur le monde. Enfin c’est la génération la plus « éduquée » de l’histoire du pays, au sein de laquelle, pour la première fois, les femmes sont plus diplômées que les hommes (à titre indicatif, 45% des femmes de moins de 40 ans ont un niveau Bac +5).

Pour la frange la plus active, elle a constitué la force motrice des grands mouvements qui ont marqué cette décennie : le renouveau de l’antiracisme politique avec Black Lives Matter, la nouvelle phase du féminisme avec MeToo et l’émergence de la lutte contre le changement climatique comme nouvelle grande question politique. En filigrane, les inégalités – sociales, raciales, de genre.

Il faut envisager les campagnes de Bernie Sanders comme des carrefours où se sont retrouvés ces mouvements et courants. Parfois dans la tension, ou disons, dans l’élaboration par la tension : la campagne de Sanders en 2020 fait plus de place à la thématique du « racisme systémique » que celle de 2016 qui avait tendance à renvoyer les problèmes de racisme à des solutions uniquement socio-économiques.

Une autre tension travaille le camp de la transformation sociale : celle entre un discours de gauche « classique » et un discours plus « populiste » (aux Etats-Unis, le mot populisme revêt un sens très positif). Sanders comme AOC manient les deux « lexiques ». C’est le curseur qui, souvent, importe.

Lors de sa dernière campagne, Bernie Sanders a mobilisé à la fois sur ses propositions-phares comme sur un discours anti-establishment. Fin février 2020, au soir de sa victoire dans le Nevada (sa 3e victoire de rang après celle dans l’Iowa et le New Hamsphire, qui le plaçait clairement dans la peau du favori), il a axé son discours sur la « peur de l’establishment démocrate » face à ce mouvement. Celui-ci s’est rapidement réorganisé autour de la candidature de Joe Biden offrant une « offre » pour faire pièce à Donald Trump, priorité absolue des électeurs démocrates. Certains observateurs ou membres de la campagne Sanders ont ensuite estimé qu’un positionnement différent de « Bernie » – pro-changement et anti-Trump plutôt qu’anti-establishment – aurait offert moins d’espace à l’ancien vice-président de Barack Obama.

Si l’on devait résumer : la gauche américaine a signé son retour par la bataille des idées puis par la bataille programmatique, en se positionnant à la confluence des mouvements sociaux (au sens large), et en s’appuyant sur une nouvelle génération d’électeurs et de militants, donc aussi sur de nouvelles pratiques. Elle l’a fait dans le contexte singulier américain (histoire, institutions, démographie) qui recèle pourtant assez de points communs avec d’autres contextes nationaux (mondialisation, migrations, explosion des inégalités, effet du renouvellement générationnel) pour que certains éléments de réponse puissent apparaître « universels ».

 

Christophe Deroubaix est journaliste à L’Humanité. Auteur de L’Amérique qui vient (Éditions de l’Atelier, 2016) et Millenials, la génération qui secoue l’Amérique (Éditions de l’Atelier, 2019)

 

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La gauche états-unienne : quelles inspirations transatlantiques pour la gauche française ?

Par Bradley Smith

 

Reléguée depuis les années Reagan aux marges de la vie politique américaine, la gauche progressiste aux États-Unis semble aujourd’hui avoir le vent en poupe. Par deux fois un candidat se réclamant du socialisme démocratique, Bernie Sanders, a failli remporter l’investiture du Parti démocrate pour les élections présidentielles de 2016 et de 2020. De puissants mouvements sociaux, tels que Black Lives Matter ou MeToo, ont eu des retentissements internationaux en mobilisant contre les violences racistes, sexistes et sexuelles. Des centaines de milliers d’Américain·es ont participé à des manifestions pour la protection de l’environnement. Certes, l’essor de cette gauche progressiste demeure modeste en termes électoraux, et la présidence de Donald Trump a révélé l’ampleur et la détermination de l’Amérique d’extrême droite. Néanmoins, la gauche états-unienne a su maintenir une dynamique ascendante malgré les années Trump et exerce aujourd’hui une influence notable sur la politique intérieure du président Joe Biden.

Cette dynamique tranche avec la crise profonde que traverse actuellement la gauche française. Celle-ci avait elle aussi connu de grands moments d’espoir pendant la décennie 2010, grâce à la dynamique unitaire du Front de gauche et à la montée des scores de Jean-Luc Mélenchon aux élections présidentielles de 2012 et 2017. Or, le bilan catastrophique du quinquennat de François Hollande a déclenché l’effondrement du Parti socialiste et initié un concours fratricide entre les différents prétendants à une nouvelle hégémonie à gauche. Pour sortir de cette crise et retrouver un nouvel élan unitaire, trois démarches de la gauche états-unienne pourraient servir d’inspiration à la gauche française : le rassemblement autour de propositions phares au lieu d’identités partisanes, la doctrine de l’intersectionnalité et la stratégie des primaires.

 

Des propositions phares comme pôles de rassemblement

Sur le plan programmatique, si la gauche états-unienne est en dynamique ascendante aujourd’hui, c’est notamment parce qu’elle pose comme pôles de rassemblement, non pas des identités partisanes, mais des idées et des propositions phares. Ces dernières font l’objet d’une stratégie de communication qui vise la simplicité, fait appel à la population dans sa diversité et, dans le cas de propositions « socialistes », mobilise un « déjà-là » susceptible de donner des figures positives à une notion dont la majorité des Américain·es nourrit une image négative.

Dédiaboliser la notion de « socialisme » n’est pas une mince affaire dans un pays qui, depuis la révolution d’Octobre et surtout pendant la Guerre Froide, s’est construit une identité nationale par opposition au socialisme. Bernie Sanders a commencé à changer la donne lors de sa campagne de 2016 grâce à deux techniques : 1) ne jamais s’excuser d’être socialiste ; 2) envelopper les propositions dans un langage qui les inscrit dans la continuité de programmes déjà existants qui bénéficient d’un soutien populaire très large et dont le caractère « américain » ne fait pas de doute. Alexandria Ocasio-Cortez et Rashida Tlaib, toutes deux membres de Democratic Socialists of America (DSA) et élues au Congrès en 2018, ont emboîté le pas de Bernie Sanders en adoptant ces mêmes techniques.

Deux exemples en particulier illustrent cette démarche : les propositions « Medicare for All » et « Green New Deal ». La première propose de créer un régime national d’assurance-santé universelle via l’expansion du programme Medicare, une assurance-santé fédérale créée en 1965 sous la présidence de Lyndon Johnson pour les personnes de plus de 65 ans. La seconde propose toute une série de mesures économiques et sociales visant la justice sociale et climatique dans le cadre d’une économie verte. Le nom de la proposition fait référence au New Deal de Franklin D. Roosevelt, qui au milieu des années 1930 a signé une série de réformes progressistes pour faire face à la Grande Dépression. Le New Deal comme le programme Medicare sont parmi les mesures progressistes les plus populaires de l’histoire des États-Unis ; inscrire des propositions « socialistes » dans leur sillage permet ainsi de remplacer l’image radicale, marginale ou soviétique du socialisme par une image plus familière et rassembleuse.

Les deux propositions réalisent effectivement une fédération des luttes dans la mesure où elles obtiennent le soutien d’un grand nombre d’organisations gouvernementales et non gouvernementales, de mouvements et de partis politiques, d’élu·es au Congrès ou ailleurs. Les DSA, le Parti vert et de nombreux démocrates soutiennent ces propositions, mais aussi des collectifs ou mouvements féministes et antiracistes dont Black Lives Matter, ainsi que des organisations syndicales et associations professionnelles.

L’unité des progressistes états-uniens se construit ainsi autour de propositions qui n’appartiennent à aucun groupe en particulier parce qu’elles appartiennent à tous et à toutes. En France, en revanche, alors que chaque formation politique de gauche (ou presque) reconnaît la nécessité du rassemblement, chacune tend à le concevoir sous la forme d’un ralliement des autres formations à elle et à des propositions dont elle estime être la propriétaire. L’idée d’une VIe République fait partie des rares exceptions à la règle en rassemblant au-delà des clivages partisans. Développer plus de propositions de ce type et remplacer la centralité des identités partisanes par celle des propositions de fond, voilà des pistes inspirées de la gauche états-unienne qui pourraient sortir la gauche française de l’impasse.

 

Intersectionnalité

Une autre piste pour rassembler au-delà des clivages partisans se situe sur le plan doctrinaire. La gauche états-unienne qui se consolide aujourd’hui est celle qui s’efforce de s’approprier le principe d’intersectionnalité. Théorisé notamment par Angela Davis dans des ouvrages comme Femmes, race et classe (1983), ce principe avance que les individus sont au croisement de plusieurs formes de domination (genre, race, classe, orientation sexuelle, origine nationale, etc.) qu’ils subissent plus ou moins intensément selon leur situation personnelle. Il s’ensuit qu’il n’existe aucune hiérarchie naturelle ou figée entre les luttes contre ces différentes formes de domination et qu’il s’agit non seulement de fédérer ces luttes, mais aussi de les intérioriser dans le fonctionnement des organisations de gauche.

En effet, une des raisons de la dislocation de la gauche états-unienne des années 1960 a été la reproduction de la prépondérance des hommes blancs au sein de nombreuses organisations politiques et syndicales de gauche, et ce malgré l’idéologie universaliste et égalitaire professée. Les femmes y occupant un rôle subalterne, et l’idéal d’intégration signifiant pour les personnes racisées l’assimilation des normes et cultures de l’Amérique blanche, de nombreuses organisations et luttes « sectorielles » — définies selon le genre, la couleur de peau, l’origine nationale, etc. — ont émergé à cette époque pour combattre les dominations subies dans leur spécificité. Si ces mouvements ciblés ont pu obtenir des avancées significatives, leur fédération s’est avérée difficile, affaiblissant la gauche dans son ensemble sous le poids de la fragmentation des combats. Tirant des leçons de cette période, la doctrine de l’intersectionnalité aide la gauche états-unienne aujourd’hui à dépasser ces divisions sectorielles et à réaliser une nouvelle fédération des luttes.

L’intersectionnalité n’est pas absente de la gauche française, bien au contraire, mais force est de constater que la tradition de l’universalisme républicain et une version sclérosée du marxisme y posent des obstacles. Certains pans de la gauche française tiennent par exemple à la primauté des luttes de classe, en reléguant celles contre le sexisme, le racisme ou l’islamophobie au rang de luttes auxiliaires. D’autres tiennent la position inverse en évacuant la question de l’exploitation capitaliste. La gauche française n’a pas non plus été imperméable au dévoiement de la laïcité vers une forme d’intolérance religieuse vis-à-vis des musulmans. Or, lorsque les organisations de gauche cherchent à se distinguant les unes des autres selon qu’elles placent telle ou telle lutte au sommet de la hiérarchie ou qu’elles acceptent plus ou moins de reconnaître et de connaître les formes de dominations spécifiques que subissent les membres d’une certaine catégorie sociale, une dynamique unitaire devient très difficile à réaliser. L’intersectionnalité pratiquée aux États-Unis démontre que cette concurrence n’a pas lieu d’être, ni sur le plan théorique ni sur le plan pratique ; il permet ainsi de rassembler le plus grand nombre dans une véritable fédération des luttes.

 

La stratégie des primaires

Enfin, sur le plan stratégique, avec des propositions phares comme pôles de rassemblement et une intersectionnalité des luttes, la gauche états-unienne qui prend son essor est celle qui sait adapter sa stratégie électorale au mode de scrutin en vigueur et aux rapports de force partisans au sein de ce cadre. Le mode de scrutin qui domine aux États-Unis est le scrutin uninominal majoritaire à un tour, qui conduit inéluctablement à un système à deux partis : voilà 160 ans que la vie politique états-unienne est dominée par le Parti républicain et le Parti démocrate. Si de nombreux tiers partis existent aux États-Unis, le mode de scrutin en vigueur les défavorise dans la mesure où la moindre division de voix à gauche ou à droite favorise mécaniquement le camp adverse. L’argument du « vote utile » est d’autant plus puissant qu’il n’y a pas de second tour, si bien qu’il est quasi impossible d’arriver au pouvoir en dehors des deux partis dominants.

Dernière polémique en date : on reproche souvent à Ralph Nader, candidat vert à l’élection présidentielle de 2000, d’être responsable de la victoire de George W. Bush face au démocrate Al Gore en ayant divisé les voix à gauche. Nader a toujours nié cette responsabilité, en affirmant que le sens de sa candidature n’était pas de gagner — il n’avait pas d’illusion —, mais de rendre visibles certaines propositions progressistes dans le débat public afin d’exercer une pression extérieure sur le Parti démocrate. Si ce dernier n’intégrait pas ses propositions et perdait des voix, il ne pouvait que s’en prendre à lui-même. Reste qu’à l’époque cette stratégie ne s’est traduite ni par un infléchissement du programme démocrate, ni par des victoires électorales du Parti vert.

Les candidat·es progressistes qui arrivent à percer aujourd’hui aux États-Unis n’adoptent pas la même stratégie « par l’extérieur ». Elles et ils y parviennent en passant par les élections primaires du Parti démocrate tout en étant parfois membre d’un autre parti ou en bénéficiant de son soutien. C’est cette stratégie « intérieur/extérieur » qui a permis à Bernie Sanders d’être élu au Sénat et d’avoir un public national lors des primaires démocrates pour les élections présidentielles de 2016 et de 2020. En s’engageant dans les primaires démocrates, Bernie Sanders a obligé les autres candidat·es à répondre à ses propositions, changeant ainsi les termes du débat. C’est également via cette stratégie qu’Alexandra Ocasio-Cortez et d’autres membres des Democratic Socialists of America (DSA) arrivent à chasser des barons démocrates centristes de leurs circonscriptions et à remporter des sièges à la Chambre de représentants. Fort de cette stratégie électorale, de sa participation aux luttes intersectionnelles et de son soutien aux propositions communes de la gauche, DSA est devenu aujourd’hui la première organisation socialiste aux États-Unis, en passant de moins de 10 000 membres à presque 100 000 en l’espace de 10 ans.

Si en France le Parti socialiste et Europe-Écologie-Les-Verts organisent des primaires en interne, les dirigeant·es de gauche rechignent généralement à l’idée d’organiser des primaires de toute la gauche. On avance que c’est le premier tour qui sert de primaires, avant le rassemblement des forces derrière la ou le candidat de gauche arrivé au second tour. Organiser des primaires de la gauche avant même le premier tour, dit-on, ce serait priver les partis minoritaires d’une voix dans le débat public et les reléguer aux marges de la vie politique française de façon permanente.

Si ces arguments avaient sans doute un sens à l’époque où la gauche était quasiment sûre d’avoir un·e candidat·e au second tour, force est de constater que cette époque est révolue depuis le choc de 2002. Selon les derniers sondages concernant le premier tour des élections présidentielles de 2022, l’ensemble de la gauche arrive péniblement à représenter 25 % des intentions de vote. Dans ces conditions, faute d’accord entre partis pour réactiver une stratégie de front et pour présenter une seule candidature aux présidentielles, le refus d’organiser des primaires au périmètre élargi donne certes à chaque parti l’occasion d’exprimer ses idées propres lors de la campagne du premier tour, mais il prive la gauche dans son ensemble d’une perspective d’être présente au second tour. Aux États-Unis, les primaires démocrates ne réduisent pas les candidat·es de gauche au silence ; au contraire, c’est justement via les primaires que les candidat·es situé·es le plus à gauche obtiennent un public national et arrivent à influer sur les termes du débat, voire à être élu·es, sans pour autant faire courir le risque à toute la gauche de perdre les élections par excès de candidatures.

 

Tant que chaque formation politique de gauche en France s’efforcera de s’ériger en parti hégémonique en inféodant les autres selon le schéma du Parti socialiste des dernières décennies, une prochaine victoire de la gauche française risquera de se faire attendre à cause de guerres intestines, tandis que le pouvoir continuera de se disputer principalement entre la droite et l’extrême droite. Pour sortir de cette crise, le rassemblement autour de propositions phares, l’appropriation du principe d’intersectionnalité, l’ouverture à une stratégie des primaires, faute d’accord électoral négocié en amont, sont autant de pratiques efficaces de la gauche états-unienne dont la gauche française peut s’inspirer.

 

Bradley Smith est maître de conférences en études anglophones à l’Université Paris Nanterre et membre de DSA in France.

Lever les sanctions qui contribuent à la détérioration des conditions de vie du peuple malien

Il y a 9 heures, le 27 juin 2022

Par Pierre Laurent

Les sanctions envers le Mali interviennent dans un pays déstabilisé depuis près de 10 ans, conséquence notamment de la guerre otanienne contre la Libye. Elles ont été imposées sous la pression de puissances étrangères, dont la France. Elles sont inacceptables en ces temps de crises sanitaire, économique, sociale, climatique et de guerre qui frappent tous les continents, particulièrement l’Afrique. Elles doivent être annulées. C’est le sens de ma question écrite adressée à la Ministre des affaires étrangères.

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J’ai attiré l’attention de Mme la ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur l’embargo et les sanctions économiques et financières imposées depuis des mois au peuple malien par la communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union européenne (UE).

Ces mesures drastiques interviennent alors que le Mali est un pays continental, dont l’approvisionnement en produits de première nécessité dépend fortement des échanges commerciaux avec ses voisins, en particulier la Côte d’Ivoire et le Sénégal. Aujourd’hui, ces sanctions contribuent largement à la détérioration des conditions de vie du peuple malien et de la population rurale en particulier, dont 80 % sont des travailleurs du monde agricole. Certaines populations des pays limitrophes sont également impactées négativement.

Cette situation, imposée en dehors des règles du droit international, vient s’ajouter aux tensions existantes avec les bandes armées djihadistes et à l’insécurité dans le pays. Il est d’ailleurs à noter que la Cour de justice de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a ordonné le 9 janvier 2022 la suspension des sanctions économiques imposées au Mali par les chefs d’États et de gouvernements de l’UEMOA.

Il est également à noter qu’avec le conflit en Ukraine, les prix du blé flambent, comme ceux des céréales de substitution, notamment le riz. Il serait d’autant plus cruel dans ce contexte que l’embargo et les sanctions soient maintenus. Nombre d’acteurs du monde syndical, associatif et politique du Mali et d’ailleurs demandent à ce que soient levés cet embargo et ces sanctions financières et économiques, qu’elles soient françaises, européennes ou ouest-africaines. Ils demandent également que cesse toute politique d’ingérence auprès des pays membres de la CEDEAO. Ces demandes urgentes concourraient à garantir rapidement la sécurité alimentaire du Mali.

J’ai donc demandé à la Ministre les initiatives que la France comptait prendre aux niveaux national, européen et international pour aller en ce sens.

 

Question écrite n°28470 : https://senateurscrce.fr/activite-des-senateurs/les-questions-au-gouvernement/les-questions-ecrites/article/lever-les-sanctions-qui-contribuent-a-la-deterioration-des-conditions-de-vie-du

Déclaration des parlementaires à la première réunion des États parties du Traité sur l’interdiction des Armes nucléaires (TIAN)

Il y a 5 jours, le 22 juin 2022

Par Pierre Laurent

Lundi 21 juin, à la veille de la première réunion des États parties du Traité sur l’interdiction des Armes nucléaires (TIAN), des dizaines de parlementaires du monde entier se sont réunis à Vienne pour échanger sur les moyens d’aboutir à un monde libéré des armes nucléaires. Nous avons adopté cette déclaration, présentant les actions que nous nous proposons de mener dans nos pays respectifs, au service du désarmement nucléaire.

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Déclaration des parlementaires à la première réunion des États parties du Traité sur l’interdiction des Armes nucléaires (TIAN)

 

« En tant que parlementaires, déterminés à débarrasser le monde du fléau des armes nucléaires, nous sommes honorés de prendre la parole à l’occasion de cette première réunion des États parties au TIAN, qui marque une étape historique dans notre progression vers un monde exempt de ces armes. Nous sommes heureux de nous exprimer aux côtés des gouvernements, des organisations et des représentants de la société civile qui ont travaillé avec tant de détermination et de persévérance pour en arriver là, et avec lesquels nous avons eu le privilège de collaborer.

En tant que législateurs, nous exprimons notre profonde satisfaction du fait qu’avec l’entrée en vigueur du Traité en janvier 2021, les armes nucléaires sont désormais totalement interdites par le droit international. Le TIAN complète le régime juridique international interdisant les armes de destruction massive, ouvrant la voie à l’élimination totale de ces armes dans le monde entier. Nous sommes fiers du rôle que nous avons joué pour contribuer à l’entrée en vigueur de ce traité nécessaire et urgent, en travaillant à persuader les gouvernements de son importance et en soutenant les processus de ratification.

En tant que représentants du peuple, nous réaffirmons notre détermination à faire en sorte que les citoyens de nos nations – et de chaque nation – ne connaissent jamais les conséquences humanitaires catastrophiques de l’utilisation d’armes nucléaires. Nous restons douloureusement conscients qu’il ne peut y avoir de réponse adéquate à la détonation d’une arme nucléaire. Tant que ces armes existent, nous vivons tous avec un risque intolérable et effroyable. Nous soutenons une attention renouvelée sur les impacts sexués et racialisés des armes nucléaires. Avec le changement climatique, les armes nucléaires constituent une menace existentielle pour l’Humanité, menaçant de détruire le tissu social de nos sociétés.

Malgré les engagements répétés et les promesses de désarmement des États dotés d’armes nucléaires, plus de 12 000 armes nucléaires subsistent. Des sommes immenses sont dépensées pour les moderniser et les améliorer. Et les risques augmentent : les récentes menaces de la Russie d’utiliser des armes nucléaires ont accru les tensions, réduit le seuil d’utilisation des armes nucléaires et considérablement augmenté le risque de conflit nucléaire et de catastrophe mondiale. Nous sommes très préoccupés par la tendance croissante à légitimer la dissuasion et le partage des armes nucléaires en tant que mesures de sécurité.

Nous décidons donc de redoubler d’efforts pour accroître le nombre d’adhésions à ce traité et pour soutenir sa mise en œuvre. En reconnaissance des efforts de nos collègues qui ont contribué à convaincre leurs gouvernements d’assister à cette première réunion des États parties, nous nous emploierons à renforcer le soutien des parlementaires au Traité, à persuader nos gouvernements d’y adhérer, à créer des conditions propices au désarmement et à accélérer les processus de ratification.

Nous soulignerons le rôle du TIAN pour compléter et renforcer le Traité de non-prolifération nucléaire, et nous continuerons à soutenir toutes les mesures contribuant au désarmement, à la non-prolifération nucléaires et réduisant les risques nucléaires. Nous engagerons un dialogue constructif avec les décideurs politiques des États dotés d’armes nucléaires et de leurs alliés, dans le but de renforcer la sécurité internationale et de progresser vers notre objectif commun d’un monde exempt d’armes nucléaires.

Nous nous efforcerons d’allouer les ressources nécessaires pour que les dispositions du présent traité soient pleinement appliquées. Nous tirerons pleinement parti des connaissances, des compétences, de l’expertise et de l’énergie réunies à cette Assemblée des États parties, et nous invitons les États parties, les signataires, les organisations internationales et la société civile à travailler en étroite collaboration avec nous. Nous appelons nos collègues parlementaires du monde entier à signer l’engagement parlementaire d’ICAN et à nous rejoindre dans notre mission vitale.

De nombreux défis nous attendent, mais nous sommes confiants : nous avons interdit les armes nucléaires et nous les éliminerons. »

 

Texte adopté par des parlementaires des nations suivantes : Allemagne, Autriche, Belgique, Canada, Espagne, France, Irlande, Islande, Italie, Japon, Norvège, Royaume-Uni et Écosse, Suède, Suisse.

L’urgence du désarmement nucléaire mondial – par Pierre Laurent

Il y a 6 jours, le 21 juin 2022

Par Pierre Laurent

Lundi 20 juin 2022, j’ai eu la chance de me rendre à Vienne en Autriche, pour participer à la conférence parlementaire sur le Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN). Aux côtés de dizaines de parlementaires du monde entier, j’y suis intervenu pour porter l’urgence d’une ratification de ce traité par le plus grand nombre d’États, dont la France.

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L’urgence du désarmement nucléaire mondial

 

Mesdames, Messieurs, Chers collègues,

Comme parlementaire venu de France, une des grandes puissances détenant le feu nucléaire, comme vice-président du Sénat français et membre du groupe Communiste, Républicain, Citoyen et Écologiste (CRCE), c’est un grand honneur pour moi de m’exprimer devant vous.

Assurément, les peuples du monde ont aujourd’hui à écrire un nouveau chapitre du grand combat pour la paix. Si nous pouvons y contribuer ici, alors nous aurons accompli notre devoir.

En effet, les menaces qui pèsent sur notre sécurité collective n’ont jamais été aussi nombreuses. Crises économiques et alimentaires, sécheresses et dérèglement climatique, montée d’extrémismes haineux et xénophobes, surarmement… Les facteurs de déclenchement des conflits se multiplient, et les guerres, loin de les résoudre, participent à en aggraver chacun des maux. C’est à résoudre les causes profondes de ces conflits que nous devrions consacrer toutes les énergies humaines, et le monde fait aujourd’hui le contraire en renforçant la militarisation des relations internationales.

Face à la montée des périls, face aux exigences sociales et écologiques, plutôt que la construction d’une sécurité humaine globale construite sur la résolution pacifique et négociée des grands défis de notre époque et des sources de conflits,  trop  d’États répondent par le surarmement massif et incontrôlé. Partout en Europe, les dépenses militaires explosent. En France, le président Macron prétend vouloir faire basculer notre industrie dans l’économie de guerre.

Dans ce contexte les armes de destruction massive, au premier rang desquelles les armes nucléaires, rendent la situation mondiale plus dangereuse que jamais. Parce que nécessairement dédiées à la conduite d’une guerre totale, ces armes font courir un danger d’extinction à toute l’Humanité.

Depuis l’agression de la Russie contre l’Ukraine, la menace de déclenchement d’un conflit nucléaire est dangereusement banalisée. Vladimir Poutine en brandit désormais la menace, et les puissances rivales de l’OTAN répondent par l’escalade du surarmement. Cette situation montre combien la rhétorique de la « dissuasion nucléaire » est aujourd’hui aussi folle que désuète. Tant qu’existeront les arsenaux nucléaires,  la tentation de les utiliser existera, et la menace d’un péril mortel planera sur nos têtes.

C’est pourquoi l’absence du gouvernement français lors de cette première réunion des États parties du TIAN est incompréhensible et regrettable. Il y a quelques jours avec plus 50 parlementaires français, représentant un large arc de forces politiques, nous avons appelé de nouveau Emmanuel Macron à engager la participation de la France comme État observateur lors de la première réunion du TIAN.

Cet appel n’a malheureusement pas reçu de réponse favorable de la part du Président, mais nous ne baissons pas les bras. Bien au contraire, le résultat des élections législatives le 19 juin confirme qu’Emmanuel Macron n’a pas de majorité législative pour sa politique, et dans la principale opposition, la nouvelle Union populaire écologique et sociale, très nombreux seront les parlementaires à rejoindre notre combat. Avec les mobilisations populaires sans lesquelles rien ne sera possible, nous aurons plus de force aujourd’hui pour faire basculer la France dans le camp du désarmement.

Les parlementaires communistes de France, à l’Assemblée nationale et au Sénat, resteront donc pleinement engagés. Nous mettrons tout en œuvre en France, en métropole comme en outre-mer, pour engager le plan d’action que nous allons adopter, jusqu’à gagner le désarmement nucléaire mondial. Ce sera un combat difficile, long mais nous gagnerons.

 

Pour tout savoir sur la campagne ICAN : www.icanfrance.org

Pour l’indépendance du Sahara occidental

Il y a 3 semaines, le 8 juin 2022

Par Pierre Laurent

Depuis 1976, le Maroc occupe illégalement 80% du territoire de la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD). Aucun Etat n’a entériné véritablement cette colonisation. La RASD est même reconnue par 84 pays, ainsi que par l’Union Africaine.

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Cette occupation a entraîné pendant plusieurs années de violents affrontements militaires. À la fin des années 1980 le Front Polisario, représentant reconnu du peuple sahraoui, a accepté un cessez-le-feu pour permettre l’établissement de la Mission des Nations unies pour le référendum au Sahara occidental (Minurso). Depuis, le Maroc ne cesse de refuser toute résolution politique et juridique du conflit. Le roi Mohammed VI a encore récemment déclaré que « rien n’était négociable ».

Le droit international et les résolutions de l’ONU sont pourtant sans ambiguïté : il n’existe aucun lien de souveraineté territoriale entre le Maroc et le Sahara occidental. Le peuple sahraoui a un statut séparé et distinct du Maroc. Inscrit sur la liste des territoires à décoloniser de l’ONU, il est titulaire du droit à l’autodétermination, par la voie du référendum.

Le Front Polisario n’a pas ménagé ses efforts, en acceptant de nombreuses solutions de compromis, ainsi qu’en donnant des garanties au Maroc dans le cas où le référendum aboutirait à l’indépendance. Rabat a balayé d’un revers de main ces propositions, portant l’entière responsabilité de l’échec du processus de paix.

À la suite de la brutale intervention de l’armée marocaine au poste de frontière de Guerguerat, le 13 novembre 2021, le cessez-le-feu a volé en éclats après 30 ans d’attente de l’organisation du référendum d’autodétermination, provoquant un retour à la case départ.

Les gouvernements français portent une lourde responsabilité dans cette situation. Avec l’Espagne et les Etats-Unis, la France s’oppose à l’organisation du référendum. Elle a même brandi la menace d’utiliser son droit de veto au Conseil de sécurité de l’ONU. Cela encourage l’intransigeance du Maroc, permet la répression impitoyable des sahraouis et le pillage de leurs richesses tout en exacerbant l’instabilité régionale.

Les violations des droits humains sont une constante de l’occupation marocaine dans les territoires sahraouis occupés. Elles se sont même renforcées avec la reprise des hostilités. Cette escalade inquiétante frappe les activités des défenseurs des droits humains, leurs associations, syndicats, les militants sahraouis, ainsi que les familles de prisonniers qui subissent les violences des forces de sécurité, d’agents en civil et de groupes para-policiers, dans une atmosphère de militarisation accrue.

À l’échelle de l’UE, la France agit en meneur de tout ce qui vise à contourner les différentes décisions de la Cour européenne de justice qui a annulé, en septembre 2021, plusieurs accords de partenariat entre le Maroc et l’UE, qui accordaient des préférences tarifaires aux produits issus des territoires sahraouis occupés.

Oui, nous devons sortir du « deux poids, deux mesures » dans les relations internationales. L’application du droit international ne peut pas être à géométrie variable, en fonction des supposés « intérêts de la France ».

Oui, la France doit cesser de soutenir inconditionnellement le Maroc, pour revenir à une politique de neutralité et d’équilibre visant au respect absolu du droit international afin de trouver une issue pacifique au conflit. Il appartient au peuple sahraoui et à lui seul de déterminer son avenir.

Pierre Laurent
Sénateur (PCF) de Paris
Vice-président de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées du Sénat

Rapport sur les dépenses de l’UE pour le climat : quelles initiatives pour remédier aux manquements dénoncés ?

Il y a 3 semaines, le 7 juin 2022

Par Pierre Laurent

M. Pierre Laurent attire l’attention de Mme la ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur le rapport publié le 30 mai 2022 de la Cour des comptes européenne (CCE) portant sur les dépenses de l’Union européenne (UE) pour le climat de 2014 à 2020. La CCE estime que les dépenses climatiques correspondantes étaient plus […]

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M. Pierre Laurent attire l’attention de Mme la ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur le rapport publié le 30 mai 2022 de la Cour des comptes européenne (CCE) portant sur les dépenses de l’Union européenne (UE) pour le climat de 2014 à 2020.

La CCE estime que les dépenses climatiques correspondantes étaient plus susceptibles de représenter environ 13 % du budget de l’UE, soit 144 milliards d’euros, plutôt que les 20 % déclarés. Elle estime également que la méthodologie de suivi des dépenses climatiques ne prend en compte que l’impact positif potentiel sur le climat et ne suit pas les impacts négatifs potentiels des mesures qui servent d’autres objectifs de l’UE.

Le rapport de la CCE stipule également que c’est dans la politique agricole que les dépenses climatiques sont le plus surestimées, de près de 60 milliards d’euros. Citant, comme un des exemples en la matière, l’agriculture biologique, elle déclare que les chiffres de la Commission ignorent les inconvénients potentiels tels que la baisse de la productivité agricole et l’augmentation des importations de céréales en provenance de pays dont les règles environnementales sont moins strictes.

La CCE s’est inquiétée, en outre, de la fiabilité des rapports sur le climat pour la période actuelle, affirmant que la plupart des problèmes identifiés pour la période 2014-2020 subsistent. Elle s’en inquiète d’autant plus que, dans le budget actuel, l’UE s’est engagée à consacrer au moins 30 % de son budget à l’action climatique, un objectif qui passe à 37 % lorsqu’il s’agit du fonds de relance de l’UE de 800 milliards d’euros résultant de la crise de la Covid-19, adopté en 2020

La CCE formule de nombreuses recommandations parmi lesquelles figurent celles qui traitent de la politique agricole commune (PAC), qui représente environ 40 % de l’ensemble des dépenses de l’UE. Par conséquent, il lui demande ce que la France compte prendre comme initiatives au niveau national et européen pour remédier aux manquements dénoncés par ce rapport, rattraper le retard et remplir les objectifs futurs.

 

Suppression du corps diplomatique : renoncer à une mesure décidée loin de tout débat démocratique

Il y a 3 semaines, le 3 juin 2022

Par Pierre Laurent

J’ai attiré l’attention de Mme la ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur la suppression du corps diplomatique prévue le 1er janvier 2023. Le décret qui institue cette suppression de la diplomatie de métier, aurait un effet néfaste sur l’action de la France dans le monde selon de très nombreux acteurs, dont les actuels […]

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J’ai attiré l’attention de Mme la ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur la suppression du corps diplomatique prévue le 1er janvier 2023.

Le décret qui institue cette suppression de la diplomatie de métier, aurait un effet néfaste sur l’action de la France dans le monde selon de très nombreux acteurs, dont les actuels fonctionnaires du quai d’Orsay qui mènent un mouvement social à son encontre.

Ce déclassement de la diplomatie française prolonge malheureusement la logique en cours depuis de nombreuses années avec la diminution des moyens mis à la disposition de celle-ci alors que parallèlement les budgets militaires augmentent sans cesse. Elle est l’un des derniers symptômes d’une politique étrangère française à la dérive depuis des années et qu’il faut revoir de toute urgence de la cave au grenier.

L’un des premiers pas dans cette direction serait de renoncer à cette suppression du corps diplomatique décidée loin de tout débat démocratique.

 

Question écrite n°28189 : https://senateurscrce.fr/activite-des-senateurs/les-questions-au-gouvernement/les-questions-ecrites/article/renoncer-a-une-mesure-decidee-loin-de-tout-debat-democratique

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