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meeting du PGE – PCE – IU Madrid - 14 octobre 2011

Puerta del Sol 15 octobre 2011 (photo tv5)

Buenas tardes a todas y todos !
 
Avant d'avoir le plaisir de conclure ce rendez-vous, je voudrais remercier le Parti communiste d'Espagne, Izquierda Unida et la Gauche unie et alternative de Catalogne pour la préparation de ce meeting et pour le rôle essentiel qu'ils jouent au quotidien au sein du Parti de la Gauche Européenne.
 
Je veux remercier tout particulièrement Maite Mola, qui préside le PGE avec moi et les trois autres vice-présidents – puisque nous avons choisi une présidence collégiale – dont le travail et la bonne humeur sont reconnus par tous. Sachez qu'à travers elle, la voix des communistes espagnols rayonne dans toutes l'Europe!
 
C'est très important pour le PGE d'être à vos côtés ce soir, à la veille de cette mobilisation du 15-O qui, nous l'espérons, sera à nouveau un succès pour le mouvement des Indignés en Espagne, partout en Europe et dans le monde puisqu'il a pris une dimension mondiale.
 
Dans la suite des grands mouvements d'émancipation qui ont fait tomber des dictatures – soi-disant inébranlables – sur les rives sud de la Méditerranée, un nouvel espoir s'est levé avec ces centaines de milliers de jeunes – et de moins jeunes – qui eux aussi ont occupé au printemps dernier les places publiques en Europe.
 
Le premier message que je veux adresser à vous tous, artisans de cet espoir et à tous les Indignés d'Espagne, est le suivant : Vous avez raison !
 
Vous avez raison de désigner les marchés financiers et les banques comme les responsables de la crise. Vous avez raison de dire que c'est à eux de payer, et pas aux peuples !
 
Et vous avez raison de faire pression sur les dirigeants politiques – comme Zapatero ici en Espagne – qui se soumettent, qui vous sacrifient sur l'autel de la finance comme s'il n'y avait pas d'autre solution.
 
Vous ne vous retrouvez pas dans ce consensus libéral que chantent en chœur les dirigeants sociaux-démocrates et de droite ? Vous avez raison !
 
Vous critiquez le bipartisme et ne vous sentez pas représentés dans les institutions espagnoles ? Vous avez raison !
 
Voici venu le temps de l'irruption des peuples sur la scène politique et le PGE, les communistes et progressistes d'Europe souhaitent la bienvenue à tous ceux qui ont décidé de se mêler de politique.
 
***
 
L'heure est plus que jamais à la convergence des forces et des luttes. C'est l'heure de vérité pour l'Europe et pour ceux qui y vivent.
 
Soit nous laissons notre Europe et nos pays sombrer dans l'austérité la plus barbare et dans l'autoritarisme – avec pour tous, tôt ou tard, les mêmes conséquences qu'en Grèce – soit nous nous unissons contre cette dictature des marchés financiers ; comme l'ont fait les Tunisiens et les Égyptiens contre les Ben Ali et autres Moubarak.
 
Nos tyrans à nous, ce sont les Barroso, Trichet, Draghi, Juncker, les Sarkozy, Merkel, Papandréou et Zapatero qui depuis 3 ans se sont affairés à une seule mission : sauver les banques et faire payer l'addition aux travailleurs, précaires, aux femmes, aux migrants et aux jeunes.
 
L'Europe régresse comme jamais elle ne l'a fait depuis les grandes guerres mondiales. En détruisant les droits des travailleurs, en les mettant en concurrence, en les précarisant, ils sont en train de tuer l'idée de la solidarité.
 
On voit la précarité exploser, devenir la norme, priver les jeunes d'avenir.
On revoit ressurgir les discours égoïstes du chacun pour soi, les « je ne paierai pas pour les autres, et surtout pas pour les pauvres ».
On voit les chemises brunes parader en Hongrie.
On voit l'extrême droite tirer à bout portant sur des démocrates en Norvège.
On voit les Roms embarqués dans des trains spéciaux pour être déplacés, parqués ou mis au travail forcé.
 
Si nous voulons stopper ces reculs de civilisation, il faut sortir de l'impasse libérale, se libérer de l'emprise des marchés financiers car leur appétit grandira tant que nous ne les désarmerons pas.
 
***
 
La preuve : alors que les États et donc les peuples européens les ont déjà renflouées à hauteur de 4 600 milliards d'euros en fonds d'aides et de garanties, les banques réclament aujourd'hui un renforcement du fonds de stabilité pour de nouvelles recapitalisations. Toujours sans contrepartie bien sûr!
 
José Manuel Barroso, dans son discours sur l'état de l'Union devant le parlement européen, il y a deux semaines, nous a indiqué ses solutions à la crise...
Comme un chauffard qui appuie sur l'accélérateur lorsqu'il voit le mur arriver face à lui, le voilà qui nous explique que l'UE n'a pas “relevé le défi de la compétitivité” et que les solutions se trouveraient à nouveau dans l'écrasement des salaires, la généralisation de la précarité et la remise en cause des droits des salariés et des retraités. Il faudrait donc amplifier les mesures déjà prises avec le Pacte euro+.
 
Et pour les jeunes frappés par le chômage que propose Barroso? “Des stages et des possibilités d'apprentissage”! Quel scandale!
 
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Enfin, toujours selon Barroso, puisqu'il y a des déséquilibres entre les Etats, l'UE devrait contrôler a priori les choix budgétaires et macro-économiques des Etats membres. Ça, c'est le “six pack”, voté au Parlement européen, il y a deux semaines.
Ça, c'est ce que demandent les patrons et la finance pour être sûrs que les “risques politiques” ne viennent pas entraver leur course au profit.
 
Dans son genre, Zapaterro n'y a pas été de main morte ces derniers mois : les cures d'austérité « préventives », la réforme de la constitution et maintenant le bouclier anti-missile de l'OTAN sur la base de Rota, sans même consulter la représentation nationale, et ce, quelques semaines avant les élections !
 
Ces décisions sont illégitimes et dangereuses. Honte à lui de faire ainsi allégeance à l'OTAN, pour la deuxième fois de l'année, après avoir participé à l'intervention en Libye en mettant à disposition les équipements militaires espagnols pour la coalition de Monsieur Sarkozy.
 
Voici ce qu'ils nous concoctent pour l'avenir : la guerre économique, la guerre monétaire, et peut-être, malheureusement, à nouveau, la guerre tout court.
 
Vous le voyez, l'offensive capitaliste est violente et organisée. Nous n'avons pas le choix, il faut aller à la confrontation avec les marchés et leurs soutiens politiques pour défendre la paix, la démocratie et les droits sociaux des Européens!
 
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Il n'y a pas de miracle. Ce sont les luttes et les peuples qui, en s'unissant, peuvent changer la donne !
 
C'est à nous de donner enfin un sens à la devise de l'Union européenne « Unis dans la diversité » ! Elle ne veut rien dire s'il ne s'agit pas de l'union des peuples !
 
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Oui, en Europe, nous sommes tous différents.
 
Comme président du PGE, je mesure bien la multiplicité des cultures politiques, syndicales, des types de mouvements sociaux et de toutes les forces de l'espace critique européen.
 
Je sais comme l'équilibre d'un consensus est fragile.
 
Mais je sais aussi combien la diversité peut être une force, une richesse, et combien nous en avons besoin pour construire l'Europe de demain, sociale, solidaire, écologique, démocratique, respectueuse des souverainetés populaires.
 
Ce que je constate, c'est que les convergences sont là, et qu'elles sont de plus en plus soutenues par les populations.
 
Des résistances s'affirment et grandissent dans quasiment tous les pays européens, sous des formes diverses. Mais toutes disent la même chose : Nous n'en pouvons plus de payer la crise ! Assez de l'austérité ! L'humain d'abord, pas la finance !
 
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Pour le PGE, participer et aider de toutes nos forces ces mouvements de résistance populaire – dans nos pays et au niveau européen – est la première de nos priorités.
 
La seconde est de contribuer à construire avec eux et toutes les forces disponibles, des propositions pour une sortie de crise.
Beaucoup a déjà été fait et des convergences solides existent maintenant sur bien des axes de travail : audits citoyens et annulation de la part illégitime des dettes souveraines, maîtrise publique des banques, justice fiscale, réorientation des missions de la BCE, retrait du Pacte euro+ et la révision des traités sur de nouvelles bases, droits et salaires européens harmonisés par le haut, nous voulons la relance de l'emploi industriel avec de nouveaux modes de production...
 
Comme vous l'a expliqué Jean-François, le PGE a décidé d'utiliser la procédure d'initiative citoyenne européenne pour promouvoir la création d'un fonds de développement social, solidaire et écologique.
 
Cette initiative illustre ce que nous voulons changer en politique : nous voulons l'intervention populaire et le débat de fond.
Nous voulons révolutionner le système politique, inventer de nouvelles pratiques, changer les systèmes électoraux, aller vers la démocratie la plus directe possible, en finir avec les cumuls de mandats et la corruption partout en Europe.
 
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Pour finir, je veux parler des échéances électorales dans nos pays.
 
En France, avec le Front de gauche, deux de nos slogans de campagne sont « Place au peuple » et « Prenez le pouvoir ».
Nous n'avons pas peur de la démocratie, nous la recherchons, nous la désirons comme tous ceux qui occupent les places, travaillent des propositions dans les barrios, militent aussi bien sur le web que dans les entreprises ou à l'université.
 
Et nous disons BASTA le modèle où le peuple est dépossédé de ses pouvoirs !
 
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Mes amis, mes camarades, indignés, révoltés, les échéances électorales approchent à grands pas.
 
En France, nous voulons chasser Sarkozy.
 
Vous avez, ici, avec le bulletin Izquierda unida et avec les coalitions de la gauche unie dans différentes autonomies, un moyen de résister à ce modèle qui exploite, pompe l'énergie des humains et de la planète pour n'en satisfaire que quelques-uns.
Il faut que la gauche de transformation gagne des positions dans les pays membres pour qu'ensemble, nous soyons plus forts en Europe.
 
Unissons-nous dans la rue, mais unissons-nous aussi dans les urnes !
 
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Tous celles et ceux qui aujourd'hui se lèvent, s'unissent contre la domination des marchés financiers sont du mouvement qui inventera une nouvelle solidarité européenne et qui fera échouer le repli nationaliste et xénophobe.
 
L’internationalisme est plus que jamais notre drapeau.
 
Amis, disons ensemble BASTA l'austérité, BASTA les marchés financiers !
Européens de tous les pays, unissons-nous!