20 Mar 2017

21 mars 2017 – Construire la France en commun, La France de l’égalité, contre le racisme et les discriminations

Le 21 mars est devenu depuis 1960, en mémoire d’une répression policière sanglante du régime d’apartheid à Sharpeville en Afrique du Sud, la journée internationale de lutte contre la discrimination raciale. Aujourd’hui en France, comme en Europe et dans le monde, cette journée est d’une brûlante actualité.

Face aux discriminations et aux violences racistes, qui se développent en idées comme en actes, face aux discours qui les banalisent, j’appelle, au nom du PCF, à faire du 21 mars une journée de mobilisation populaire et citoyenne portant notre volonté d’une République solidaire et fraternelle, débarrassée du racisme et des discriminations, et à inscrire ce combat avec une nouvelle ampleur dans la durée. La France de l’égalité, la République nouvelle que nous voulons n’a de sens qu’engagée dans cette lutte quotidienne contre tous les racismes et la xénophobie, contre l’antisémitisme, l’islamophobie et tous les actes de discriminations liés à l’origine et à la nationalité, à la couleur de la peau, à la religion, à la situation de minorités.

Le racisme est plus que jamais l’instrument de politiques d’exploitation, de domination, d’humiliation. Il divise ceux qui devraient être unis pour mieux évacuer la responsabilité des politiques libérales profondément inégalitaires et des grands groupes capitalistes dont elles servent les intérêts.

Nourri par toutes les frustrations, les souffrances, les inégalités et les déchirures que provoque notre société en crise, le racisme ordinaire rabaisse, humilie, déshumanise, menace le vivre ensemble.

Le racisme prend de multiples visages et les discriminations sont souvent cumulatives. Il montre du doigt les travailleurs étrangers pour exonérer le capital de sa responsabilité dans la montée du chômage, comme le fait Trump aux États-Unis et l’hypocrite « clause Molière » de la droite française. Il stigmatise les musulmans de France pour détourner le sens profond de la laïcité et en combattre les principes d’égalité et de respect de la loi de 1905. Il attise une nouvelle guerre des nationalismes. Il réactive l’antisémitisme pour mieux justifier des actes barbares de terrorisme. Il réécrit l’histoire de notre pays pour faire oublier que la France n’a grandi que dans le brassage, le métissage et l’ouverture aux cultures du monde. Il exalte une identité repliée et fantasmée quand l’identité émancipatrice n’est en vérité que mouvement et altérité. Il contrôle au faciès, banalise les violences racistes et les discriminations, à commencer par celles que reproduisent nos institutions. Il ferme les yeux quand Théo est violé lors d’un contrôle policier musclé. Il justifie le traitement inhumain des migrants et l’indignité de nos politiques d’accueil.

Le racisme est un poison qui mine à nouveau dangereusement nos sociétés et que nous ne pouvons accepter de banaliser ou de relativiser. En cette journée, le Parti communiste, fidèle au combat quotidien qui est le sien depuis sa naissance, réaffirme que le racisme n’a pas sa place dans notre société et que face aux discours de l’extrême droite et de la droite, des mesures concrètes, des politiques publiques d’ampleur doivent être engagées.

Plus que jamais, face à tous les fauteurs de guerre, les valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité, la laïcité et la solidarité sont les clés du monde futur.

Plus que jamais, une VIème République avec l’égalité au cœur est à bâtir.

Il y a urgence d’en finir avec toutes les discriminations en portant le combat pour le droit à l’égalité dans tous domaines de la société, sur tout le territoire de la République, en retrouvant le vrai sens de la laïcité et de la République sociale, garantes du vivre ensemble, en conjuguant du même pas lutte contre le racisme et lutte pour le progrès social.

Cela veut dire choisir des politiques publiques qui investissent dans les quartiers, dans les territoires ruraux pour leur développement, qui se tournent vers la jeunesse pour lui offrir des débouchés en matière de formation et d’emploi, des politiques publiques qui restaurent l’égalité des droits des citoyens sur tout le territoire en matière d’école, de logement, de santé, d’accès à la culture ; des politiques publiques dédiées à la relance du pouvoir d’achat, à la création d’emploi, à une nouvelle industrialisation de notre pays.

Cela veut dire concrétiser partout et pour tous l’exigence d’égalité. J’appelle, au nom du PCF, l’ensemble de la population à s’unir et à agir, au cours de cette journée et au-delà, pour :

  • La mise en œuvre effective de l’arsenal juridique en matière répressive contre toutes les discriminations, en particulier en matière d’embauche et d’accès au logement ;

  • Le renforcement de l’éducation antiraciste à l’école et développement d’actions pour la transmission de la mémoire des génocides, de l’esclavage et de la colonisation ;

  • La délivrance d’un récépissé lors des contrôles d’identité ;

  • La reconnaissance de la citoyenneté de résidence et du droit de vote de résidents étrangers ;

  • Le respect de l’égalité des droits au travail entre Français et immigrés, la stricte application du principe « à travail égal, salaire égal », et la sanction des pratiques patronales discriminatoires ;

  • La levée de l’interdiction de travailler des demandeurs d’asile et la régularisation des sans papiers ;

  • La refonte des politiques locales de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie et établissement de plans territoriaux avec les moyens dédiés pour les associations ;

  • La mise en place de délégués départementaux de l’Observatoire national de la laïcité pour la médiation, l’apaisement des tensions, le règlement des conflits dans un esprit républicain.

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF

Paris le 20 mars 2017

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