Alinéa : la comédie inhumaine

Il y a 1 mois, le 15 septembre 2020

Par Pierre Laurent

Dans le meilleur des mondes capitalistes possible, on perd rarement le nord, et si c’est le cas, la crise du Covid et les effets d’aubaine consécutifs aux mesures gouvernementales pour « relancer l’économie » permettent de vite le retrouver !

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C’est ainsi que le le distributeur de meubles Alinéa, 26 magasins et 1 974 salariés, a pris le chemin du Tribunal de Commerce de Marseille, le 13 mai, au lendemain du déconfinement. L’enseigne se dit alors victime de la crise sanitaire, des grèves liées à la reforme des retraites et des manifestations des gilets jaunes. Rien de moins ! Pour l’un des plus importants dépôt de bilan de l’Histoire !

Le 31 août, la réponse dudit Tribunal de Commerce sur la seule offre de reprise d’Alinéa est tombée : elle a accepté l’offre des repreneurs. Mais qui sont donc ces mécènes au grand cœur ? Tout simplement les actuels propriétaires d’Alinéa : Alexis Mulliez et ses cousins, cousines, oncles et tantes, issus de la famille nordiste qui a créé et possède Auchan, la 6e plus riche de France (26 milliards d’euros de patrimoine). Ces gens là sont magnanimes : leur offre prévoit la reprise de neuf magasins, la fermeture « seulement »de dix-sept autres et le licenciement de 1 000 salarié-e-s.

Et c’est ainsi que le magasin Alinéa de Saint Parres auxTertres, dans l’Aube, a fermé ses portes samedi comme 16 autres en France : et voilà pourquoi 900 salarié·e·s se retrouvent sans travail.

Des esprits chagrins, dont je suis, se demanderont peut être comment les propriétaires d’une entreprise peuvent la racheter après l’avoir déclarée en cessation de paiement.

Jusqu’à présent, cette possibilité, rare, devait être approuvée par le Procureur (et donc le ministère de la Justice) qui siège au Tribunal de Commerce. Mais un Décret, paru le 20 mai et passé relativement inaperçu, permet au propriétaire d’une entreprise de la reprendre après un dépôt de bilan. Sans aucune autorisation préalable !

Il suffisait d’y penser ! Les experts juridiques le reconnaissent eux mêmes : « Ça risque de donner des idées à quelques entrepreneurs pas forcément animés des meilleures intentions». Le risque est que les actionnaires d’une entreprise soient tentés, en cas de difficultés déjà anciennes, de déposer le bilan. Puis, de profiter de ce nouveau Décret pour racheter leur boîte. Entre-temps, ils auront effacé leurs dettes auprès des fournisseurs ou de l’État et des organismes sociaux.

Et c’est précisément ce qui s’est passé pour Alinéa !!

La Direction de l’entreprise a en effet décidé en 2017 de transférer la propriété des murs de neuf de ses 26 magasins à une nouvelle entité dénommée Aline Immo. Au total, il y en a, selon la société, pour 150 millions d’euros. La transaction a eu un double effet négatif pour l’entreprise : Alinéa s’appauvrit du montant de la valeur des murs de ses magasins et est désormais contrainte de payer des loyers à hauteur de 13 millions d’euros par an.

Les experts financiers ne furent pas tendres avec ce « transfert ».
« Si Alinéa avait conservé l’immobilier, écrivent-ils, l’entreprise aurait pu bénéficier de garanties liées à ce patrimoine pour avoir recours à des financements externes ou bien céder une partie de ses biens.» En clair, Alinéa s’est privé d’une belle ressource en cas de coup dur.

Les gilets jaunes, la réforme des retraites et la COVID ont décidément bon dos !!

Les difficultés de l’entreprise, qui enchaîne les pertes depuis 2018, remontent réellement au début de cette année là.

Quant au coût du plan de licenciements des 1 000 salariés, il s’élève à 21,9 millions d’euros. Cette somme pourrait être payée par l’Association pour la Gestion du régime de garantie des créances des salariés (AGS). Cet organisme collectif intervient dès lors qu’une entreprise est en cessation de paiement et ne peut honorer ses obligations à l’égard des salariés. En déposant le bilan et en rachetant ensuite une partie de l’entreprise, les dirigeants d’Alinéa feraient financer les départs par la collectivité.

Et la boucle est bouclée ! La famille Muliez mène décidément une existence semblable à celle des écureuils occupés à tourner leur cage, mais ils savent eux comment avancer !

Ce sont bien des logiques de rupture dont nous avons besoin. C’est le sens de la campagne sur l’emploi qu’a engagé le PCF avec le point fort des 9 et 10 octobre et, avant cela, la mobilisation de ce jeudi à l’appel des syndicats.

Les immenses possibles de la pensée humaine

Il y a 1 jour, le 22 octobre 2020

Par Pierre Laurent

Lors de l’hommage national à Samuel Paty, la première intervention prononcée a été, à la demande de la famille et des amis, la lecture de la « Lettre aux instituteurs et institutrices » publiée par Jean Jaurès dans la Dépêche de Toulouse le 15 janvier 1888.

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Cette lettre dit avec force ce que nous sommes en droit d’attendre de la République : faire grandir en chacune et chacun des citoyens de la République les immenses possibles de la pensée humaine, à l’opposé des prisons mortifères dans lesquelles on veut l’enfermer.

Lisez et faites lire cette lettre. Ce sera le plus bel hommage rendu à Samuel Paty et à toutes celles et ceux qui, enseignants ou non, font de l’apprentissage de l’émancipation humaine leur métier, leur passion, leur conviction.

 

Jean Jaurès – Lettre aux instituteurs et institutrices

 

 

Classement en monument historique de la basilique du Sacré-Coeur – Une concession faite aux forces les plus rétrogrades du pays

Il y a 1 semaine, le 16 octobre 2020

Par Pierre Laurent

  J’ai attiré l’attention de Mme Bachelot, ministre de la culture sur le classement en monument historique de la basilique du Sacré Cœur à Paris en 2021. Une résolution adoptée par l’Assemblée nationale en 2016 avait pour objet de rendre justice aux victimes de la répression de la Commune de Paris de 1871. Elle souhaitait […]

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J’ai attiré l’attention de Mme Bachelot, ministre de la culture sur le classement en monument historique de la basilique du Sacré Cœur à Paris en 2021.

Une résolution adoptée par l’Assemblée nationale en 2016 avait pour objet de rendre justice aux victimes de la répression de la Commune de Paris de 1871. Elle souhaitait notamment que la République rende honneur et dignité à ces femmes et ces hommes qui ont combattu pour la liberté au prix d’exécutions sommaires et de condamnations iniques ainsi que soient réhabilitées les victimes de la répression de la Commune de Paris.

Le classement comme monument historique du Sacré Cœur, symbole s’il en est de cette répression et du retour au pouvoir des forces les plus réactionnaires, ne peut qu’être perçu comme contradictoire avec cette logique.

Il apparaît aux yeux de beaucoup comme une concession faite aux forces les plus rétrogrades du pays.

C’est pourquoi, je lui ai demandé ce qu’elle compte faire en vue d’une annulation de cette mesure.
Je lui ai demandé également d’agir pour qu’une station du métro parisien soit nommée « Commune de Paris-1871 ».

Situation des parcs naturels dans le monde

Il y a 3 semaines, le 6 octobre 2020

Par Pierre Laurent

La convention sur la diversité biologique (CDB), traité international adopté par une centaine d’États lors du sommet de la Terre à Rio de Janeiro en 1992, stipulait notamment que les écosystèmes devraient être envisagés comme étant dynamiques plutôt que statiques.

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Selon cette convention la nature serait perçue comme étant façonnée par l’homme plutôt que dégradée par lui. Plutôt que d’en être exclues, les populations devraient être associées à la nature selon ce texte. En 2003 la convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel ratifié par trente États a, quant à elle, permis par exemple le classement de paysages où l’intervention humaine est importante. Il est à noter que cette philosophie est déjà appliquée en ce qui concerne les parcs naturels par exemple depuis presque cinquante ans dans les pays européens et en Amérique du Nord notamment. Elle a depuis longtemps permis une décriminalisation puis une intégration des populations qui vivent dans les parcs naturels. Ce n’est pas le cas globalement dans les pays issus de ce qu’il est convenu d’appeler le Sud. En contradiction avec les textes précédemment cités dans nombre pays africains, par exemple, l’approche internationale est encore marquée par une vision néo-malthusienne issue notamment de la colonisation et par la négation des dynamiques économiques globales qui sont à l’origine de la crise écologique. Cet état de fait a abouti à des millions d’expulsions et engendre encore aujourd’hui des contextes qui produisent des milliers de départs d’êtres humains, surtout éleveurs et cultivateurs, privés de leurs moyens de subsistance. Selon de nombreuses études ces départs n’ont de volontaires que le nom et ces personnes s’exposent bien souvent à des violences encore plus graves. Dans l’état actuel des choses, les études montrent que dans l’immense majorité des cas, cet état de fait a également pour conséquence l’appauvrissement de ces personnes. Cette situation est d’autant plus dommageable que leurs savoir-faire seraient précieux dans une approche qui s’inscrirait dans la conservation d’écosystèmes dynamiques façonnés par des activités humaines au faible impact écologique, plutôt que dans la prétendue sauvegarde d’un éden naturel préservé de l’Homme, un éden qui n’a jamais existé depuis l’apparition des sociétés humaines sur le continent africain comme sur les autres continents. Au lieu de participer à un renforcement des liens entre membres d’une même nation ce contexte participe à aggraver, voire créer, des tensions et des conflits. Parallèlement des multinationales causent dans ces pays des ravages écologiques à grande échelle. Il lui semble que la France devrait être à l’initiative au niveau de l’Union européenne (UE) et de l’organisation des Nations unies (ONU) pour, dans un premier temps, établir une évaluation détaillée des impacts décrits ci-dessus. Il lui demande également si la France ne devrait pas aux niveaux national, européen et international participer à des mesures visant à remédier à cette situation.

01 OCT. Reprise des travaux au Sénat

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01 OCT. Inauguration de l’exposition « Aux alentours du Congrès de Tours »

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27 SEPT. Elections sénatoriales

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