21 jan 2015

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Chers amis, Chers camarades,

Dimanche dernier, après le choc de l’attentat contre Charlie Hebdo, le peuple français a eu la réaction la plus digne, la plus positive, la plus intelligente qui soit. Il a brandit la devise de la République ? « Liberté, égalité, Fraternité » ? et il a dit qu’il n’acceptait pas la violence. Quatre millions de Français ont dit qu’ils voulaient vivre ensemble.

Je veux saluer l’immense solidarité qui s’est exprimée la semaine dernière sur les places européennes, sur les unes des journaux, dans les messages que nous avons reçus de la part de nos amis de la gauche européenne et singulièrement de Syriza.

Cette solidarité spontanée et fraternelle était à des kilomètres du cortège des chefs d’État dont Antonis Samaras, l’actuel Premier ministre grec, faisait partie. Samaras qui a osé utiliser le drame que nous vivions pour amalgamer djihadisme et immigration dans son propre pays pour discréditer Syriza.

Il a tenté de se faire passer pour le défenseur de la liberté d’expression. Mais nous n’oublions pas que c’est lui, répondant aux injonctions de la Troïka, qui avait fermé, en un jour, le 11 juin 2013, ERT, c’est à dire tout l’audiovisuel public grec.

Charlie, ce n’est pas Samaras et la droite grecque. Charlie, c’est plutot Manolis Glezos, celui qui a décroché le drapeau nazi de l’Acropole en 1941, et qui à 92 ans, a marché avec nous dimanche dernier, du côté du peuple, avec d’ailleurs Giorgos Katrougalos, député européen de Syriza, notre invité de ce soir, que je salue très fraternellement et, à travers lui, Alexis Tsipras.

Ceux qui sont fidèles à ceux qui ont défilé dimanche pour défendre la liberté, ce sont tous ceux qui s’apprêtent à dire adieu à Samaras. Ceux qui vont mettre le bulletin Syriza dans l’urne dimanche. Ceux qui ont le courage d’ouvrir la porte au changement.

Dimanche prochain le peuple grec va relever la tête. Il va nous aider nous aussi à le faire dans toute l’Europe.

Chers amis, Il ne faut jamais bouder l’espoir.
Il faut y puiser la force, le courage, la générosité, la fraternité, l’ouverture d’esprit.
Pour laisser entrer le soleil.

Je suis tellement heureux que la gauche européenne en arrive là après tant de travail. Je ne louperais le meeting de fin de campagne de jeudi à Athènes pour rien au monde. Je suis fier de tout ce que nous avons construit ensemble pour faire grandir la gauche européenne. Nous avons tant travaillé pour construire ensemble une alternative à l’Europe libérale. C’est pour cela que par exemple, nous avions fait d’Alexis notre candidat à la présidence de la Commission européenne, l’année dernière.

Enfin, une victoire d’un peuple européen est possible. Je formule le vœu qu’elle soit nette, qu’elle laisse les coudées franches à mon ami Alexis Tsipras et à sa future équipe pour faire les transformations indispensables en Grèce.

C’est possible parce que le peuple grec n’a plus peur.

Vous avez vu tous les efforts des marchés financiers, du FMI, de la Commission européenne, d’Angela Merkel et de Wolfgang Schäuble pour fiche la trouille aux citoyens grecs ?

Ils ont perdu cette bataille. Perdu.
Ça ne marche plus.
Ça ne marche plus parce que le peuple grec a trop souffert. Et parce que le programme de Syriza, comme nous le disons depuis des années, est le seul qui soit sérieux, réaliste et qui puisse sortir la Grèce de la crise. Nous avons un immense travail de vérité à faire ici. Ce programme fait face aux urgences sociales et au chômage de masse, répond aux exigences de redressement économique et d’assainissement démocratique face au système clientéliste existant.

Ce programme est bon pour la Grèce, bon pour l’Europe. L’austérité étouffe l’Europe. La BCE a gavé les marchés. Pour quels résultats ? Il faut entreprendre la refondation sociale, écologique et démocratique de l’Europe entière et la Grèce peut ouvrir le chemin.

Les Grecs y trouvent une réponse à leurs besoins élémentaires : manger, se chauffer l’hiver, avoir un travail et des droits sociaux, accéder aux soins. Ils y voient les solutions pour un nouveau développement économique de leur pays, pour l’emploi, les services publics.

 

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En votant Syriza, comme l’a dit Susan George, les Grecs approuveront la proposition honnête de renégociation de la dette et d’annulation de sa part illégitime. Et cette proposition peut l’emporte car tout le monde est obligé de reconnaître que la dette en l’état – et qui a été aggravée par l’austérité – ne peut être payée.

C’est le mandat qu’ils vont donner à Syriza et il faudra que l’Europe l’accepte.
Le peuple grec est souverain, libre de choisir son avenir !

Dans cette salle, nous sommes tous démocrates.
Mais nous savons que les forces libérales et les marchés n’accepteront pas le vote des Grecs et chercheront à faire pression.
Alors si la victoire arrive, dès le 26 janvier, nous devrons y mettre nos forces pour aider Syriza à réussir, pour lui permettre d’appliquer, sans ingérence, son programme.
Notre solidarité ne doit pas être celle d’un soir. Elle doit être durable, large, populaire et citoyenne. C’est notre responsabilité de citoyens de gauche, notre responsabilité de Français, notre responsabilité d’Européens.
C’est notre devoir car la Grèce offrirait une nouvelle chance à l’Europe, celle que Hollande a gâchée en 2012 en revenant sur sa promesse de renégociation du pacte budgétaire.

Que dit notre gouvernement ? « Le peuple grec est bien sûr libre de choisir ses gouvernants, mais qu’il a des engagements et ne peut pas y déroger ». Ce n’est pas la démocratie ! Si le peuple grec choisit Syriza, la démocratie c’est de lui permettre d’appliquer son programme et de négocier à partir du programme de Syriza et non de celui des banques et de la Troïka.

Cette victoire peut montrer ce que peut être une politique de sortie de crise, une politique de gauche. Il n’y a pas de fatalité.
Elle peut montrer que l’austérité n’est pas la seule voie, et sûrement pas la bonne, surtout dans la période où, nous aussi, chez nous, il faut sortir de l’austérité pour que la République redéploie ses services publics, son école, sa culture, ses outils de solidarité pour réaffirmer ses valeurs. Prouvons-leur que relever le SMIC et reconstruire le code du travail sont des mesures de bénéfiques à l’économie, contrairement à la loi Macron qu’ils veulent nous faire adopter.

Défendre le peuple grec et Syriza, c’est aussi poser les bases d’un changement en France et en Europe.

C’est aussi pour cette raison que je suis très heureux de nous voir ici, aussi nombreux, aussi divers, divers dans nos responsabilités, divers dans nos champs d’action, divers mais unis pour dire oui au respect du peuple grec, oui à une porte ouverte vers la refondation sociale, démocratique et écologique de l’Europe.

Je ne sais pas si le panel réuni ici préfigure quelque chose dans la gauche française…
Mais ce que je veux dire, c’est que cela fait 10 ans – depuis le non au TCE – qu’en France, nous savons que notre peuple, majoritairement, veut une autre Europe. Syriza peut faire la démonstration que cette refondation est possible – en Europe et non en étant expulsé comme le voudrait en Angela Merkel. Cette voie démocratique est possible en unissant les forces des peuples européens.

C’est à cette alternative que nous allons travailler les 30 et 31 mai prochains. Je vous donne rendez-vous ici, à Paris, pour une grande rencontre citoyenne, un Forum européen des alternatives.

Après la victoire de Syriza, en unissant toutes nos luttes, en Espagne, au Portugal, et ailleurs, nous saurons affirmer notre solidarité avec la Grèce mais aussi, et surtout, construire le mouvement irrésistible du retour des peuples européens sur le devant de la scène !

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