Il y a 4 mois, le 7 octobre 2021

Par Pierre Laurent

Avec mon collègue Pierre Ouzoulias, j’ai eu l’honneur de recevoir hier Monsieur Charbel Nahas, ancien ministre de la République libanaise, accompagné de représentants du parti « Citoyens et Citoyennes dans un État ». Parti prenante des mouvements populaires de 2019-2020 le parti vise, avec les forces progressistes du pays, à construire un État démocratique et social au […]

GARDONS LE CONTACT

Avec mon collègue Pierre Ouzoulias, j’ai eu l’honneur de recevoir hier Monsieur Charbel Nahas, ancien ministre de la République libanaise, accompagné de représentants du parti « Citoyens et Citoyennes dans un État ».
Parti prenante des mouvements populaires de 2019-2020 le parti vise, avec les forces progressistes du pays, à construire un État démocratique et social au Liban, au-delà des communautés confessionnelles.
Nous avons échangé sur la situation politique actuelle, gravissime pour le peuple libanais, ainsi que sur les initiatives à prendre pour favoriser la coopération et l’échange d’expériences, dans des domaines tels que la santé ou l’éducation.
En effet bien loin de l’opération publicitaire de M. Macron à Beyrouth, la France pourrait jouer un véritable rôle d’appui au développement de services publics solides, dans le respect de l’indépendance du Liban.
Dans cette période difficile, nous restons mobilisé·e·s et n’oublions pas le peuple libanais.

Retraites : tous concernés, tous mobilisés !

Il y a 4 mois, le 30 septembre 2021

Par Pierre Laurent

Mardi 5 octobre, 8 organisations syndicales appellent à la mobilisation pour les salaires, l’emploi, les conditions de travail et d’études. Mais avant cela, ce vendredi 1er octobre, ce sont les retraité·es qui battent le pavé dans tout le pays. Leur lutte est juste et nécessaire et nous serions bien avisé·es de les soutenir. Voici pourquoi.

GARDONS LE CONTACT

Macron et la droite maltraitent les retraité·es

Dès le début du quinquennat d’Emmanuel Macron, les retraité·es ont été désigné·es comme privilégié·es, et donc comme cibles prioritaires de ses « réformes ». Souvenons-nous, c’était à l’automne 2017 : la majorité macroniste faisait adopter au forceps une hausse de 1,7% de CSG sur les retraites. Fort heureusement la forte mobilisation tout au long de l’année 2018 avait permis de faire reculer le Gouvernement : cette mesure inique fut annulée dès le 1er janvier 2019.

Ce recul tactique imposé à M. Macron n’a pas empêché de nouvelles attaques tout au long du mandat. Pensons à la dangereuse réforme des retraites instituant le système à points, qui n’a été abandonnée temporairement qu’en raison de la pandémie mondiale de Covid-19. Par ailleurs, le projet d’alignement du taux de CSG des retraité·es sur celui des actifs reste en discussion au Gouvernement, tout comme l’idée de réduire l’abattement fiscal de 10% accordé aux plus de 65 ans ou invalides.

En attendant, le quotidien des retraité·es continue à se dégrader. L’effet des réformes votées par la droite lorsqu’elle était au pouvoir se fait cruellement sentir, et ça n’est pas près de s’arranger… La revalorisation des pensions en 2021 (+0,4% pour la retraite de base, +1% pour les complémentaires) reste en complet décalage avec l’augmentation des prix. Dans ce contexte, les retraité·es ont mille fois raison de manifester, de revendiquer pour gagner le respect de leurs droits après toute une vie au travail.

Protection sociale : le hold-up du siècle

Il faut bien comprendre la portée civilisationnelle des reculs imposés par la droite puis Macron. Depuis des décennies, les capitalistes rêvent de démolir la retraite par répartition (basée sur la solidarité directe des actifs envers les retraité·es, transitant par la Sécurité sociale) pour faire advenir la retraite par capitalisation (chacun épargne pour son propre compte, auprès d’assurances privées).

En effet, l’enjeu est considérable : l’assurance Vieillesse, cela représente plus de 200 milliards d’euros de dépenses chaque année. Confrontés à la crise du capitalisme depuis 2008, les grands groupes financiers ont à maintenir à tout prix leur taux de profit, en cherchant sans cesse de nouveaux marchés à s’approprier. En ce sens, les retraites représentent une manne financière inespérée, une source de profits colossale. Et pour cause : avec le système répartition, l’assuré récupère en moyenne l’équivalent en pensions de 97% des cotisations versées au cours de sa vie… contre 75% avec les assurances privées, dans le régime par capitalisation. 25% de marge, voilà qui en fait rêver plus d’un.

Malheureusement, les grands groupes financiers sont en passe de réussir ce hold-up du siècle. Réforme après réforme, ils ont abîmé la confiance que les Français·es portent au système de retraites. Ainsi selon le sondage Odoxa publié cette semaine, 59% de nos concitoyen·nes n’ont pas confiance dans le système de retraites, un chiffre en augmentation. L’immense majorité des jeunes se voit partir en retraite « bien plus tard qu’ils ne le souhaiteraient ». Conséquence logique, les Français·es épargnent de plus en plus (220 euros par mois en moyenne), et de plus en plus tôt (dès 34 ans en moyenne). Soutenir la mobilisation des retraité·es, c’est donc agir pour renverser la vapeur, pour protéger et conforter notre système solidaire de retraite.

Le combat continue, dans la rue et au Parlement

A travers la question des retraites, c’est un aussi vrai projet d’émancipation que nous pouvons porter. Toujours dans cette étude d’Odoxa, 52% des actifs (dont 67% des plus de 50 ans) attendent leur retraite, comme un moment de liberté et de bonheur. La retraite, en tant que droit conquis par nos aîné·es, c’est cette période de la vie consacrée au repos, aux loisirs, à l’investissement associatif ou familial… C’est ce temps libéré de la tutelle patronale, dans lequel chacun·e peut librement réaliser ses projets. C’est cette conception de la retraite que nous devons faire gagner, par nos mobilisations sociales mais aussi électorales.

Ensemble, portons l’urgence d’augmenter les retraites et les pensions, en les indexant sur le salaire moyen, et finissons-en avec toute retraite inférieure au SMIC. Défendons la retraite à 60 ans à taux plein, financée par la hausse des cotisations et donc des salaires, une mesure juste et nécessaire à la fois pour vivre en meilleure santé, laisser la place aux jeunes et accompagner la relance écologique de notre économie.

Ces choix de société, les communistes les défendront lors des élections présidentielle et législatives de 2022, en cherchant toujours à rassembler largement pour l’intérêt général. Avant cela, nos parlementaires seront à pied d’œuvre dans les prochaines semaines, lors des débats sur les budgets de la Sécurité sociale et de l’Etat. Pour donner du poids à ces idées de progrès, soyons très nombreux dans les rues, ce vendredi 1er octobre aux côtés des retraité·es !

Situation des salariés effectuant le nettoyage des locaux du campus de Jussieu – Ces travailleuses et ces travailleurs ont droit au respect de leur dignité

Il y a 4 mois, le 27 septembre 2021

Par Pierre Laurent

J’ai attiré l’attention de Mme la ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation sur la situation des salariés effectuant le nettoyage des locaux du campus de Jussieu. La direction de l’entreprise de sous-traitance, qui est depuis février dernier en charge du nettoyage, emploie selon ses salariés des méthodes brutales, ce en vue […]

GARDONS LE CONTACT

J’ai attiré l’attention de Mme la ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation sur la situation des salariés effectuant le nettoyage des locaux du campus de Jussieu.
La direction de l’entreprise de sous-traitance, qui est depuis février dernier en charge du nettoyage, emploie selon ses salariés des méthodes brutales, ce en vue de faire signer des avenants aux contrats de travail imposant des changements d’horaires incompatibles avec les obligations familiales et professionnelles de ceux-ci. Leurs charges de travail sont en train d’augmenter considérablement, et les conditions de travail se dégradent.
Des irrégularités graves en matière de paiement des indemnités journalières et même de contrats sont constatées. Une liste des revendications exprimées par les salariés a été envoyée le 2 septembre 2021 par leur syndicat à la direction de l’entreprise, avec demande d’ouverture de négociations. Aucune réponse n’a été apportée à cette demande. De ce fait, les 130 agents de l’université parisienne de la Sorbonne sur le campus de Jussieu sont en grève.
Je lui ai demandé ce qu’il compte faire en vue de permettre un véritable dialogue social, aboutissant à la satisfaction des demandes de ces travailleuses et travailleurs qui, comme tous les autres salariés, ont droit au respect et à la dignité.
Plus généralement, je lui ai demandé s’il ne serait pas nécessaire d’entamer une réflexion sur la création de postes d’agents publics dans les universités, en vue de mettre fin au recours à cette
sous-traitance.

Candidature problématique à la présidence d’Interpol – Eviter la privatisation d’une instance publique internationale

Il y a 4 mois, le 21 septembre 2021

Par Pierre Laurent

Ahmed Nasser Al-Raisi,  général émirati accusé de complicité de torture dans son pays, se porte candidat à la présidence d’Interpol après que son pays ait « préparé » le terrain en versant notamment des dizaines de millions d’euros à la Fondation d’Interpol ! J’ai attiré l’attention de M. le ministre de l’Europe et des affaires […]

GARDONS LE CONTACT

Ahmed Nasser Al-Raisi,  général émirati accusé de complicité de torture dans son pays, se porte candidat à la présidence d’Interpol après que son pays ait « préparé » le terrain en versant notamment des dizaines de millions d’euros à la Fondation d’Interpol !

J’ai attiré l’attention de M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur la situation d’Interpol. En vue de favoriser leur candidat à la tête de cette institution, les Émirats arabes unis (EAU) se sont engagés à y verser 50 millions d’euros pendant cinq ans, soit la cotisation annuelle d’une centaine d’États.

Ces sommes considérables transitent par la fondation Interpol.

Depuis 2016, il y eut l’ouverture d’un bureau central à Abou Dabi, l’organisation d’un forum d’Interpol sur la sécurité en 2017, d’une assemblée générale dans la capitale des EAU et, en 2018, la création d’un poste d’« ambassadeur » de la Fondation, confié à un émirati.

Avec ces dons, les EAU, dont la quote-part du budget d’Interpol est seulement de 0,455 %, deviennent ainsi deuxième contributeur après les États-Unis d’Amérique.

Il est à noter que le candidat à la présidence d’Interpol que veulent favoriser les EAU est un général émirati, accusé de complicité de torture dans son pays.

Le Parlement européen s’est inquiété en septembre 2021 du profil de ce candidat, qui fait objet de plusieurs procédures juridiques.

Je lui demande quelle est la position de la France par rapport à cette candidature, qui semble aux yeux de beaucoup inappropriée pour le moins.

Plus généralement, je lui demande si lors de la prochaine assemblée générale la France compte lancer une réflexion en vue de financements suffisants pour le fonctionnement de cette institution, avec pour objectif d’éviter la situation actuelle que beaucoup dénoncent comme une tentative de privatisation d’une instance publique internationale.

Conséquences néfastes résultant de la loi d’orientation des mobilités

Il y a 4 mois, le 20 septembre 2021

Par Pierre Laurent

J’ai attiré l’attention de Mme la ministre de la transition écologique sur certaines conséquences néfastes résultant de la loi n° 2019-1428 du 24 décembre 2019 d’orientation des mobilités. Celle-ci prévoit, parmi d’autres dispositions, la mise en concurrence des opérateurs de transports notamment en Île-de-France. De plus en plus de salariés sont touchés par cette logique préjudiciable pour eux tant en termes de santé, de conditions de travail, de temps de travail, de rémunération que de services rendus aux usagers. De plus en plus de travailleurs contestent cette logique. Parmi ceux-ci il y a les conducteurs de bus de Transdev Melun Val-de-Seine en grève pour dénoncer ce dumping social qui a pour conséquences, entre autres, l’augmentation des amplitudes horaires, l’augmentation des cadences et des rémunérations qui baissent globalement. Ils demandent la mise en place d’une médiation en vue d’une prise en compte de leurs revendications. Il lui demande ce qu’elle compte faire en vue de donner satisfaction à cette demande urgente d’un dialogue social approfondi et sérieux.
Plus généralement, je lui ai demandé ce qu’elle compte faire en vue d’agir en faveur d’un moratoire de la mise en concurrence des opérateurs de transports, notamment en Île-de-France, concomitamment à la mise en place d’un débat dans le pays et au Parlement en vue de la mise en place d’une politique de mobilités respectant les droits des travailleurs, en adéquation avec les besoins des populations, répondant aux exigences de la crise climatique et financée de manière pérenne.

GARDONS LE CONTACT

Celle-ci prévoit, parmi d’autres dispositions, la mise en concurrence des opérateurs de transports notamment en Île-de-France. De plus en plus de salariés sont touchés par cette logique préjudiciable pour eux tant en termes de santé, de conditions de travail, de temps de travail, de rémunération que de services rendus aux usagers. De plus en plus de travailleurs contestent cette logique. Parmi ceux-ci il y a les conducteurs de bus de Transdev Melun Val-de-Seine en grève pour dénoncer ce dumping social qui a pour conséquences, entre autres, l’augmentation des amplitudes horaires, l’augmentation des cadences et des rémunérations qui baissent globalement. Ils demandent la mise en place d’une médiation en vue d’une prise en compte de leurs revendications.

Je lui ai demandé ce qu’elle compte faire en vue de donner satisfaction à cette demande urgente d’un dialogue social approfondi et sérieux.

Plus généralement, je lui ai demandé ce qu’elle compte faire en vue d’agir en faveur d’un moratoire de la mise en concurrence des opérateurs de transports, notamment en Île-de-France, concomitamment à la mise en place d’un débat dans le pays et au Parlement en vue de la mise en place d’une politique de mobilités respectant les droits des travailleurs, en adéquation avec les besoins des populations, répondant aux exigences de la crise climatique et financée de manière pérenne.

Journées d’étude des parlementaires

Il y a 4 mois, le 16 septembre 2021

Par Pierre Laurent

Aujourd’hui et demain en Dordogne pour les Journées Parlementaires, avec mes collègues
Les députés communistes et les Sénateurs Communistes Républicains Citoyens et Écologistes.

GARDONS LE CONTACT

Après nos travaux de la matinée consacrés aux réponses à apporter à la crise démocratique, nous avons pu rencontrer les apprentis du restaurant gastronomique de la CCI ; un bel échange avec des jeunes motivés et talentueux !
Merci à Marie Claude Varaillas, sénatrice de la Dordogne et à Jacques Auzou, Maire de Boulazac pour leur accueil chaleureux en pays périgourdin.

« Silence like a cancer grows – Le silence comme un cancer grandit, et il tue » (Simon and Garfunkel)

Il y a 4 mois, le

Par Pierre Laurent

Aujourd’hui, 16 septembre, 2021, 84ème femme tombée, depuis le 1er janvier, sous les coups de son conjoint ou de son ex-conjoint.

GARDONS LE CONTACT

Au gouvernement, plus personne n’en parle. Comme si l’urgence était de se taire, de ne plus entendre le cri des femmes, de leurs enfants, de toutes celles et ceux qui n’en peuvent plus des silences complices, de l’impunité, des demi-mesures, qui ont pour conséquence de préserver un système basé sur les dominations patriarcales et masculines.
Le Grenelle organisé « contre les violences conjugales » en 2019, après 132 victimes cette année-là, n’a accouché que d’ajustements juridiques, de promesses législatives lointaines… mais d’aucun centime de plus consacré au budget de l’État contre les violences faites aux femmes.
Deux ans après, c’est le règne du « circulez y a rien à voir » ! « Silence like a cancer grows… » chantent Simon and Garfunkel. Ce cancer grandit et il tue.
Nous sommes déterminés à poursuivre le combat pour que l’État prenne ses responsabilités et débloque les fonds nécessaires pour lutter contre ces drames quotidiens. Il en va de vies humaines, de la société d’égalité que nous voulons construire, du monde que nous voulons laisser à nos enfants.
« Dans 16 féminicides, c’est Noël » disait une pancarte en 2019. Aujourd’hui, 16 septembre 2021, une 84ème victime est décédée. Qu’en sera-t-il le 24 décembre Emmanuel Macron ? Le cadeau laissé par le Gouvernement sera-t-il toujours aussi inhumain ?
J’avais à cœur aujourd’hui de rappeler l’urgence de ce combat et la ténacité qu’il exige.

Commémoration « Monnerville – l’héritage »

Il y a 4 mois, le 15 septembre 2021

Par Pierre Laurent

J’ai eu l’honneur de présenter, aux côtés de Gérard Larcher, Président du Sénat, et en ma qualité de Président de la Délégation du Bureau chargée de la politique événementielle et du musée du Luxembourg, à la présentation, dans le Jardin du Luxembourg, de l’exposition retraçant la vie de Gaston Monnerville, Président du Sénat de 1947 à 1968, et son engagement politique.

GARDONS LE CONTACT

Démocratie : nous ne sommes rien, soyons tout !

Il y a 4 mois, le

Par Pierre Laurent

Ce mercredi 15 septembre est la « journée internationale de la démocratie », qui salue l’adoption par l’ONU d’une déclaration universelle sur la démocratie. Vous n’en entendrez aucunement parler dans notre pays et pourtant quel sujet plus brûlant et plus fondamental que celui-là.

GARDONS LE CONTACT

Cette initiative de l’ONU souligne un terrible paradoxe : jamais la démocratie n’a été autant menacée et, si l’existence de cette journée est utile, le respect et le développement de la démocratie exige un combat redoublé de tous les jours, y compris dans les pays comme les nôtres où les luttes populaires ont porté haut dans l’histoire ces combats pour la démocratie.

Récemment, la Fondation libérale Fondapol publiait une enquête sur le thème « Où va la démocratie ?» en interrogeant plus de 22 000 personnes dans les vingt-six pays de l’Union européenne. Dans leur majorité, les Européens, et parmi eux les Français, jugent que la démocratie représentative «fonctionne mal ou très mal». L’étude met en évidence les différents symptômes de cette crise de la représentation. Ainsi, très majoritairement, les citoyens européens estiment que la plupart des responsables politiques défendent avant tout leurs propres intérêts, que les femmes et les hommes politiques sont corrompus. Ils expriment de la défiance envers les parlementaires, les lieux et institutions de la démocratie, les partis politiques. Les médias et les syndicats semblent eux aussi massivement discrédités.
«Il importe de prendre en compte l’hypothèse d’un dépérissement démocratique, de s’interroger sur la situation présente et sur le possible devenir de la démocratie », commentait la Fondation. Nombreux seraient les exemples à prendre qui furent, ces dernières décennies, autant d’étapes de cette dégradation. Le sort réservé à l’expression populaire sur le TCE en 2005 en fut l’une des plus marquantes. En 2021, le constat reste le même, aggravé sans doute même. La participation, historiquement faible lors des dernières élections régionales, en fut un symptôme des plus alarmants. La manière dont on cherche à corseter le débat et les enjeux des échéances électorales de 2022 en est un autre.

A l’évidence, les pouvoirs en place ont besoin qu’on leur dégage le terrain et qu’on leur laisse les mains libres pour mener cette guerre économique féroce qu’est la
« concurrence libre et non faussée » à l’échelle du monde, qu’on les débarrasse de ces
« pesanteurs » que sont la fiscalité, les cotisations sociales, les droits des salariés, qu’on flexibilise le « marché du travail », qu’on privatise les entreprises nationales et les services publics, qu’on réduise les dépenses publiques, qu’on renonce au droit à la retraite, et qu’on renforce les fonctions dites «régaliennes» de l’État pour garantir la pérennité de ce nouvel ordre social.
Et alors même que la crise du covid, la crise climatique ou l’emprise mondiale des Gafam et des multinationales sur l’avenir de l’humanité posent tant de questions sur l’avenir de la démocratie, l’acharnement à poursuivre dans les mêmes voies reste partout le credo dominant. Et s’ouvrent ainsi les voies d’une théorisation sur le besoin qu’auraient les citoyens de régimes plus autoritaires pour remettre de l’ordre dans les sociétés.

Pourtant, à y regarder de près, les citoyens disent tout autre chose. Ainsi, selon l’IFOP, de 85 à 90 % des Français sont attachés à la démocratie ! Un score sans appel. Mais plus de 60 % considèrent qu’elle «fonctionne mal».
Les attentes des Français en matière d’amélioration de la démocratie place en tête l’exigence de prise en compte des pétitions citoyennes : 77 % pour «obliger les élus à débattre d’un sujet ou à étudier une proposition de loi si une pétition a recueilli un nombre très important de signatures», 69 % pour qu’une telle pétition puisse contraindre à organiser un référendum. Des résultats qui conduisaient le directeur de la revue ayant publié cette enquête d’opinion à constater : «Les Français souhaiteraient s’impliquer davantage. Ils peuvent aujourd’hui s’exprimer directement sur l’action politique via les réseaux sociaux, mais ne peuvent pas encore influencer directement les décisions politiques.»
C’est bien cela, en fait, qui est au centre du fossé qui s’est creusé entre les Français et la politique, les institutions, la notion même de démocratie. Beaucoup de nos concitoyens se sentent floués et méprisés et, bien sûr, d’abord celles et ceux qui perdent le plus à cette perte de substance de la démocratie, les plus jeunes et les couches populaires qui forment les gros bataillons des abstentionnistes. Ce qu’ils refusent, c’est la démocratie du « Je ne veux voir qu’une tête » réprimant l’antagonisme social.
C’est au contraire
dans la reconquête de pouvoirs d’intervention à tous les niveaux de la société et dans les libertés que supposent l’exercice réel de ces pouvoirs, la liberté d’expression, de manifestation, d’organisation de forces diverses et opposées, dans la vivacité du débat et de la confrontation entre ces forces qu’ils reconnaissent la démocratie.

Depuis plus de deux siècles, cet appétit de liberté et de dignité parcourt l’histoire de notre peuple. On le reconnaît dans la formule fondatrice en 1789 de Sieyès, un des « pères » de la République : « Qu’est-ce que le Tiers-État ? Tout. Qu’a-t-il été jusqu’à présent dans l’ordre politique ? Rien ». On le retrouve dans l’affirmation du prolétariat clamée par l’Internationale : « Nous ne sommes rien, soyons tout ! ».

Cette exigence de devenir ou de redevenir «tout» s’appelle le droit à une citoyenneté pleine et entière dans la cité comme dans l’entreprise, pour maîtriser sa vie et son travail, dans une coopération librement consentie avec toute la communauté citoyenne. C’est ce droit qu’il faut revivifier, en revenant à son sens premier qui est son sens véritable : le droit d’exercer la plénitude des pouvoirs de la citoyenne ou du citoyen, porteur d’une part de la souveraineté du peuple ; le droit pour chacune et pour chacun de participer à la prise des décisions qui l’engagent dans une nouvelle République d’intervention citoyenne. Cela implique de lever les obstacles qui l’entravent: la logique monarchique des institutions, les coups portés à la démocratie représentative, la confiscation de la politique contre son exercice populaire par toutes et tous, l’omniprésence des «experts» et des institutions non élues.

En cette journée internationale de la démocratie, ce qui est urgent et frappe à notre porte est bien la volonté de « démocratisation de la démocratie ».

Cette exigence s’impose aujourd’hui à tous les niveaux, local, national, européen et mondial. L‘humanité, depuis qu’elle existe, n’a jamais été confrontée à des enjeux d’un tel niveau. Il s’agit du sort de la planète et du genre humain. De l’avenir des générations futures. Ce que les sociétés humaines ont construit peut bifurquer à nouveau grâce à l’intervention humaine démocratique et partagée. Rien n’est écrit. L’humanité peut s’extirper de l’engrenage autoritaire qui menace, pour échapper aux logiques prédatrices du capitalisme mondialisé.
Faire sauter ce verrou – ou plutôt, ces verrous, car ils sont nombreux –, du local au global, comme on dit, est
une tâche centrale à l’ordre du jour de l’humanité.
Que cette journée internationale de la démocratie serve au moins à y réfléchir tous ensemble !.

Afghanistan – Ne pas fuir une nouvelle fois les responsabilités qui incombent à notre pays

Il y a 5 mois, le 26 août 2021

Par Pierre Laurent

Monsieur le président,
Lors de votre allocution devant la nation, lundi 16 août au soir, vous avez publiquement pris acte du retour au pouvoir, après 20 ans de guerre et d’occupation militaire américaine et occidentale, des talibans afghans en Afghanistan. Vous avez également tenu à rappeler le rôle tenu, dans ce pays, sur le plan militaire, par la France, de 2001 à 2014, aux côtés des États-Unis d’Amérique.

GARDONS LE CONTACT

Monsieur le président,
Lors de votre allocution devant la nation, lundi 16 août au soir, vous avez publiquement pris acte du retour au pouvoir, après 20 ans de guerre et d’occupation militaire américaine et occidentale, des talibans afghans en Afghanistan. Vous avez également tenu à rappeler le rôle tenu, dans ce pays, sur le plan militaire, par la France, de 2001 à 2014, aux côtés des États-Unis d’Amérique.
Vous avez cru bon de qualifier cette guerre décrétée par GW Bush, alors président, de «combat juste». Vous avez affirmé que c’était «l’honneur de la France» d’y avoir participé pendant 13 années et rappelé en cela la mémoire de nos 90 soldats tombés en service. Justement, en leur mémoire et en hommage aux troupes et personnels engagés, en hommage aux Afghan-e-s, en hommage aux morts et en respect des vivants, en soutien à celles et ceux qui ont besoin de solidarité, il faut tenir un langage de vérité et de lucidité. Il en va de l’honneur de l’Afghanistan et de celui de la France, de ne pas, comme vous l’avez fait, réécrire l’histoire.
Permettez-moi, Monsieur le président, de rappeler ceci :
Il est un fait historique clairement établi que l’invasion de l’Afghanistan en 2001 par les forces armées américaines, appuyées par une coalition occidentale, était à l’origine une expédition punitive revendiquée, ayant pour but de forcer le gouvernement taliban afghan à livrer Oussama Ben Laden, responsable des attentats du World Trade Center. Il s’agissait, comme l’a dit très clairement le président Biden, de venger les attentats mais aussi une trahison aux yeux des États-Unis, Ben Laden ayant longtemps travaillé avec les services américains. Le sort du peuple afghan, et je pense tout particulièrement à celui des femmes de ce pays, était dès lors bien éloigné, dès l’origine, des motivations de cette intervention qui ne visait en rien une solution de paix et de sécurité internationale.
Que le terrorisme comme mode d’action criminel, que l’obscurantisme islamique et sa violence constituent des facteurs de chaos et de dangers qu’il faut combattre résolument et battre durablement, ne fait aucun doute chez toutes celles et ceux qui sont épris de démocratie. Mais cela n’enlève rien au caractère criminel et illégal de ce que fut alors cette intervention militaire qui ne fut rien d’autre qu’une vengeance sans perspective politique démocratique pour l’Afghanistan, la région et le monde. C’est le peuple afghan qui, à nouveau, après la guerre civile puis l’intervention russe, après enfin 5 ans de régime taliban (adoubé par les États-Unis), en a payé le lourd tribut. L’honneur de la France eût été de ne pas céder à cette injonction aux allures de loi du Talion. Et je me dois, d’ailleurs, de vous rappeler à quel point les Français ont exprimé au fur et à mesure du temps leur opposition à cette intervention et présence militaires françaises. Les 20 années d’opérations et d’occupation militaires leur ont donné raison et sont venues confirmer qu’il s’ agissait là d’une impasse et d’une erreur historique des plus graves: non seulement les réseaux et groupes terroristes en question n’ont pas faibli mais l’Afghanistan a servi de base de formation aux nombreux groupes qui apparaîtront ensuite au Sahel comme au Moyen-Orient et qui sont aujourd’hui à l’œuvre. La militarisation des relations internationales ne cesse de nourrir partout la guerre et la misère.
Les historiens sérieux ont aussi démontré que la décision, prise ensuite par le même président américain, d’engager une guerre en Irak, sur des bases mensongères, a renforcé le processus amorcé par l’invasion militaire de l’Afghanistan. Ce fut là, on s’en souvient, l’honneur de la France que de s’y opposer publiquement.
Mais dans le même temps, les politiques de connivence de la France et de ses alliés de l’Otan avec des pays , soutenant des forces islamistes violentes, notamment les talibans, ont favorisé la déstabilisation d’états, la persécution des forces démocratiques, progressistes et de paix, la militarisation et l’internationalisation des conflits. Il en est de même du double jeu constant exercé par les puissances internationales et régionales sans que jamais les aspirations légitimes et réelles, démocratiques et socio-économiques, des peuples de cette vaste région ne soient respectées.
Je ne vous dis rien que vous ne sachiez déjà, Monsieur le président, mais ce sont des vérités auxquelles les Français ont plus que jamais droit en cette période. Les Français-e-s doivent également savoir quelle est, dans cette zone et dans le grand Moyen-Orient, la politique de la France? Quelle est, au fond,sa vision? Ils l’ignorent aujourd’hui et votre intervention lundi soir ne les a pas éclairés.
N’y a-t-il pas enfin des leçons à tirer de ces années de «guerre au terrorisme», plutôt que de persister dans le déni de ces réalités? La première d’entre elles est que sans projet politique solide voué à faire progresser des solutions démocratiques maîtrisées par les peuples concernés, toute intervention militaire est vouée à l’échec, et nourrit à terme le contraire de ce qu’elle prétend défendre.
Quel était ce projet en Afghanistan? Lorsque vous affirmez, je vous cite : «l’intervention militaire française a donc définitivement cédé la place, le 31 décembre 2014, à l’action civile que nous avons continué de mener à bien auprès du peuple afghan», je vous demande: quelles actions et avec quels résultats? Le pays est aujourd’hui totalement dépendant d’un point de vue économique, les perspectives sont quasi nulles pour sa jeunesse. Ce qui existe encore est le fruit de leur travail et de leurs efforts quand l’armée, l’État et les institutions se sont révélés fantoches ou gangrenés par la corruption. La situation était sciemment ignorée du côté européen: ce pays qui chaque année se trouvait en tête du classement des pays les plus violents se voyait requalifier par nous de pays «sûr» dans la seule intention de renvoyer nombre de réfugiés afghans jugés «indésirables».
Et voici qu’à nouveau Monsieur le président, vous affirmez, lundi, sans rougir, que «l’Afghanistan aura aussi besoin dans les temps qui viennent de ses forces vives et (que) l’Europe ne peut pas à elle seule assumer les conséquences de la situation actuelle». Oubliez vous que cela fait bien longtemps que l’Europe, la France, n’assument pas du tout leurs actes et décisions militaires et ont fermé leurs portes aux Afghan-e-s?
Comme pour l’immense majorité des migrant-e-s, ce sont les pays et régions limitrophes qui «assument» cette responsabilité, le plus souvent dans des camps mis en place par le HCR où le provisoire peut durer des générations. A l’unisson de l’extrême droite française ou de la droite allemande, vous cédez à des peurs fantasmées en affirmant «nous devons anticiper et nous protéger contre des flux migratoires irréguliers importants»; oubliez vous que ces «flux» sont des êtres humains qui cherchent à sauver leur vie? Vous conviendrez, Mr le Président, que la consigne de «nous (en) protéger» saisisse d’effroi…
Je vous demande donc de ne pas fuir une nouvelle fois les responsabilités qui incombent à notre pays, à ses valeurs, et à l’Europe: la protection du peuple afghan et de ses forces démocratiques, l’accueil des réfugiés autant qu’il en est besoin, l’autorisation à nouveau du regroupement familial, l’apport d’une aide humanitaire d’urgence, sans passer par les réseaux corrompus de l’ancien régime ou des talibans, à la population qui est dans le dénuement le plus total. Je vous demande ensuite, sans délai, la mise en œuvre de tous les moyens de pression politique internationale sur le régime des talibans pour protéger les forces vives restées dans ce pays, empêcher une nouvelle régression des droits humains, éviter le pays de sombrer dans une nouvelle guerre civile. Plus que jamais le peuple afghan a besoin de paix, il a besoin de sentir et vérifier concrètement notre soutien. Il n’ a pas besoin de propos qui le présentent comme une menace.
Vous en appelez, Monsieur le Président, au sang froid. Veillez, permettez moi de vous le dire, à ne pas confondre sang froid et cynisme. Le sang froid nous ordonne de construire des solutions, celles que nous connaissons, apprises de nos manquements vis-à-vis des Syriens et des migrants de façon générale: organiser les voies légales et sécurisées de migration dans le pays de leur choix, tout en construisant en même temps les voies d’un développement propre à chaque pays, maîtrisé par lui, visant le développement mondial solidaire et respectueux de la planète dont l’humanité a aujourd’hui un commun et immense besoin.
Au delà, et de manière urgente même si nous savons que les solutions prendront du temps à produire leurs effets, c’est de la construction de sécurités internationales partagées dont il faut reparler au plus vite. Les droits humains ne seront pas l’apanage d’un club de nations riches, dominatrices, championnes des inégalités mondiales, de la course aux armements, des ventes d’armes et des interventions militaires extérieures. Développement, démocratie, désarmement,
ces trois exigences doivent être menées de front dans un combat multilatéral où chaque peuple est invité à la table des grands. Aurez-vous le courage, Monsieur le Président, d’ouvrir enfin ce débat politique essentiel pour l’avenir de l’humanité, plutôt que de continuer à enfermer nos concitoyens dans un récit aussi dangereux qu’anachronique ?

Pierre Laurent
Sénateur
Vice-président de la Commission des affaires étrangères et des forces armées